Chasse : une consultation publique cachée ?

lun 14/05/2018 - 20:59 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:52

Depuis le 28 avril et ce jusqu'au 19 mai 2018 (inclus), tout un chacun est invité à donner son avis sur le projet d'arrêté de la Direction Départementale des Territoires (DDT) relatif à l’ouverture et à la clôture de la chasse pour la campagne 2018-2019. Problème, encore faut-il que le public soit informé car "aucune publicité n'est faite sur cette consultation" s'exclame Jean-Jacques Orfeuvre, vice-président de REN 43.

> Voir le projet d'arrêté préfectoral sur la chasse 2018-2019 en Haute-Loire

De nombreuses dérogations pointées du doigt
S'il est si important que le public s'exprime, c'est parce que l'association qui oeuvre entre autres pour la protection de l'environnement et de la faune sauvage, s'inquiète de la présence, dans cet arrêté, "de nombreuses dérogations à la période d’ouverture générale de la chasse qui est du 9 septembre 2018 au 28 février 2019".
Par exemple, "du 1er juillet 2018 au 8 septembre 2018, seule la chasse du brocard à l’approche et à l’affût est autorisée par les titulaires d’une autorisation individuelle délivrée par le préfet (direction départementale des territoires) et selon les conditions qui y seront spécifiées", peut-on lire sur ce projet d'arrêté de la DDT. Ce à quoi Jean-Jacques Orfeuvre rétorque : "Il s’agit de la période de reproduction, ce qui est interdit par le code de l’environnement."

----Chaque personne intéressée par le sujet est donc invitée à donner son avis :
par mail à : ddt-spe@haute-loire.gouv.fr
ou par voie postale : DDT service « environnement et forêt » (consultation public) - 13 rue des moulins - CS 60350 - 43009 Le Puy-en-Velay Cedex.
-----"Détruire, sans autre raison que le plaisir de tuer"
Pour le vice-président de REN 43, le temps presse. A la fin de la journée du samedi 19 mai 2018, le public n'aura plus son mot à dire. Et pourtant toujours selon Jean-Jacques Orfeuvre, il y en a des choses à redire. Du 9 septembre 2018 au 28 février 2019, il sera autorisé de chasser des martres, des renards, des corbeaux freux, des corneilles noires, des étourneaux et autres animaux sauvages qui ne "sont pas des gibiers puisque pas comestibles. La volonté est de détruire, sans autre raison que le plaisir de tuer".

Et Etienne Valladier, membre de la Ligue pour la protection des oiseaux, du comité de l'environnement de Polignac et de l'association Humanité et Environnement, de reprendre : "Autrefois, on tuait les renards, par exemple, pour leur fourrure. Aujourd'hui, on les qualifie de nuisibles parce qu'ils sont en concurrence avec les chasseurs. Et les chasseurs, tous les concurrents, ils les éliminent !" Etienne Valladier ne se laisse pas plus convaincre par l'argument économique qui rendrait systématiquement coupables les animaux sauvages des dégâts causés sur les exploitations agricoles.

Stéphanie Marin

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