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Retraite : à 9 voix près, la motion de censure échoue

Par nicolas@zoomdici.com , Mise à jour le 21/03/2023 à 06:00

19 députés Les Républicains (LR) sur 61 membres ont voté pour la motion de censure. Parmi les "rebelles", Isabelle Valentin et Jean-Pierre Vigier, les deux députés de la Haute-Loire. Au même moment au Puy, des adhérents LFI/Nupes avaient pris place devant la permanence d'Isabelle Valentin pour la persuader de suivre ses convictions. Chose dite, chose tenue.

Des membres de la LFI et la Nupes se sont réunis lundi 20 mars devant les permanences de Jean-Pierre Vigier à Brioude et Isabelle Valentin au Puy-en-Velay, tous deux députés de la Haute-Loire. « Nous ne sommes pas venus ici pour soutenir le groupe Les républicains (…). Si Mme Valentin est conséquente, elle a annoncé qu’elle voterait contre la loi. Elle doit alors voter la censure. Voter la censure, c’est voter contre la loi », partage l'un deux devant la devanture de la députée.

Au début de l'année 2023,  Isabelle Valentin avait mis pilori le texte de la réforme des retraites lors de ses vœux parlementaires. Tout comme son confrère Jean-Pierre Vigier. Les deux ne se sont pas dégonflés quand il a fallu apposer la brûlante signature sur la motion de censure déposée par le groupe Liot (Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires) en ce lundi 20 mars à l'Assemblée Nationale.

La motion "transpartisane" a été rejetée à 9 voix près, avec 278 voix favorables sur les 287 requises. La réforme est définitivement adoptée

Pourtant, risqué a été le choix pour les parlementaires du département. Suivre ses convictions et espérer l’adoption de la motion de censure peut déclencher une dissolution de l’Assemblée nationale. Qui dit dissolution dit fin des mandats actuels des députés et nouvelles élections législatives. Et donc remise en jeu des candidats. À l’opposé, se positionner contre ses propres arguments annoncés par les députés à travers les médias, c’est exposer au public sa fiabilité fragile et douteuse.

« Emmanuel Macron ne saurait oublier la crise des gilets jaunes et doit en tirer les enseignements en cessant d’abîmer le dialogue social ». Isabelle Valentin et Jean-Pierre Vigier

« Le contournement systématique de nos institutions par le gouvernement n’est ni durable, ni tolérable »

Zoomdici a tenté de joindre les deux députés altiligériens. Ils ont préféré partager aux médias locaux un communiqué de presse rédigé en commun. « Isabelle Valentin et Jean-Pierre Vigier ont pris la décision, en responsabilité et avec gravité, de voter la motion de censure. Les députés estiment que le contournement systématique de nos institutions par le gouvernement n’est ni durable, ni tolérable. »

Ils ajoutent également : « L’intérêt immédiat des Français réside dans le rejet de ce projet de loi qui ne repose ni sur une légitimité parlementaire, ni sur un consentement populaire ».

Les deux députés précisent aussi : « Néanmoins, pour Isabelle Valentin et Jean-Pierre Vigier, le choix des extrêmes ne constituera jamais une alternative crédible, à l’image de l’indignité des députés de La France Insoumise au cours de l’examen de la réforme ».

Le communiqué de presse dans sa totalité ▼

« Macron a simplement fait son marché dans la constitution »

Les représentants locaux de La France Insoumise (LFI) et la Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale (NUPES) n’étaient pas seulement là pour porter les députées LR du département à concrétiser leurs annonces. « Notre présence a aussi pour but de dénoncer la brutalité avec laquelle Emmanuel Macron a traité l’ensemble des parlementaires », explique le groupe de gauche.

Des membres de LFI et de la Nupes se tiennent devant la permanence d'Isabelle Valentin.
Des membres de LFI et de la Nupes se tiennent devant la permanence d'Isabelle Valentin. Photo par Nicolas Defay

Benoit Bacl, de la LFI 43, rappelle en ce sens l’emploi du 49.3 : « L’Assemblée nationale, entité qui représente le peuple de France, allait voter contre le projet ! Le 49.3 a permis son passage en force ». Il ajoute : « Le président des riches a utilisé tous les artifices possibles de la Vème république en osant également déclencher l’article 47.1 » Celui-ci indique : « Si l’Assemblée nationale ne s’est pas prononcée en première lecture dans le délai de quarante jours après le dépôt d’un projet, le gouvernement saisit le Sénat qui doit statuer dans un délai de quinze jours ».

Une personne dans l’attroupement résume les propos en s’inspirant de l’universitaire Laureline Fontaine : « Macron a simplement fait son marché dans la constitution ».

Jeudi 23 mars, une grève de masse est annoncée par les différents syndicats en France. Au Puy, une manifestation est prévue ce jour-là au départ de la Place Cadelade à 10h30. À l'hôpital Ste-Marie, un cortège part à 10 heures pour rejoindre la cité ponote

« La démocratie française n’en porte que le nom »

Benoit Bacl continue sur la même lignée : « À travers ce projet de réforme des retraites, les français ont pu voir toutes les chausse-trappes de la Constitution actuelle. Tout est pensé pour que la démocratie française n’en porte que le nom. Finalement, ce combat a eu du bon car il a ouvert les yeux des concitoyens sur les lois et les contre-lois ».

Tract à la main, il suit les mots lus par l’une de ses camarades : « Une nouvelle preuve est faite qu’il faut en finir avec cette monarchie présidentielle qui bride les droits des élus du peuple et qu’il est nécessaire et urgent de passer à une 6ème République ! »