Le moustique tigre est originaire des forêts tropicales d’Asie du sud-est. C'est une espèce dotée d'une piètre aptitude au vol, il évolue donc dans un périmètre restreint, 150 mètres autour de son lieu de naissance environ. Donc, s'il vous pique, c'est sûrement qu'il est né dans votre jardin, ou à proximité.
Mais comment a-t-il atterri en France ? Il a emprunté les transports routiers et ferroviaires, et s'est adapté à ses nouveaux environnements d'accueil, et climats, pour coloniser aujourd’hui plus de 80 pays dans le monde.
On le retrouve maintenant en Auvergne-Rhône-Alpes, deuxième région française la plus touchée, à l'affût d'un peu d'eau stagnante pour pondre, et de quelques chairs tendres à piquer. Le gros problème, en dehors du fait que la piqûre, ça gratte, c'est qu'il transporte des maladies. Il peut être vecteur d'arboviroses : dengue, chikungunya, Zika.
Si vous le voyez, en pleine journée, roder autour de votre peau appétissante, c'est un indice ! Le moustique tigre sévit le jour, contrairement au moustique "commun" qui attend la tombée de la nuit pour sévir. Ceci étant dit, de jour comme de nuit, tigre ou pas tigre, ce sont toujours bien les femelles, qui piquent. Mais ce dernier se distingue également par sa discrétion, il est silencieux.
Plus difficile à détecter donc, car en prime, il est plus petit que les autres. Il mesure en moyenne 5 millimètres (soit environ la taille d’une fourmi).
La meilleure façon de voir qu'il s'agit bien de lui, ou plutôt d'elle, est sa couleur. Dame moustique tigre est rayée de noir et blanc. Elle a cinq rayures blanches sur les pattes et une ligne blanche sur la tête et le dos (thorax).
Un bilan 2025 préoccupant
En 2025, la région Aura a connu une forte progression du moustique tigre et un niveau élevé de cas d’arboviroses. Elle représente à elle seule 15% des cas recensés en France, devenant la deuxième région la plus touchée, selon les chiffres présentés par l'Agence régionale de santé (ARS).
Le moustique tigre s’installe donc durablement chez nous. Désormais présent dans l’ensemble des départements, il expose près de 80% des habitants.
Et les cas de maladies transmises par ce moustique ont augmenté de 25% en un an.
Les foyers locaux changent la donne
L'ARS indique que 347 cas importés (personnes malades revenant de voyage) ont été recensés en 2025 dans la région : 177 cas de chikungunya, 168 cas de dengue et 2 cas de Zika.
Le plus préoccupant dans cette histoire ce ne sont pas les cas importés mais surtout, les transmissions locales observées. On parle de cas autochtones : les personnes malades n’ont pas voyagé dans les zones considérées à risque.
Au total, en région Aura : 6 foyers de chikungunya ont été comptabilisés avec 51 cas, plus 2 isolés, et 2 foyers de dengue comptabilisant 4 cas. Ces foyers ont concerné 6 départements de la région : Drôme, Isère, Savoie, Rhône, Loire, Ain.
Evolution de la colonisation du moustique tigre par année et par région
Photo par ARS
Dans le Puy-de-Dôme, comme ailleurs en Auvergne-Rhône-Alpes, la progression du moustique tigre appelle à la vigilance. Le département n’échappe pas à la dynamique régionale d’implantation, avec une présence désormais bien installée dans de nombreuses communes.
On constate sur la carte partagée par l'ARS une forte concentration dans le Rhône. On peut observer également concernant le Puy-de-Dôme qu'une colonisation assez centrale existe depuis quelques années mais aucun foyer majeur de transmission n'est encore à déplorer.
L'objectif est de limiter la prolifération
Le moustique tigre se développe dans de très petites quantités d’eau, souvent à proximité immédiate des habitations. Pour limiter sa présence, les autorités sanitaires rappellent trois réflexes essentiels :
- Ranger tous les objets pouvant retenir l’eau
- Vider régulièrement les contenants (coupelles, seaux, jouets…)
- Couvrir les réserves d’eau
Ces gestes simples permettent d’agir directement à la source, en supprimant les lieux de ponte.
Focus sur les voyageurs avec symptômes
Les personnes se rendant dans des zones tropicales doivent se protéger contre les piqûres. En cas de symptômes au retour (fièvre, douleurs, éruption cutanée) il est recommandé de consulter rapidement un médecin en mentionnant son voyage.
Il faut également continuer à se protéger des piqûres pendant les 15 jours suivant le retour, afin d’éviter toute transmission locale.
Le site de référence agirmoustique.fr, regroupe les informations utiles.