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Viande remballée à Langeac : sursis pour le directeur, le boucher et la charcutière

mar 25/02/2014 - 17:34 , Mise à jour le 26/11/2020 à 18:34

Mardi 28 janvier, quatre personnes étaient à la barre pour rendre des comptes sur l’affaire de la viande remballée du Super U de Langeac (lire). Une traçabilité trompeuse, des dates limite de consommation repoussées parfois jusqu’à quinze jours pour de la charcuterie, et un procès complexe de plus six heures pour déterminer les responsables de cette dangereuse fraude. Ce mardi 25 février, le verdict est tombé.

L’épilogue d’une affaire à remous
L’affaire avait suscité un premier émoi au moment où elle avait été révélée (lire), puis un second au moment où de nouveaux éléments prouvaient que la supercherie durait depuis plusieurs années (lire). Presque tous les matins, la viande invendue du Super U de Langeac était remballée et n’était jeté que ce qui avait un aspect visuel impropre. Les côtes de porc et d’agneau étaient extraites de leur emballage pour intégrer de nouvelles barquettes « familiales » ; les saucisses qui restaient en rayon étaient « cassées » et mêlées à la chair à saucisse fraîche pour en fabriquer de nouvelles. Le 28 janvier, l’un des enquêteurs de la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDSCPP) avaient fait part de son indignation dans cette affaire : « On est même allé jusqu'à retirer un produit moisi, c'est vraiment rare, je suis presque en fin de carrière et je crois bien que je n'avais jamais vu ça. Les risques pour la santé étaient importants et aucun professionnel de l’alimentaire ne peut prétendre ne pas connaître les règles. »

Philippe Boutreux hors de cause
Le propriétaire du Super U, Philippe Boutreux, et la société LANDIS dont il est le président ont été relaxés par le tribunal. Le directeur du supermarché a lui été condamné à neuf mois de prison avec sursis pour tromperie sur marchandise entrainant un danger pour la santé de l’homme, pratique commerciale trompeuse et emploi d’ustensiles malpropres pour la production de denrées animales. Il devra également verser un total de 2300 euros d’amende et ne pourra pas exercer une activité de direction pendant un an. Le chef boucher a lui aussi été condamné à neuf mois de prison avec sursis - pour les mêmes faits que cités précédemment et également pour tromperie sur la qualité substantielle d’une marchandise - et à 200 euros d’amende et trois ans d’interdiction d’exercice. Enfin, la chef du rayon charcuterie a été condamné à six mois de prison avec sursis et ne pourra pas exercer pendant un an. La société Langeac Distribution a également été reconnue coupable et devra verser 15 000 euros d’amende.

Les condamnés devront, « solidairement », verser 10 000 euros à l’UFC Que Choisir, partie civile dans ce procès.

A.L.

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