Lavoûte-sur-Loire : « Les Maisons de santé sont l’avenir » 

Par Nicolas Defay jeu 31/03/2022 - 06:00 , Mise à jour le 31/03/2022 à 06:00

Depuis début octobre, le docteur Christine Butez a troqué son vieux local exigu et sombre à Lavoute contre un espace lumineux qui sent encore le neuf. La Maison médicale de la commune commence à battre son plein avec bientôt l’arrivée de toute une équipe d’infirmiers.

La structure a coûté pas moins de 283 934 euros (HT), un financement composé de 72 % de subventions issues de la Région (113 737 euros, soit 40 % du total), de la DSIL (Dotation de Soutien à l'Investissement Local) de l'Etat avec 52 510 euros (18,5 %) et du Conseil départemental (44 379 euros, soit 15,6 %). Le reste à charge pour la commune est de 73 308 euros, soit 26 %. Le résultat ? Un établissement spacieux de 130 m² avec deux cabinets médicaux, un cabinet d’infirmiers, une salle d’attente, un local technique. Il y a même une pièce agencée en studio pour les stagiaires ou des remplaçants éventuels.

Les partenaires et les professionnels de santé réunis devant la structure médicale
Les partenaires et les professionnels de santé réunis devant la structure. Photo par Nicolas Defay

« Le cabinet où j’étais avant (...), ce n’était plus possible »

Christine Butez, médecin généraliste installée depuis 2005 dans la commune, a investi les lieux en octobre 2021. « Le cabinet où j’étais avant n’était plus du tout adapté, explique-t-elle. C’était un ancien local commercial, sombre, sans sanitaire digne de ce nom, sans eau chaude et très peu pratique pour l’accueil et des patients et des internes. Ce n’était plus possible ». Cinq infirmiers sont en passe de la rejoindre dans les prochaines semaines.

Christine Butez aux côtés de l'un des infirmiers et de Vincent, son interne.
Christine Butez aux côtés de l'un des infirmiers et de Vincent, son interne. Photo par Nicolas Defay

Trois mois pour qu’Orange installe le téléphone

Durant l’inauguration qui s’est faite en compagnie de Marie-Agnès Petit, Présidente du Département, de Jean-Pierre Vigier, Député de la Haute-Loire et de Caroline Barre, Adjointe à la Ville du Puy, Jean-Paul Beaumel, Maire de Lavoûte-sur-Loire, partage la genèse des travaux. « Pour monter le dossier, nous avons mis neuf mois. Il a fallu le même temps pour achever le chantier assuré par des entreprises locales et dirigé par l’architecte Noëlle Margot. Les travaux se sont terminés à la fin juillet ». Mais pour que le docteur Christine Butez puisse ausculter ses premiers patients, il a fallu attendre trois mois de plus... le temps que l’opérateur téléphonique équipe enfin la structure.

Dans l'espace "Studio" entièrement équipé pour héberger un professionnel de santé
Dans l'espace "Studio" entièrement équipé pour héberger un professionnel. Photo par Nicolas Defay

« Tous les jours, des gens pleurent pour nous demander d’être leur médecin traitant avec parfois un périmètre d’action très large. » Christine Butez

« Il y a des zones sous-dotées en professionnels de santé, c’est certain »

Outre sa vision sur ce nouveau local flambant neuf, Christine Butez confie son analyse sur les déserts médicaux que chaque département notamment rural connaît plus ou moins. « En Haute-Loire, il y a des zones sous dotées en professionnels de santé, c’est certain. Tous les jours, des gens pleurent pour nous demander d’être leur médecin traitant avec parfois un périmètre d’action très large. »

Selon elle, le territoire de l’Emblavez échappe à ce problème de santé publique. « Nous avons de la chance, ici, d’avoir une bonne dynamique aux niveaux médicaux et paramédicaux. On arrive à attirer du monde. Nous avons d’ailleurs une jeune consœur qui vient de s’installer à Beaulieu ».

« Je pense qu’un élément n’est pas pris en considération pour attirer des professionnels de santé dans des secteurs ruraux, insiste Christine Butez, celui des conjoints. Dans beaucoup de cas, la personne qui partage la vie du médecin a également fait beaucoup d’études, parfois en médecine, parfois dans d’autres domaines comme l’ingénierie, l’informatique ou autres. Pour cette personne qui suit le médecin dans un territoire rural, la difficulté est alors de trouver du travail en adéquation avec son cursus et son niveau d’étude. Et souvent, ce conjoint se résout à suivre une reconversion professionnelle pour espérer trouver un emploi afin de rester dans la même zone géographique que son ou sa partenaire médecin fraîchement installé ».

L'architecte Noëlle Margot du cabinet d'architecture basé à Retournac.
L'architecte Noëlle Margot du cabinet d'architecture basé à Retournac. Photo par Nicolas Defay

« De se voir, de partager, de ne pas être seul et parfois démuni devant certains cas »

À la question de savoir pourquoi intégrer une Maison médicale partagée plutôt que de rester totalement indépendant, le docteur répond : « Le travail isolé comme on le connaissait dans le temps se fait de plus en plus rare. Il reste encore des médecins qui préfèrent être seuls mais ce profil disparaît lentement, remplacé par les espaces occupés par plusieurs professionnels aux compétences différentes. Les Maisons de santé sont l’avenir. »

Elle conclut en ce sens : « L’avantage d’une Maison de santé, c’est déjà de pouvoir communiquer rapidement entre professionnels autrement que par courrier, par e-mail ou par téléphone. Mais aussi de se voir, de partager, de ne pas être seul et parfois démuni devant certains cas. Je crois qu’on travaille mieux ainsi. Et le côté humain est beaucoup plus sympathique avec du monde que retranché dans son coin ».

Dans moins d'un mois, les 5 infirmiers occuperont l'espace.
Dans moins d'un mois, les 5 infirmiers occuperont l'espace. Photo par Nicolas Defay

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