La galette des rois : un rituel très ancien à déguster

Par Nathalie PIENDEL , Mise à jour le 05/01/2026 à 16:00

Temps de lecture : 3 minutes

Cette année, la galette des rois a pris de court les estomacs encore éprouvés après les repas copieux de fêtes. Une dégustation qui a déjà démarré, ce dimanche 4 janvier et se poursuit pour l'épiphanie. 

Oui, selon la coutume, on célèbre les rois le premier dimanche de janvier.
L'Epiphanie, elle, est ce mardi 6 janvier, et pour certains, c'est ce jour-là qu'il faut déguster ce gâteau très symbolique et chargé d'histoire. 

Une recette, à la base... simple, mais qui fait mouche. De la pâte feuilletée, une crème à base de poudre d'amande, et surtout, un petit trésor à l'intérieur. La galette, si elle se modernise dans la confection et dans les ingrédients, ne se démode pas. Les papilles françaises semblent attachées à cette douce tradition. 

Derrière ce moment de partage gourmand se cache un rite très ancien, né il y a plus de deux mille ans.

Un rite païen pour bouleverser l'ordre social

Avant d’être chrétienne, la galette était païenne. Dans la Rome antique, lors des Saturnales - fêtes romaines célébrées du 17 au 23 décembre en l’honneur de Saturne, Dieu de l’agriculture et du temps - le monde s’inversait.

Un gâteau circulait avec une fève sèche (ou un haricot) cachée à l'intérieur, que tout le monde pouvait déguster, maîtres comme citoyens et mêmes esclaves, et le hasard assimilé à la volonté divine à l'époque, désignait le roi du jour. C'est alors que l’ordre social vacillait, le temps d’une fête.

Puis le christianisme est passé par là

Puis au IVᵉ siècle, le christianisme a intégré cette coutume à son calendrier. Le gâteau ou la galette sont alors dégustés le 6 janvier, jour de l’Épiphanie, célébration de la visite des Rois mages à l’enfant Jésus. Le principe de la fève est conservé, mais le roi n’est plus celui qui commande, mais celui qui sourit, qui partage, élu par le sort.

Le Moyen Âge ancre la coutume dans le peuple. On coupe les parts à l’aveugle, un enfant décide sous la table, une portion est réservée au pauvre. La galette devient un acte égalitaire. Même les rois s’en méfient : Louis XIV tentera de l’interdire. En vain. La Révolution elle-même la rebaptisera « galette de l’égalité ».

Plus raffinée mais toujours populaire

Au XIXᵉ siècle, elle gagne en grâce et se fait feuilletée, parfumée à l’amande, avec des fèves de porcelaine.

Aujourd’hui, elle se décline à l’infini, au rythme des goûts (pomme, amande, chocolat, pistache...) et des modes pour le choix des fèves. Mais sa popularité reste intacte. 

On trouve également un peu partout désormais des brioches des rois, décorées de fruits confits, qui étaient auparavant une coutume provençale.

 

 

 

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