Rue Pannessac : un chantier à 2,32 M€ dont près de la moitié à la charge de la Ville

Par Nadia MEYER , Mise à jour le 12/02/2026 à 17:00

Temps de lecture : 4 minutes

Un an après le lancement des travaux aux 32, 34 et 36 rue Pannessac et au 3 rue Chamarlenc, élus et représentants de l’État ont fait le point sur cette opération lourde de requalification du centre ancien. Les immeubles, partiellement déconstruits puis restructurés, doivent accueillir d’ici fin 2026 quatre à sept logements.

Le PNRQAD

Le Programme National de Requalification des Quartiers Anciens Dégradés (PNRQAD) cible des centres anciens confrontés à :

  • un habitat très dégradé ou indigne
  • une forte vacance de logements
  • une concentration de difficultés sociales
  • la nécessité d’une intervention publique lourde (acquisitions foncières, restructurations, portage immobilier).

Lancé en 2009 par la loi Boutin sur le logement, il concerne 25 projets dans 25 villes françaises, dont Le Puy-en-Velay.

Des immeubles vides, insalubres, parfois au bord de l’effondrement : le centre ancien du Puy n’échappe pas aux difficultés rencontrées par de nombreuses villes. Successions bloquées, propriétaires impuissants ou défaillants, rez-de-chaussée commerciaux exploités mais étages laissés à l’abandon... Lorsque les démarches amiables échouent, la collectivité peut engager des procédures longues, jusqu’à l’expropriation.

C’est le cas pour les 32, 34 et 36 rue Pannessac et le 3 rue Chamarlenc. Lancée en février 2025 dans le cadre du PNRQAD et du programme Action Cœur de Ville, l’opération vise à restructurer en profondeur quatre bâtiments très dégradés.

« Ils allaient tomber, un peu comme rues Saint-Jacques ou Portail d’Avignon. Entre le début d’une procédure et le démarrage des travaux, il faut parfois huit à dix ans », rappelle le maire Michel Chapuis.

Une restructuration lourde

Les immeubles des 34 et 36 ont été entièrement déconstruits jusqu’au rez-de-chaussée.

Les 32, 34 et 36 rue Pannessac (de droite à gauche) avant travaux Photo par Capture d'écran de Google Street View
Travaux en cours aux 34 et 36 rue Pannessac Photo par Nadia Meyer

Le 3 rue Chamarlenc a été repris jusqu’au premier niveau, le 32 partiellement, avec conservation de la façade, du forget et de certains éléments intérieurs.

« On était sur de la très faible valeur patrimoniale, dans un état de délabrement avancé. Ça s’effondrait de l’intérieur sans que cela ne se voie depuis la rue », précise Nicolas Terrasse, OKO Architectes.

Le projet prévoit quatre niveaux en plateaux, permettant la création de 4 à 7 appartements de 70 à 145 m². Les trois premiers niveaux pourront chacun accueillir soit deux logements de 70 et 75 m², soit un seul grand appartement de 145 m² avec terrasse. Le dernier étage proposera un seul appartement de 105 m² avec terrasse. Ascenseur et chauffage collectif par pompe à chaleur sont prévus.

Le gros œuvre devrait s’achever d’ici mai 2026, le second œuvre au second semestre. Les logements seront livrés bruts.

Un chantier complexe en site contraint

Dans cette rue étroite, hors de question de bloquer durablement la circulation. Une grue a été montée dans la future cage d’ascenseur, côté cour intérieure, les éléments ayant été acheminés par-dessus les toits.

Photo par Nadia Meyer
Photo par Nadia Meyer

Dix entreprises locales interviennent sur le chantier. Les façades seront harmonisées en ocre beige (34-36) et ocre jaune (32) afin de respecter le rythme coloré de la rue.

Un budget en hausse

Le coût global du projet est désormais estimé à 2 320 000 € HT, contre 2 110 000 € annoncés initialement.

Les financements se répartissent ainsi :

  • ANRU : 223 617 €
  • État (fonds friches) : 262 670 €
  • Communauté d’agglomération (PLH) : 50 788 € (53 454 € annoncés initialement)

Soit une hausse globale de 212 666 € pour la commune par rapport aux estimations de départ.

Les appartements seront commercialisés entre 1 200 et 1 400 € le m². Un tarif très inférieur au marché local (environ 3 500 € le m²), justifié par les travaux intérieurs restant à la charge des acquéreurs et par la volonté d’attirer de nouveaux habitants en centre-ville.

Au final, aides déduites et recettes de vente intégrées, le reste à charge pour la Ville devrait s’établir entre 1,03 et 1,13 million d’euros HT, soit près de la moitié du coût total de l’opération.

« Avec le maire, nous avons mobilisé tous les financements possibles », souligne le préfet Yvan Cordier, rappelant que Le Puy bénéficie du programme national depuis 2009.

Une stratégie de long terme

L’opération est portée par la SPL du Velay, société détenue par des collectivités locales, qui pilote acquisitions, procédures d’expropriation au titre d’une déclaration d’utilité publique, lancement et suivi des travaux et commercialisation. Elle gère toutes les opérations de renouvellement urbain de la ville du Puy sur le centre-ville.

« On va là où c’est le plus dégradé et où les propriétaires privés n’iront pas. Mais s’il y a un porteur privé, nous sommes là pour l’accompagner », explique Mme Soulier.

La SPL anime également l’opération d’amélioration de l’habitat en centre-ville et assure un repérage continu des immeubles dégradés.

« Le plus massif a été traité. Aujourd'hui, nous sommes sur du diffus. Ici, on a maîtrisé un immeuble, puis deux, puis trois… C’est long », conclut-elle.

Elus et représentants de l'État entourés des maîtres d'oeuvre Photo par Nadia Meyer

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