Fièvre catarrhale : pas de risque sanitaire, mais des inquiétudes financières

mar 15/09/2015 - 17:07 , Mise à jour le 15/09/2015 à 17:07

La fièvre catarrhale est une maladie virale qui touche les ruminants domestiques et sauvages (ovins, bovins, caprins, etc.). L'infestion se transmet par des petits insectes piqueurs appartenant à certaines espèces du genre Culicoides.
Les symptômes les plus graves touchent les ovins, provoquant perte de poids, chute de production de laine et mortalité (entre 2 et 30 % en moyenne, mais elle peut aller jusqu'à 70 %).
L'impact se traduit essentiellement par des déficits commerciaux dus aux restrictions et au coût de la surveillance, des contrôles sanitaires et de la vaccination. Il n'y a en revanche aucun danger pour l'homme.

Déjà une épidémie en 2007
L'épidémie a été confirmée en fin de semaine dernière, le vendredi 11 septembre 2015, dans un élevage ovin du sud de l'Allier (03), "avec plusieurs cas diagnostiqués de manière certaine", souligne le préfet de Haute-Loire Denis Labbé. Le département avait déjà été touché par cette épidémie en 2007, avant d'être définitivement éradiquée en 2010, après une campagne de vaccination, prise en charge en partie par l'Etat, mais qui avait tout de même coûté aux agriculteurs altiligériens la bagatelle de 700 000 euros en 2010.
Si l'épicentre de l'épidémie concerne donc le sud de l'Allier, une zone de protection de 150 km de rayon a été définie par le Ministère de l'agriculture, qui impacte 23 communes du Nord ouest du département. Puis un autre rayon, concernant les zones de surveillance, vient envelopper les trois quarts du département, avec 178 communes classées. Au total, environ 150 000 bovins de Haute-Loire sont concernés par ces mesures, soit près des trois quarts du cheptel altiligérien.

----Une réunion avec Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, se tiendra jeudi : ce sera l'occasion d'évoquer les mesures financières à mettre en place pour accompagner les éleveurs concernés et la décision de vaccination, qui pourrait concerner uniquement 23 communes du Brivadois. Dès cette semaine, le ministre de l'agriculture a fait savoir qu'1,3 million de doses de vaccin seront disponibles.-----Pour les agriculteurs, crise économique, météorologique et maintenant sanitaire
Dans les deux zones, les mesures sont les mêmes : recensement des exploitations détenant des ruminants, interdiction des sorties d'animaux sensibles vers la zone non réglementée, surveillance sanitaire du cheptel et interdiction (ou règlementation) des foires et marchés d'animaux. Seule différence entre les deux zones : le Ministre peut autoriser la vaccination dans la zone de protection.
Toutes ces mesures sont mises en place pour plusieurs mois, voire plusieurs années, et une vaccination généralisée n'est pas exclue. Mais quelles en seront alors les modalités ? La décision devrait être prise au cours de la semaine, par le Ministre de l'Agriculture, mais Laurent Duplomb, le Président de la chambre d'agriculture de Haute-Loire, met tout de suite en garde : "les agriculteurs ne pourront pas l'assumer financièrement", car outre la crise économique, la crise météorologique n'a pas épargné le monde agricole cette année : "avec la sècheresse, on pense avoir 70 % de pertes sur les zones les plus touchées", ajoute-t-il.

  • Cette épidémie ne présente vraiment aucun danger pour l'homme ? Ni les produits dérivés, comme le lait ? Mais ces produits sont-ils alors de moindre qualité ?

 

  • La carte des zones réglementées, qui touchent plus des trois quarts du département, est loin d'être figée et pourrait s'étendre ?

Le risque ? Voir le bétail auvergnat bradé
Si cette épidémie ne présente donc pas de risque sanitaire pour l'homme, elle met en péril tout un pan de l'économie, particulièrement en Haute-Loire, où l'agriculture (et les emplois induits) représente environ 12 % de la population active. On estime que 80 à 100 000 broutards sont déjà bloqués. Les petits veaux par exemple, ont besoin d'être engraissés avant d'être présentés au consommateur. Une opération qui n'est pas réalisée en Haute-Loire et qui est pour l'instant dans l'impasse, en attendant d'éventuels accords binationaux, mais le risque est de voir le bétail auvergnat bradé.
Autant d'éléments de mauvais augure pour la trésorerie des exploitations altiligériennes, déjà en mauvaise santé. "Et toutes ces règlementations et contraintes supplémentaires risquent de créer des distorsions de concurence ingérables localement", pointe du doigt Laurent Duplomb avant de conclure : "l'origine de cette épidémie pourrait provenir de la faune sauvage, il faudrait pouvoir la réguler".

  • Cette crise sanitaire risque d'engendrer une dépréciation des produits auvergnats concernés ?
  • Les ventes sont ainsi à l'arrêt et présentent un réel problème de retard de trésorerie pour les agriculteurs concernés ?

Maxime Pitavy

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