S’ouvrir et découvrir : Quand l’animation investit le territoire

mer 28/12/2016 - 15:10 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:44

Au-delà de ses missions socioculturelles, les métiers de l’animation ont le vent en poupe, notamment du fait des besoins liés aux temps d’activité périscolaires (TAP), mais aussi du fait du vieillissement de la population et des attentes inhérentes à cette réalité démographique, en termes d’accompagnement au domicile ou en institution. Les animateurs viennent aussi pallier la désertification des zones rurales par les services publics. Dans l’esprit de l’éducation populaire, « l’éducation pour tous et par tous », on ouvre les structures sur leur territoire pour favoriser les rencontres et échanges, notamment intergénérationnels.

« Instaurer une relation de confiance »
Nous allons suivre les pojets d’animation élaborés par trois candidats au sésame des métiers de ce secteur, le Brevet professionnel jeunesse éducation populaire et sport (BPJEPS). Ces personnes suivent  cette formation au sein d’ECP développement (Brives-Charensac) (voir ici).
Élodie, 29 ans, a construit son projet au sein de Cyprès, le centre social Léo Lagrange de Craponne-sur-Arzon, en partenariat avec la commission cohésion sociale de la Communauté de communes du Pays de Craponne. Un projet baptisé «  Si loin, mais …Cyprès ».
« En collaboration avec une équipe de bénévoles, j’ai tout d’abord établi un cadre d’intervention auprès des personnes isolées, sur ce territoire », explique la jeune femme la jeune femme. Notamment la « signature d’une charte avec ces usagers, en vue d’instaurer une relation de confiance. »
Si la première visite est faite par Élodie, et si la personne en exprime les besoins, les suivantes seront bimestrielles et effectuées par des binômes de bénévoles. Ces derniers feront remonter observations et demandes de ces habitants tout heureux pour la plupart de cette sollicitation inespérée. Au total ce sont une trentaines de personnes qui bénéficient de ces visites.

Parmi les bénévoles, certains sont eux-mêmes bénéficiaires
« L’autre facette du projet incite les personnes à sortir de chez-elles », explique Élodie, puisqu’il s’est agi de « les inviter à venir réfléchir sur la mise en place d’ateliers mensuels. Et elles ont pu s’exprimer et partager leurs envies : jeux de société, chant, repas partagé, sortie, lecture, partage avec l’atelier tricot, l’atelier cuisine et autre atelier créatif. »
Et ce sont donc une succession de rencontres mensuelles, qui sont organisées, à l’occasion de ces ateliers. Une quinzaine de personnes sont fidèles à ces moments et les échanges de savoir-faire relèvent de l’éducation populaire, d’autant que des temps intergénérationnels ont également lieu lors de chaque vacances scolaires, avec les enfants du centre de loisirs ; parmi les bénévoles qui appuient ce dispositif, certains sont eux-mêmes bénéficiaires.

« Favoriser l’implication et la participation »
Julie, 32 ans, a construit son projet  «  Quand je serais grand », au centre social de Chadrac. Celle-ci a proposé aux parents de s'investir sur les TAP, afin de partager leurs savoir-faire, leurs passions ou leur métier. « L'objectif principal était de favoriser l'implication et la participation des familles en les accompagnant, ainsi que de favoriser l'esprit de découverte des enfants », explique Julie.
Ces derniers ont ainsi acquis des connaissances sur les champignons, la dentelle et la botanique. Et c'est sous forme de panneaux d'expositions réalisés par leurs soins, dans les locaux du centre social de Chadrac, que les enfants ont partagé leurs nouveaux savoirs, juste avant les vacances de Noël, durant un temps de valorisation de ce projet.

S’appuyer sur des intervenants extérieurs
Adil (33 ans) est en stage à la Maison Saint-Joseph, au Puy-en-Velay. C’est un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) accueillant surtout des religieuses. En échangeant avec ces personnes, il a vite repéré « la pertinence de réaliser un projet autour du chant chorale, une pratique majoritairement régulière chez ce public, mais seulement une fois par mois ». Un temps d’animation qui se veut et qui sera participatif.
Avec « À travers chant », le nom du projet, les rendez-vous que va proposer Adil prennent la forme d’ateliers de chant d’une heure et se déroulent tous les 15 jours. Il va s’appuyer sur des intervenants extérieurs bénévoles et professionnels qui accompagneront la plupart du temps la chorale avec un instrument de musique (guitare, synthé, piano, accordéon etc.). Un professeur de l’Atelier des arts (école de musique de la communauté d’agglomération du Puy-en-Velay) se déplacera même lors de certaines de ces séances.

Enregistrement d’un CD
Du répertoire de la chanson française, la liste des titres a été choisie par les résidents et triée selon leurs capacités. Quelques nouvelles chansons seront rajoutées, notamment à l’approche des fêtes de Noël. « Le but est de progresser ensemble tout en se faisant plaisir », explique Adil.
Pour couronner le tout, les participantes ont enregistré les chansons qu’elles ont répétées, dans un CD, voilà quelques jours. Une production qu’elles viennent de découvrir lors de la présentation finale du projet d’Adil.
Hormis les séances de répétition, le projet a été rythmé par différentes activités autour du chant et de plusieurs temps forts de parcours qui se sont déroulés à l ‘extérieur : Fête de la musique, semaine bleue, une rencontre inter-EHPAD avec les Chalmettes et une rencontre intergénérationnelle avec les enfants de l’école primaire du Rosaire. Le projet s’est terminé la semaine du 12 décembre 2016, avec un mini-concert final, proposé à l’occasion de la fête de Noël de saint-Joseph.
Trois projets, trois occasions de vérifier que l’animation est un ciment social, une passerelle entre des individus redevenus acteurs, mais aussi entre les générations, au sein d’une société qui ne demande qu’à se décloisonner.

J.J.

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