Lutte contre les violences conjugales, "une priorité" selon le préfet

lun 11/10/2021 - 06:00 , Mise à jour le 11/10/2021 à 06:00

C’est l’un des aboutissements du Grenelle des violences conjugales lancé en 2019 par le gouvernement : la création de commissions pour lutter localement. Vendredi 8 octobre, associations et institutions de Haute-Loire se sont réunies en préfecture afin d'échanger sur les difficultés rencontrées et les moyens d’y remédier.

En 2020, 102 femmes sont mortes en France sous les coups de leur conjoint ou de leur ex-conjoint. 213 000 femmes ont durant cette même année été victimes de violences conjugales. C'est le triste constat réalisé par l'observatoire "Vers l'égalité réelle entre les les hommes et les femmes". En Haute Loire, aucun décès n'est à déplorer depuis 2018, ce qui ne veut pas dire que tout est résolu. 
 

Un engagement de tous les acteurs

"Une vigilance et une mobilisation de tous les acteurs demeurent plus que jamais nécessaires", martèle Eric Etienne, préfet de Haute Loire. Entouré de Marie-Agnès Petit, présidente du Département et de la nouvelle sous-préfète de Brioude, Catherine Haller, le préfet avoue "être satisfait" des mesures mises en place dans le département : "En Haute-Loire, aucun décès n'est à déplorer depuis 2018, mais les violences perdurent". Cette vigilance constante sera maintenue sur six orientations stratégiques. 

. Renforcer la coordination des acteurs locaux en charge des dispositifs de lutte contre les violences faites aux femmes ;
. Renforcer les dispositifs de protection des victimes ;
. Améliorer et consolider la prise en charge des victimes ;
. Améliorer la prise en charge des auteurs de violences ;
. Poursuivre la formation et la sensibilisation des professionnels ;
. Poursuivre la communication auprès du grand public et notamment la sensibilisation des jeunes

"Notre ambition est d'améliorer au mieux les plaintes dans les milieux hospitaliers", Marie-Agnès Petit, présidente du Conseil départemental

Dispositifs et actions déployés

Depuis 2020, plusieurs actions ont été menées, dont le doublement des postes d'intervenantes sociales en commissariat et gendarmerie (ISCG) : "On les appelle les aiguilleurs du ciel, elles sont aujourd'hui deux à intervenir sur le département, elles ont un rôle primordial", ajoute la directrice de la DDETSPP (Direction Départementale de l'emploi, des solidarités et de la protection des populations). De plus, 17 places d'hébergement sont désormais disponibles pour les femmes victimes de violences. "Il y a eu également la création de points d'accueil éphémères dédiés aux victimes de violence dans trois centres commerciaux qui ont permis de faire de la prévention et de l'information" ajoute le Préfet.

Renforcer la proximité et mieux faire connaître le 39 19

La quarantaine de personnes présentes va s'employer maintenant à être au plus près des victimes  : "Il nous reste également à renforcer la coordination des acteurs afin de proposer le bon accompagnement aux victimes", ajoute Marie-Agnès Petit.

Actions pour 2022

- Diversification des implantations de points d'accueil éphémères pour les ouvrir sur les territoires ruraux
- Mise en place opérationnelle du Centre de prise en charge des auteurs de violences conjugales (CPCA)
- Nouvelles sessions de formation départementales à destination des professionnels concernés par la problématique afin de renforcer le réseau sentinelle
- Réalisation d'un plan de communication départemental à l'attention du grand public

Protection des victimes

"Nous avons réussi à mettre en place des outils de protection", ajoute la substitut du procureur. En effet, aujourd'hui sur le département de la Haute-Loire, il existe 8 TGD (Téléphones Grave Danger), dont 5 sont attribués : "Le TGD tranquillise les victimes et il peut être attribué sans décision de justice". De plus, le département est doté de 4 BAR (Bracelets anti rapprochement) dont 3 sont attribués : "Pour l'instant, il y a les moyens suffisants", dit la substitut.

La sous-préfète, Catherine Haller, qui se trouve à la tête de la commission, de conclure : "Nous devons avoir une approche globale et holistique, mon rôle sera de rédiger une feuille de route qui serait l'orientation du travail des prochains mois".

La commission se réunira à nouveau en janvier 2022, à chaque trimestre.

 

Rappel des dispositifs d'alerte et de secours

L'ensemble des différents dispositifs sont actifs et opérationnels pour écouter, secourir et protéger les personnes victimes de violences conjugales.

En cas d'urgence et de danger immédiat :
- appeler le 17
- Utiliser le 114 par SMS

Pour un appui, une orientation ou signaler un fait de violences :
- Appeler le 39 19 : numéro gratuit et anonyme accessible 7 jours sur 7, 24h sur 24
- Signaler votre situation sur internet via la plateforme dédiée fonctionnant tous les jours sans exception, 24h sur 24, avec un tchat non traçable : ARRETONSLESVIOLENCES.GOUV.FR

Les structures de proximité à votre écoute :
CIDFF 43 : 04 71 09 49 49
L'horizon - A.L.I.S-TRAIT D'UNION : 04 71 74 94 29
Justice et Partage : 04 71 02 51 48
Service Social du Département : 04 71 07 43 43
Le Tremplin - ASEA : 04 71 09 27 25

 

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