Réfugiés ukrainiens : " Je les accueille depuis maintenant 7 mois "

Par RSi mar 25/10/2022 - 13:00 , Mise à jour le 25/10/2022 à 13:00

Depuis le 24 février 2022, la Russie a déclaré la guerre en Ukraine. Un conflit qui a forcé de nombreux ukrainiens à quitter leur pays. 21 d'entre eux ont trouvé refuge dans la commune de Chaspinhac en Haute-Loire. Pour certains, la cohabitation dure depuis maintenant 7 mois. 

"Pour moi, c'était une évidence d'accueillir des ukrainiens chez moi. J'ai été éduquée comme cela. Ma porte est toujours ouverte", confie Sylviane Benoît, habitante de la commune de Chaspinhac et co-présidente de l'association Solidarité Chaspinhac.  Depuis le 13 mars 2022, cette retraitée héberge Svetlana Dudko 48 ans et sa fille Karina, elle âgée de 26 ans. Toutes deux ont croisé la route de Pascal, habitant de la commune. Ce dernier s'est rendu à la frontière entre la Pologne et l'Ukraine afin d'aller chercher des réfugiés dès le début du conflit. " Au total, trois voyages ont été effectués et 21 personnes sont arrivées dans le village courant mars", détaille Sylviane Benoit. De nombreux habitants se sont rapidement mobilisés et ont créé l'association Solidarité Chaspinhac. " Lors de la première réunion plus de 33 personnes sont venues proposer leur aide ou d'accueillir des réfugiés chez eux. C'est de cette importante mobilisation qu'est née l'association. Aujourd'hui nous sommes 14 dans le bureau et nous comptons 113 inscrits", se réjouit Sylviane Benoit.

Svetlana et Karina sont arrivées dans les premières dans le village. " Nous avions voyagé pendant près de 25 heures depuis la Pologne. Je me souviens d'une chose. Lorsque nous sommes tous sortis du bus, il y avait beaucoup de personnes de la commune. Ils ont tous applaudi en nous voyant", se remémore l'ukrainienne. Mère et fille n'ont pas cessé de travailler depuis leur arrivée en France. Toutes deux télétravaillent. " Je suis salariée d'une banque ukrainienne. Ma fille est elle indépendante. Elle créé des  maquettes de jeux vidéos pour différents pays" poursuit Svetlana. 

La mairie de Chaspinhac s'est engagée dans l'accueil des réfugiés ukrainiens.
La mairie de Chaspinhac s'est engagée dans l'accueil des réfugiés ukrainiens. Photo par Raphaëlle Simonnot

7 mois de cohabitation 

Au début du mois d'octobre, les trois femmes fêtaient leurs 7 mois de cohabitation à Chaspinhac. " Nous avons fait une demande de logement mais comme elles travaillent toutes les deux elles ne sont pas prioritaires", explique Sylviane Benoît. Les deux ukrainiennes attendent donc patiemment leur tour depuis le 17 juin. " On a eu plusieurs retards. Ce qu'il faut bien comprendre c'est que c'est une association qui est locataire de ses appartements. Les réfugiés eux sont sous-locataires ce qui évite de devoir fournir les papiers habituels lorsqu'on loue un bien immobilier", poursuit la sexagénaire.

"Elles ont besoin d'être indépendantes" S.Benoît

Le 7 septembre dernier, Svetlana et Karina signaient pour une nouvelle vie en France. " On a enfin trouvé un appartement dans la banlieue du Puy. On attend simplement la mise en service de l'électricité, de l'eau et du gaz. Pour elles c'est éprouvant. Je les accueille autant qu'elles le souhaitent mais elles ont besoin d'être indépendantes" assure Sylviane Benoit avec tendresse. 

Près de 500 ukrainiens accueillis dans le département 

Selon des chiffres communiqués par la Préfecture, 504  ressortissants vivent actuellement en Haute Loire. 52,5% résident sur l'arrondissement du Puy-en-Velay, 39,5% sur celui d'Yssingeaux et 8% sur le brivadois. " Il y a toujours des arrivées régulières. Entre 10 et 15 personnes toutes les deux, trois semaines. Nous accueillons principalement des mères avec leurs enfants ou des grands-mères avec leurs petits-enfants. Aujourd'hui 125 enfants ukrainiens sont scolarisés dans nos établissements", indique Eric Etienne, préfet du département.  

" 459 autorisations provisoires de séjour ont été délivrées en Haute-Loire" 

Pour rappel, dès le 24 mars 2022, un statut de réfugié ukrainien avait été créé par la protection temporaire en France. Cela leur permet ainsi d'obtenir une autorisation provisoire de séjour sur le territoire français d'une durée de 6 mois portant la mention "bénéficiaire de la protection temporaire", le versement d'une allocation pour demandeur d'asile, l'autorisation d'exercer une activité professionnelle, l'accès aux soins par une prise en charge médicale, l'ouverture des droits de santé, la scolarisation des enfants mineurs ou encore un soutien dans l'accès au logement. " Cette autorisation est renouvelable pour une durée de 6 mois dans la limite de trois ans.", précise la préfecture. A ce jour, plus de 459 autorisations provisoires de séjour dont 301 premières demandes et 158 renouvellements ont été délivrées. A ce stade, l'actualité est concentrée sur les premiers renouvellements. Une fois en France, les arrivants sont accueillis au SAS d'Aurec-sur-Loire pour une durée limitée. Ils sont ensuite réorientés vers des logements pérennes. Pour cela, la préfecture a missionné l'association Entraide Pierre Valdo dans l'accompagnement des réfugiés ukrainiens en Haute-Loire. 

Des aides mises en place par l'Etat 

Jusqu'alors, les familles ayant hébergées ou accueillant toujours des réfugiés n'ont touché aucune indemnité de la part de l'Etat. Le mercredi 5 octobre 2022, Olivier Klein, ministre délégué à la Ville et au Logement annonçait dans un communiqué qu'un soutien financier allait être mis en place. Les foyers ayant conventionné avec l'Etat et une association seront éligibles à un soutien d'une valeur de 150€, couvrant la période allant du 1er avril au 31 décembre 2022, si ces derniers ont accueilli des réfugiés pendant au moins 90 jours. Les demandes devront être effectuées avant le 31 avril 2023 sur un site internet mis en ligne dans les prochaines semaines. Les premières indemnisations devraient être versées d'ici la fin de l'année 2022. 

 

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