Avertissement « Coulées de neige » dans le Puy-de-Dôme
Les personnels de l'Éducation nationale étaient plusieurs centaines à déambuler dans les rues clermontoises, ce jeudi matin. Sous une ambiance de camaraderie, des revendications fermes suite aux annonces ministérielles et à la suppression de postes pour 2024.
Ce mois de février promet d'être court, mais intense... et démarre sur les chapeaux de roues. Après les agriculteurs, qui campent d'ailleurs toujours au Brezet et ensevelissent chaque jour de lisier des bâtiments bien ciblés, c'est maintenant les professeurs qui donnent le ton.
D'abord les annonces gouvernementales et notamment la campagne ministérielle le "Choc des savoirs", puis la sortie de la fameuse carte scolaire dévoilée par le rectorat mentionnant les priorités et moyens mis en œuvre pour la rentrée 2024 notamment la suppression de 50 postes dans le premier degré en raison d'une baisse démographique (1 080 élèves en moins). Tout ceci saupoudré d'une stagnation de salaire, ils en ont donc gros sur la patate les personnels de l'Éducation nationale.
Et les dires de leur nouvelle ministre Amélie Oudéa-Castéra, qui avait justifié la scolarisation de ses enfants dans un établissement privé par l'absentéisme des enseignants du public, a été la goutte d'eau faisant déborder le vase.
À l'appel des syndicats FSU, CGT Educ'Action, Sud Éducation et Fnec FP-FO, les personnels de l'Éducation nationale étaient ce jeudi 1er février au matin, dans le centre-ville de la capitale auvergnate, banderoles en mains et slogans à tire-larigot pour rejoindre le rectorat et pointer du doigt un certain nombre de défaillances politiques.
"Nous dénonçons les propos dénigrants, à l’instar des paroles de la ministre de l’Éducation nationale, contre celles et ceux qui font vivre l’École publique. Nous dénonçons également les politiques qui organisent une forme de séparatisme social et contribuent à miner la cohésion sociale et notre démocratie."
Patrick Lebrun, secrétaire départemental FSU donnait la marche à suivre, guidant ses camarades jusqu'au rectorat. "On est là, premièrement pour les 50 postes supprimés dans le Puy-de-Dôme, les salaires, la reforme du lycée, pour nos écoles qui vont fermer, contre les groupes de niveau dans les collèges... et pour dénoncer la ministre qui a eu des propos méprisants envers nous et qui défend l'enseignement privé."
Ils étaient environ 700 dans les rues clermontoises à revendiquer : "Enseignants méprisés, enseignants mal traités, enseignants mal payés !"
Emmanuelle et Florence, professeures de français et d'anglais dans un collège puydômois dégainaient leur plus belle pancarte pour dénoncer des points qui leur tiennent à cœur, notamment les inégalités du "Choc des savoirs".
"Les élèves qui n'ont pas leur brevet, ils vont faire quoi ? ils vont aller dans des classes "prépa", transitoires, ils vont être complètement perdus et mis à part. Et les groupes de niveaux, qui vont diviser et stigmatiser les élèves qui seront dans - le groupe des nuls -."
Selon les chiffres du ministère, la participation ce jour à la grève dans les écoles est estimée à 20,11 %, à 29,51 % dans les collèges, à 8,27 % dans les lycées d’enseignement général et technologique et à 12,05 % dans les lycées professionnels.
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