Troubles dépressifs : un outil unique en Haute-Loire

mer 15/07/2020 - 19:07 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:07

Le nom exact est "machine de stimulation magnétique transcranienne répétée" (rTMS). Sous cette appellation barbare se cache une technique de stimulation focalisée du cerveau. Elle est non invasive et ne nécessite donc pas d’incision ou autre geste chirurgical. Si elle apparaît comme une révolution tant par son procédé que par sa présence en Haute-Loire, cette technologie existe depuis 1985 comme dispositif de recherche sur le cerveau. Pour faire simple, son principe est d’induire un courant électrique de très faible intensité au niveau des neurones, permettant ainsi d'agir sur leur fonctionnement.

Réajuster l’activité physiologique
L’équipe médicale responsable de son application a été formée au Centre Hospitalier Le Vinatier à Lyon. "Précisément, le traitement par la rTMS consiste à générer un champ magnétique très localisé, qui va stimuler certaines populations neuronales du cortex cérébral, décrit Maxime Gaultier, chargé de communication de l’établissement hospitalier Sainte-Marie. Le but est de réajuster l’activité physiologique de ces zones cérébrales qui dysfonctionnent en raison d’un trouble psychiatrique, en l’occurrence les troubles dépressifs." Le principal avantage de la technologie est l’absence d’anesthésie générale et de douleurs. Aucune hospitalisation n’est nécessaire. Et pas ou peu d’effets indésirables, comme un inconfort auditif, seraient constatés.

Un Altiligérien sur cinq serait touché par la dépression
Le coût de la machine rTMS est de 67 558 euros. "En 2019, 7 393 patients ont été présents à l’Hôpital Sainte-Marie pour état dépressif, partage Maxime Gaultier. À l’échelle du département, on estime le chiffre de 45 000 personnes touchées par la dépression." Soit près de un Altiligérien sur cinq. Un chiffre effarant qui correspond à la moyenne nationale évaluée entre 15 et 20 % de la population française. "La technique de stimulation magnétique transcranienne répétée permet également le traitement des troubles schizophréniques, le traitement des acouphènes et celui des douleurs chroniques", ajoute Maxime Gaultier.

Un traitement taillé sur mesure
Concernant les séances, elles sont rythmées d’une à deux par jour selon la gravité de la dépression et de l’état général du patient. Selon l’Hôpital Sainte-Marie, entre 10 et 30 séances d’une durée de 30 à 45 minutes sont nécessaires pour atteindre les objectifs thérapeutiques. "Le patient est d’abord orienté en consultation médicale spécialisée auprès du médecin psychiatre rTMS, confie Maxime Gaultier. Puis il se coordonne avec l’équipe soignante spécialisée pour proposer une stratégie thérapeutique sur-mesure. Cette stratégie est ensuite présentée et expliquée à chaque patient. Il sera informé du déroulé du traitement, des effets attendus, de la planification des séances et de tout ce qui tourne autour de ce procédé".

Des clics et des tapotements sur le crâne
Techniquement, comment ça marche ? Le patient, après avoir retiré tous les objets métalliques en sa possession, est installé dans un fauteuil type relax, la tête immobilisée le temps de la séance. Une bobine de stimulation est appliquée sur le crâne sur des zones définies à l’avance. La stimulation s’effectue alors sous la forme de d’impulsions électro-magnétiques. Le patient entendra alors des sortes de « clics » et ressentira un tapotement sur le cuir chevelu. "À la fin de l’ensemble des séances, un traitement de consolidation et de maintien peut être proposé, nous apprend Maxime Gaultier. Selon les résultats obtenus avec la rTMS, il sera alors étalé sur une période allant de quelques semaines à quelques mois".

Nicolas Defay

> Les explications du Dr Ramona, médecin chef de la filière soins spécifiques au Centre Hospitalier Sainte-Marie :



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