L'église des Carmes au menu du Conseil municipal ponot

Par Nicolas Defay lun 11/07/2022 - 12:26 , Mise à jour le 11/07/2022 à 12:26

Vendredi 8 juillet, la salle du conseil de la mairie ponote a vu défiler plusieurs sujets hautement inflammables. L’un deux a concerné le désormais célèbre autant que damné chantier de l’église des Carmes.

Laurent Johanny, élu de l’opposition au conseil municipal du Puy-en-Velay, s’est exprimé durant la séance des questions diverses. Ce précieux moment se déroule en général à la fin de la réunion publique une fois toutes les délibérations évoquées et les dossiers du jour soumis aux votes des élus. Précieux, car il permet aux groupes d’opposition de mettre en lumière des sujets « piquants » qui n’apparaissent pas à l’ordre du jour du conseil.

Aussi, Laurent Johanny a souhaité revenir sur le fameux chantier de l’église des Carmes au Puy-en-Velay, cette église confinée depuis des années dans une cage d’échafaudage et dont les coups de théâtre font régulièrement les choux gras des médias.

Tout récemment, la Ville a partagé l’information d’une technique de badigeon pour teinter en profondeur les nouvelles pierres de l’église et ainsi donner une illusion d’harmonie avec les pierres d’origine. Un procédé qui apparaît ubuesque pour l’élu de l’opposition.

Les très grandes difficultés pour reconstruire à l’identique

« Par un article de presse en date du 1er juillet, nous apprenons qu’un nouvel élément altère le désormais chantier maudit, commence l’élu minoritaire. Nous persistons à dire que le pêché originel de cette affaire réside dans votre volonté initiale de faire une reconstruction à l’identique en ayant déjà l'information de la difficulté à s’approvisionner en brèche volcanique ».

« Voilà donc la façade de cet édifice initialement en brèche volcanique locale de mauvaise qualité reconstituée par un peu de brèche locale, un peu de pierre indonésienne brute, un peu de brèche indonésienne préalablement sculptée, des dizaines de kilos de grillage à poule notamment sur la tour Sud la plus abîmée, un peu de pierre turque, et désormais un peu de pierre turque badigeonnée ». Laurent Johanny

Exiger qu’une commission spéciale surveille le chantier

Il continue : « En décembre 2021 (…), vous nous rassuriez grâce à de nouvelles pierres venues désormais de Turquie. Et maintenant, place à une technique de badigeon. Prétendre qu’un badigeon  teinte les pierres en profondeur n’est pas sérieux. Un enduit se dégrade dans un délai de 10 à 15 ans, quelque soit l’enduit, et retient la poussière sans qu’il soit possible de le nettoyer ».

Il demande alors : « Dans cette affaire, nous apprenons tout dans la presse ! Aussi, comme le précise le règlement intérieur du conseil municipal, nous réclamons la mise en place d’une commission spéciale sur la gestion de ce chantier, chargée d’assurer le suivi du chantier ».

Pendant le Conseil municipal du Puy le 8 juillet 2022.
Pendant le Conseil municipal du Puy le 8 juillet 2022. Photo par Nicolas Defay

« Nous sommes habitués à vos exubérances »

Aussi dense qu’a été le préambule de Laurent Johanny, Michel Chapuis lui a répondu tout aussi longuement avec une légère pointe d’agacement. « M.Johanny, tout le monde sait que vous êtes totalement opposé à la remise en état de l’église des Carmes. Mais nous sommes habitués à vos exubérances. En ce qui concerne le badigeon, il ne s’agit pas d’enduire la pierre mais de lui appliquer une patine. L’enduit recouvre et masque les matériaux. La patine va le teinter en laissant les couleurs en transparence. Certes, la patine s’atténuera avec le temps mais le badigeon prendra le relais ».

« Franchement, M.Johanny ! Personne ne peut se réjouir que les pierres viennent d’Indonésie ou de Turquie! Personne ne se félicite de ça ! Arrêtez d’imaginer que nous n’avons pas tout mis en œuvre pour chercher des pierres d’ici plutôt qu’à des milliers des kilomètres ! » Michel Chapuis

« Ouvrir une carrière en Haute-Loire. Impossible ! »

Le Maire du Puy continue encore : « Toute l’histoire, vous la connaissez parfaitement M.Johanny ! Après la liquidation judiciaire de la première entreprise et l’attribution du marché à une autre, nous avons repris le chantier en espérant ouvrir une carrière en Haute-Loire. Impossible ! Car la brèche volcanique du département n’a pas les capacités de résistance et la densité nécessaires pour correspondre à la réalisation de l’église ».

Il explique également : « Nous avions aussi regardé les pierres du Cantal. Même constat ! Chargées dans les camions, elles arrivent endommagées sur le lieu du chantier à cause des vibrations du voyage ».

« C’est une très mauvaise histoire, c’est vrai. Mais ce n’est pas nous qui avons écrit le scénario. Accordez-nous au moins ça M. Johanny. Nous ne sommes pas responsables de tout dans cette affaire. Maintenant, nous devons terminer ce que nous avons commencé ». Michel Chapuis

« Je pense que ça vous évitera de fantasmer sur des trucs qui n’existent pas »

Enfin, pour répondre à la question de l’élu minoritaire, Michel Chapuis déclare accéder à la requête demandée. « Oui M. Johanny ! On va la faire cette commission spéciale que vous tenez tant. Je pense que ça vous évitera de fantasmer sur des trucs qui n’existent pas. Cette commission sera ouverte à vous, élus de l’opposition, pour que vous puissiez constater par vous-même l’avancée du chantier ».

« Elle permet un véritable gage de transparence et de démocratie »

En guise de conclusion, Laurent Johanny concédera être agréablement surpris par la décision de son interlocuteur. « Ce n’est pas la première fois que nous réclamons une telle commission et je suis satisfait que vous accédiez enfin à notre demande. Je veux simplement rajouter que cette pratique de commission devrait être systématique car elle permet un véritable gage de transparence et de démocratie ».

L'église des Carmes le 11 juillet 2022.
L'église des Carmes le 11 juillet 2022. Photo par Annabel Walker

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2 commentaires

bc

mar 12/07/2022 - 04:14

En tout cas les vibrations on des répercutions jusqu’au  conseil municipal !!!

Entre les vibrations des carmes et les écoutes du marché couvert, nos édiles locaux doivent se tenir à carreau ♦️ sinon ça pique ♠️ 

c’est un vrai coup de cœur ♥️ des ponots à défaut de trèfle ♣️ du contribuable !!!

he

lun 11/07/2022 - 12:56

c'est vrai qu'au XIV° siècle, date de la construction de l'église, les vibrations du char à boeuf  qui amenait les pierres n'étaient pas sujet à des vibrations. Mais les pierres ont tenu !