Rencontre avec une des petites mains des masques en tissu

jeu 09/04/2020 - 11:47 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:04

Le débat sur le port du masque s’amplifie dans de nombreux pays occidentaux. En France plus qu'ailleurs, le débat sur l’utilité du port de masque alternatif est encore d’actualité en cette 5ème semaine de confinement.
Surtout que la municipalité a lancé vendredi son opération de distribution gratuite de masques pour les Ponots, comme elle s'y était engagée avant même les annonces présidentielles et avant que la Région décide elle aussi de se lancer dans une distribution gratuite de masques pour chaque habitant.
Au Puy-en-Velay, au delà des débats, de nombreuses couturières bénévoles ont répondu à l'appel de la municipalité pour la fabrication de masques en tissu. Parmi elles, une couturière, qui vit à Brives-Charensac, a été l'une des premières personnes à avoir répondu à cet appel. Elle a souhaité rester anonyme car son geste se veut désintéressé. Nous l’appellerons Sylvie.
Réponse à un appel lu sur Zoomdici.fr
C’est en lisant l’appel sur Zoomdici (Notre article) que j’ai eu connaissance du projet. J’ai tout de suite envoyé un mail à l’adresse indiquée et alors tout est allé très vite. Une personne de la mairie m’a contactée puis m’a fait passer dans la foulée un modèle, des élastiques et du tissu pour environ une soixantaine de masques”, confie Sylvie, couturière professionnelle bénévole. Le modèle est simple, voire simpliste. Il est issu d’un tutoriel du CHU de Grenoble. "La qualité de la photocopie du patron n’était pas très bonne. Il a donc fallu refaire un patron mais le résultat est plutôt intéressant”.
----L’intérêt de ces masques en tissu, au-delà des polémiques, est qu’ils sont réutilisables. Il faut les laver à plus de 60°C. Le repassage avec un fer vapeur à plus de 100°C ne dispense pas du lavage selon l'AFNOR.-----Mais le débat dans les média a suscité le doute sur l'efficacité de ce modèle de masque
Le lendemain ou le surlendemain, le débat sur les masques alternatifs a commencé à envahir les journaux d’information et l'AFNOR (l'association recensant les normaes françaises) a déclaré que ce modèle de masque avec une couture centrale présentait un risque de fuite. “C’est vrai que ça m’a interrogé mais, en couturière professionnelle, j’ai regardé mieux ce qu’il en était et, en fait, avec la technique utilisée, la couture centrale est en fait l’endroit le plus épais et il y a peu de chance que l’air soit moins bien filtré. En plus, l’objectif ce n’est pas d’en faire des masques pour soignants mais bien des masques qui complètent les gestes barrières. Mais ça met le doute !
Sylvie a donc repris le travail pour le livrer au bout de trois jours seulement, prête pour une deuxième fournée mais la mairie lui a répondu qu’il n’y avait plus de tissu et qu’ils avaient été dépassés par le nombre de bénévoles.

60 masques c’est environ 30 heures de couture

Le travail n’est pas très compliqué mais la couture des trois épaisseurs avec un tissu quand même assez épais demande une bonne pratique et aussi une bonne machine. “Au début, il me fallait une demi-heure par masque et après on arrive à le terminer en 20 minutes. Des copines qui n’ont qu’une machine classique m’ont dit qu’elles avaient eu un peu de mal sur certaines coutures et un peu de casse”, nous dit Sylvie, qui a échangé avec d’autres bénévoles. Certaines ont en effet dû remplacer leur aiguille cassée.
Les masques vont servir à de nombreux usages et ont été distribués à partir du jeudi 9 avril

Plus de 6 000 masques en moins de dix jours
Les chiffres de l’opération ont de quoi étonner puisque plus de 6 000 masques ont été confectionnés par les couturières comme Sylvie en moins de 10 jours. Le bilan aurait pu sans doute être bien plus large encore sans la rupture de la chaîne d’approvisionnement qui a pourtant été conséquente avec plus de 1000 m² de tissu et 4 kms d’élastiques fournis par des entreprises textiles locales (chiffres mairie du Puy).

T.C.

Bec de canard ou trois plis
L’AFNOR a publié le 27 mars deux modèles de masque en tissu, dit masque barrière, de type « bac de canard » et « à trois plis ». Ils ont été téléchargés plus de 500 000 fois en France et à l’étranger jusqu’ici (au 15 avril).

> Télécharger les patrons de masques recommandés par l’AFNOR

Des dizaines de villes ont pris des initiatives pour organiser des productions de masques. Des collectifs solidaires de particuliers et d’artisans se sont également créés sur tout le territoire, pour confectionner et redistribuer leurs productions. A l’instar d’Interstyl à Malrevers ou D’Ennery à Saint-Germain Laprade, des entreprises ont aussi transformé leurs productions habituelles pour produire des masques à destination du grand public, face à une demande exponentielle et dans la perspective dessinée par le président de la République, pour accompagner la sortie du confinement à partir du 11 mai prochain a priori. Chaque personne est désormais appelée à se procurer un masque et à bien l’utiliser et ceci de manière durable. Ainsi, les pharmaciens de Haute-Loire indique la marche à suivre.

Approuvés par la Direction générale de l’Armement (DGA) comme aussi efficaces que les masques chirurgicaux
Les masques de l’entreprise Interstyl de Malrevers, conçus sur ce même modèle du CHU de Grenoble avec la couture le long du nez et de la bouche, ont été approuvés par la Direction générale de l’Armement (DGA) comme aussi efficaces que les masques chirurgicaux. 
« Cela signifie qu’ils ne protègent pas celui qui le porte d’une éventuelle contamination (contrairement aux FFP2) mais ils sont très efficaces pour limiter la propagation de l’épidémie en protégeant l’entourage du porteur », précise Caroline Perrazi, porte-parole des pharmaciens de la Haute-Loire.

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