Balade Arachno’folie sur les bords de l’Allier

Par Annabel Walker , Mise à jour le 10/10/2021 à 06:00

« Qui, parmi vous, a la phobie des araignées ? Sur une échelle de 10, vous la placeriez où ? » Voilà comment la balade nature sur les araignées a commencé, samedi 2 octobre, pour les 14ème rencontres naturalistes de la Haute-Loire à Chilhac. On vous y emmène.

Chauves-souris, renards, loups, serpents, vautours, araignées… Les 14ème rencontres naturalistes de la Haute-Loire ont tenté de désamorcer des peurs face aux animaux mal-aimés. Ce samedi 2 octobre, au bord de l’eau, sur la base Allier de Chilhac, les conférences, films-débats, animations et sorties nature se sont enchaînés, assistés par plusieurs stands d’associations et organismes de protection de la nature invités par France Nature Environnement (FNE43) et Les Pieds à Terre.

Au pied du stand du Conservatoire d'espaces naturels d'Auvergne, une boîte grouille d’escargots. A côté, la piste de course est aspergée à l’arrosoir. Chaque enfant choisi son « poulain », lui colle une gommette sur la coquille et le place sur le point de départ, au centre du plateau. Et c’est parti ! Chacun encourage son champion. Petit gris ou escargot de Bourgogne dévoilent leur caractère. Les uns sont occupés à faire connaissance entre eux ou à faire la grosse commission. Les autres filent vers l’herbe tendre, accessoirement ligne d’arrivée. Et c’est le petit gris de Zoé, 6 ans, qui l’emporte ! Elle repart avec un fascicule pour tout savoir sur ses amis gastéropodes.

C'est le petit gris de Zoé qui a remporté la course d'escargots.
C'est le petit gris de Zoé qui a remporté la course d'escargots. Photo par A. Walker Zoomdici

Sous le chapiteau à côté, les adultes écoutent les experts enchaîner les conférences. Dans une tente plus loin, les films-débats explorent le monde des serpents, des loups ou encore des blaireaux. Alors qu’un groupe revient d’une sortie nature sur les plantes mal-aimées, un autre part en balade à la découverte des araignées. « Qui, parmi vous, a la phobie des araignées ? Sur une échelle de 10, vous la placeriez où ? » C’est Olivier Kotvas, ancien animateur nature au CPIE (Centre permanent d'initiatives pour l'environnement) du Velay, dissout fin février dernier, qui mène l’échange. Une dizaine de personnes, de tous âges, l’entourent pour une introduction générale. 

Proportionnellement à son diamètre, le fil d'araignée est le matériau le plus solide du monde animal après la dent de la patelle (type de mollusque). Le kevlar des gilets pare-balles a une résistance d’environ 3 000 mégapascals avant de céder à la pression. La soie d'une espèce exotique d'araignée dépasse les 4 500 MPa. Les chercheurs s'inspirent de la structure de ces biomatériaux ultra solides pour concevoir de nouveaux matériaux.

On apprend, par exemple, que la plupart des araignées mangent leur toile à la fin de chaque journée afin de pouvoir produire 80 % de la toile du lendemain. « Dans vos maisons, quand vous voyez des toiles qui restent c’est qu’il s’agit d’araignées qui ne mangent pas leur toile mais elles ne les réutilisent pas non plus, explique Olivier Kotvas, elles poursuivent plus loin pour tisser. » Là, un « ouf » de soulagement s’échappe d’une participante qui lâche : « Ah ! Ben, je ne me ferai plus gronder par mes enfants quand j’enlèverai les toiles d’araignées au plafond maintenant ! » Et l’animateur nature de répondre : « Vous leur rendez même service parce que vous libérez de l’espace pour leur prochaine toile. » Eh oui, c’est un travail de Sisyphe des deux côtés !

À la chasse à l’araignée en mode « no kill »

Autre exemple soulevé : le cas de l’araignée trouvée au fond de la baignoire. « C’est parce qu’elles ont besoin de pas mal d’eau », informe Olivier Kotvas. Mais après s’être abreuvées, nombreuses sont les espèces à ne pas pouvoir remonter la pente lisse de la vasque. Laisser une serviette ou un tapis de bain pendre sur le rebord leur servira donc d’échelle.

Mais trêve de bavardages, la joyeuse troupe s’élance à la chasse à l’araignée (en mode « no kill » comme disent les pêcheurs). Même une participante qui admet avoir du mal avec les araignées part à la recherche des petites bêtes à huit pattes. « J’ai bien réduit ma phobie, confie-t-elle, mais il reste du travail à faire. » Ça ne l’empêche pas de regarder de près les trouvailles des uns et des autres. Sur le bord de l’Allier, un participant repère un superbe spécimen orange arborant une sorte de croix blanche sur son gros abdomen. « C’est un épeire diadème », partage Olivier Kotvas en la glissant dans un tube transparent pour mieux la montrer au groupe. 

L'araignée épeire diadème arbore une croix blanche sur son abdomen.
L'araignée épeire diadème arbore une croix blanche sur son abdomen. Photo par A. Walker Zoomdici

Pour finir, l’animateur sort un pulvérisateur rempli d’eau, y mélange un peu de gouache blanche et brandit des feuilles de papier cartonné noires. Le petit groupe part alors en quête de la toile idéale. On escalade la butte entre les fourrées jusqu’au chemin. On disqualifie des toiles coniques, emmêlées, percées… jusqu’au lieu parfait : les rambardes d’une balustrade. Olivier Kotvas place le papier derrière la toile, vaporise la peinture et décroche les bords. « C’est sûr qu’il ne faut pas le faire trop souvent », admet-il en tendant la feuille à un des enfants participants, visiblement ravi de sa balade arachnéenne.

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