Une affaire de violence conjugale à Espaly

jeu 25/02/2021 - 06:12 , Mise à jour le 25/02/2021 à 06:12

Mardi 23 février, les acteurs du Tribunal judiciaire du Puy-en-Velay ont écouté l’histoire d’un homme et d’une femme, pris dans un vortex de violence sur fond de mensonges et de maîtresses multiples.

Coups, hématomes, crachats, changement de version à la barre, aventures amoureuses...L’affaire dénouée par les éléments du Tribunal judiciaire ce mardi 23 février apparaît aussi dense que compliquée. Le rappel des faits ? Le prévenu de 66 ans est cité à comparaître pour violences sur son ex conjointe. Elles se sont déroulées particulièrement entre 1er mars et le 3 septembre 2020. Elles ont entraîné une incapacité de plus de 8 jours pour la victime. Cette dernière soupçonnait son partenaire de l’époque d’avoir une maîtresse et évoque les crachats au visage, les coups et d’autres sévices du même registre.

« Cette nuit-là, elle s’est mise à crier et à me frapper à coups de poing »

« Je me présente comme sportif, livre le prévenu, restaurateur de métier à présent à la retraite. Je n’ai jamais été violent et je conteste tout ce qui est raconté. Nous faisions chambre à part depuis plusieurs années. »
Il ajoute : « Une nuit, elle a été extrêmement violente et elle est entrée dans la chambre. L’achat que j’avais fait d’un nouveau portable la dérangeait. Cette nuit-là, elle s’est mise à crier et à me frapper à coups de poing. Naturellement, je me suis protégé et me suis même retrouvé par terre. Combien de temps ça a duré, je ne me souviens pas. C’est une femme agréable mais qui est vite très violente en paroles et en gestes ».

« Je lui ai rappelé toute sa vie de mensonges »

La juge, Marie-Anne Hyvert, lui montre alors les photos de sa femme après les violences commises par le prévenu. Il conteste et s’emporte au point que la présidente se doit d’intervenir pour le calmer. « Je regrette de lui avoir craché à la figure mais elle me l’avait fait plusieurs fois, explique-t-il Je ne suis pas violent, Madame la Présidente. » Vient alors au tour de la victime de s’exprimer à la barre. « J’ai entendu un nouveau téléphone sonner dans l’armoire, commence-t-elle. J’ai découvert alors qu’il avait plusieurs maîtresses. C’est vrai, je suis revenue dans la maison en milieu de nuit et lui ai rappelé toute sa vie de mensonges. »

Contention, armes et changement de versions

L’ex conjointe décrit les brutalités qu’elle aurait subies cette nuit-là. « Il s’est jeté tout seul sur le lit, assure-t-elle. Il m’a plaquée dessus et je ne pouvais plus bouger. Il avait mis ses genoux sur mes fesses et coincé les mains dans mon dos. Je suffoquais. »

Elle continue : « Je n’ai pas voulu porter plainte au départ car c’est le père de mes enfants. J’ai préféré consulter Justice et Partage puis une psychologue. Avec son conseil, elle m’a persuadée de porter plainte. Nous avions trois armes à la maison que j’ai jetées hors de la maison. Avec mon téléphone, devant la glace de la salle de bain, j’ai pris les photos des hématomes à la suite des coups reçus. Moi, j’habite toujours dans la maison d’Espaly. Lui vit hors de l’agglomération. »
À noter que l’avocat du prévenu, Christophe Degache, mentionne au Tribunal les versions différentes que la victime partage à chacune de ses interventions.

« Ma cliente hésitait à porter plainte car elle voulait veiller sur ses filles »

Le prévenu se lève à nouveau et indique l’état psychologique instable de son ex partenaire. « Elle a vu des dizaines de docteurs car elle se plaint toujours de problèmes de santé. Même au restaurant, elle ne venait pas travailler avec moi car elle ne pouvait tenir en place. Elle se dit toujours malade et a toujours été souffreteuse. Des docteurs lui disaient que c’était psychologique mais elle se mettait en colère en disant que les médecins n’y connaissaient rien. C’est une vrai furie ! »

Alexandre Olivain, le défenseur de la victime, indique alors les attestations des trois enfants qui dévoilent des violences perpétrées depuis des années. « Ma cliente hésitait à porter plainte car elle voulait veiller sur ses filles, informe-t-il. Je demande 3 000 euros en réparation. Ma cliente a une petite retraite et elle est, de plus, invalide. »

Verdict...le 31 mars

« Tous les éléments en notre possession montrent que le prévenu a été violent, analyse le procureur Rodolph Part. Vous entrerez donc en voie de condamnation. Aucune mention ne figure à son casier judiciaire. Ses revenus sont assez conséquents et il est retraité. Je requiers 90 jours-amende à 10 euros, l’interdiction de port d’arme pendant 5 ans et l’interdiction de se présenter au domicile de la victime. »
Le jugement est mis en délibéré
et la décision du Tribunal sera prononcée le 31 mars 2021 dès 8h30.

Affaire suivie par G.R.

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