Cet été, le Conseil Constitutionnel a partiellement censuré la proposition de loi du sénateur altiligérien Laurent Duplomb portant sur des pratiques culturales controversées. Ce dernier est revenu à la charge en début de semaine avec un nouveau texte visant à autoriser l'utilisation de certains pesticides interdits en France. Partout dans l'Hexagone, des associations sont montés au créneau pour manifester contre cette loi "Duplomb 2". De plus, dans l'Assemblée nationale, se tiendra ce mercredi 11 février, un débat sans vote, à ce sujet.
Une nouvelle pétition publiée
Ont cosigné pour organiser cet événement : la confédération paysanne, Haute-Loire Biologique, Nature et Progrès, et France Nature environnement.
Renaud Daumas, maraicher et vice-président de la FNE, nous confie :
"On est content que ça se fasse ici au Puy parce que c'est symbolique. Parce qu'au départ il y avait des manifestations dans plusieurs grandes villes et vraiment on s'y est pris au dernier moment. L'info, elle est partie hier, et le fait qu'on soit déjà assez nombreux aujourd'hui ça reste important."
De gauche à droite : Renaud Daumas et Guillaume Charmasson
Photo par QUETAUD Pierre
L'événement a d'abord pris place devant la préfecture de la Haute-Loire à 13h30, puis les manifestants se sont déplacés jusqu'à la rue Vibert devant la permanence du sénateur. FNE 43 a notamment insisté sur le fait qu'une nouvelle pétition pour s'opposer à la loi Duplomb 2 a été publiée sur le site du Parlement.
Au cœur des revendications
"On le sort par la porte et il revient par la fenêtre." Guillaume Charmasson
Ce sujet s'inscrit donc dans un débat plus large touchant l'agriculture française. Concernant la loi Duplomb 2 en elle-même, premièrement, ce sont, évidemment, les enjeux sanitaires et environnementaux qui ressortent le plus. En outre, ce qui soulève aussi beaucoup de critiques, c'est le manque de considération que le sénateur altiligérien porte à la pétition, signée par 2,1 millions de personnes, s'opposant à cette proposition de loi. "On le sort par la porte et il revient par la fenêtre.", nous dit Guillaume Charmasson président de FNE de la Haute-Loire.
Ce que propose l'association, c'est que l'Etat réunisse, pour parler de ces sujets, non seulement les agriculteurs, mais aussi les associations de consommateurs, ou encore les environnementalistes. "Ce que souhaite Duplomb et la FNSEA, c'est que le sujet agricole ne soit traité que par les agriculteurs. Non, il y a trop d'enjeux" précise Renaud Daumas.
Une cause qui fédère
En effet, outre les diverses organisations à l'origine du projet, beaucoup d'agriculteurs, et de citoyens se sentant concernés par le sujet sont venus manifester. On retrouvait par exemple Jacques Marcon, chef cuisinier à Saint-Bonnet-le-Froid. Il avait déjà participé à la manifestation de décembre portant sur la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) et s'est exprimé à nouveau aujourd'hui :
"C'est important d'être présent parce qu'on essaie encore une fois de donner des solutions simplistes pour aider le monde agricole et ce n'est pas en agrandissant les élevages intensifs, en rajoutant ces pesticides qu'on va les aider. C'est plus en créant des filières courtes, en créant du lien avec les filières agricoles, le monde de la restauration, … "
Jacques Marcon tenant son discours
Photo par QUETAUD Pierre
Raphaël Feuillet, paysan et boulanger
Photo par QUETAUD Pierre