Lentille Verte du Puy : une belle récolte en 2019, mais...

mer 06/11/2019 - 18:03 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:59

En 2018, un épisode neigeux avait cueilli les Altiligériens au coeur du printemps, souvenez-vous, c'était le dimanche 13 mai. 30 à 50% des cultures agricoles de la Haute-Loire avaient été durement touchées par ce caprice météorologique ; les champs de lentilles n'avaient pas été épargnés. Le rendement moyen en 2018 était alors de 5,5 quintaux par hectare, bien inférieur à celui de 2017 qui se situait entre 7 et 8 quintaux par hectare en moyenne et ce là-encore après un étonnant phénomène météorologique. De violentes intempéries avaient touché le sud de la Haute-Loire le mardi 13 juin 2017 et noyé près de 1000 hectares de cultures.
"La majorité de la production annuelle, entre 80 et 90%, est destinée au marché français"
La renommée nationale de la Lentille Verte du Puy est assurée et gagne petit à petit du terrain sur le marché international. En 2017, la rédaction de Zoomdici publiait un article intitulé : "Les Anglais se ruent sur les lentilles AOP". "La majorité de la production annuelle, entre 80 et 90%, est destinée au marché français, le reste est exporté, que ce soit aux Etats-Unis, en Chine, au Japon, en Inde ou encore (et entre autres, Ndlr) en Australie, explique Grégory Sauvant, directeur de l'Organisme de gestion et de défense (ODG) de la Lentille Verte du Puy. Souvent, ce sont les chefs français installés à l'étranger, qui font connaître le produit en dehors de nos frontières. La Lentille Verte du Puy est devenue une référence en matière de lentilles au niveau mondial."
Entre 2 400 et 2 500 tonnes de lentilles vertes du Puy collectées cette année
La récolte 2019 de la Lentille Verte du Puy AOP est donc terminée et ce sont plus de 3 400 hectares qui ont été ensemencés cette année. Entre 2 400 et 2 500 tonnes de lentilles vertes du Puy ont été collectées. Un volume satisfaisant mais qui ne permettra pas de fournir tous les clients. "Pour répondre à la demande, il faudrait atteindre une production de 3 000 à 4 000 tonnes de lentilles vertes par an", précise Grégory Sauvant. Suivi de son président, Philippe Boyer, qui interpelle les producteurs, rappelant "l’importance de continuer à ensemencer des lentilles".
"Une piqûre de rappel" nécessaire
"Une piqûre de rappel" nécessaire pour répondre à une demande grandissante, mais également "pour maintenir une culture traditionnelle et la pérenniser pour les générations futures." La production de la perle vellave a cette particularité d'être "complémentaire à une exploitation laitière. Donc dans les années difficiles marquées par des épisodes de sécheresse, les producteurs ont tendance à s'écarter de la lentille, préférant anticiper sur des stocks de fourrage."

Cette complémentarité s'accompagne d'une rentabilité certaine. Boostée par le label AOP, la Lentille Verte du Puy a vu son prix doubler en 25 ans. "Aujourd’hui, nous pouvons dire qu’un rendement lentille à 5 quintaux par hectare est équivalant à un blé à 65q/ha, soit une marge dégagée de 500€. Et il fallait 10 q/ha de lentilles dans les années 90 pour dégager cette même marge", assure Grégory Sauvant.
"Se mobiliser pour 2020"
La filière demande à tous les agriculteurs de la zone AOP, soit 87 communes altiligériennes, de se mobiliser pour 2020. A l'ODG Lentille Verte du Puy de conclure : "Semer des lentilles : c’est faire preuve de patriotisme local, c’est créer une économie locale non délocalisable, c’est faire rayonner notre agriculture altiligérienne partout dans le monde, c’est avoir une lentille de qualité sanitaire supérieure à celle de l’import, c’est un résultat économique intéressant à l’échelle d’une exploitation, c’est une belle opportunité."
Stéphanie Marin

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