Réforme du collège : les profs grévistes sont-ils représentatifs ?

mer 10/06/2015 - 18:10 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:34

Les syndicats d'enseignants se déchirent autour de la réforme du collège. Ce jeudi, quatre organisations syndicales de Haute-Loire appellent à se joindre à la nouvelle mobilisation nationale tandis que l'Unsa Education soutient le texte du gouvernement, il est vrai sans grand enthousiasme. Mais quels syndicats sont représentatifs ?
Parmi les quatre organisations syndicales de Haute-Loire qui appellent à une deuxième journée de grève ce jeudi après le 19 mai dernier, dénonçant dénoncent une ouverture de façade de la ministre de l'Education nationale Najat-Vallaud Belkacem, on trouve :
SNETAA-FO et SNFOLC : 47,2 % des voix (6 sièges) au Comité Technique Spécial Départemental de Haute-Loire en 2014 pour le 1er et le 2nd degré (de l'école maternelle au lycée).
SNES-FSU et SNEP-FSU : 18,8 % (2 sièges)
CGT Educ’action : 3,6 % (0 siège)
SUD-Éducation Solidaires : 3,1 % (0 siège)
Auquel on peut ajouter le SNALC également contre la réforme (3,3%) (0 siège).

A l'inverse, l'Unsa Education soutient la réforme. Pour ces enseignants, le texte n'est « ni parfait, ni révolutionnaire, mais juste indispensable » dans un collège qui, pour eux, n’est actuellement « ni unique, ni juste et encore moins efficace ». L'Unsa Education représente 20,5 % des voix (2 sièges) au Comité Technique Spécial Départemental de Haute-Loire en 2014.
Parmi les soutiens à la réforme également, la CFDT (3,3%) (0 siège), la CFTC et la CGC (non présents en Haute-Loire).

Si l'on fait les totaux, on trouve donc que les syndicats opposés à la réforme représentent 76,2 % des enseignants de Haute-Loire et ceux pour la réforme 23,8 %.
Mais ces chiffres de la représentativité des syndicats sont à relativiser étant donné le taux de participation au vote de 54,8 % en Haute-Loire en 2014.


Et les élèves ?
Voilà pour les syndicalistes. Et les élèves, eux, qu'en pensent-ils ? La majorité ne sait pas ce que contient la réforme. D'autant qu'ils ne seront, pour la plupart, plus au collège quand la réforme doit entrer en vigueur, à la rentrée 2016.
Parmi les mesures de la réforme, la suppression des classes bi-langues (deux langues dès la 6ème) qui ne concernent que 16 % des collégiens en France, afin que tous les élèves apprennent les langues plus tôt et non plus un petit nombre. Amel, Rheda, Saïd, Valentin, Moissy, Clément, Grégory, Era et Alan sont en 4ème au collège Jules Vallès du Puy-en-Velay. Auraient-ils aimé commencer leur première langue en CP et leur seconde langue en 5ème, comme le prévoit la réforme ?


> Tout savoir sur la réforme : le vrai / faux, les infographies...

La réforme du collège est parue au journal officiel dès le lendemain de la première manifestation, le 19 mai. Elle doit donc s'appliquer dès la rentrée 2016. Une provocation pour les professeurs en grève. Certains syndicats accusent d'ailleurs le ministère de l'Education nationale d'avoir largement minimisé, à dessein, les chiffres de la mobilisation. Alors qu'une cinquantaine d'enseignants avaient manifesté devant l'Inspection d'académie à Vals-près-Le-Puy, 27 % des profs de collèges auvergnats avaient fait grève selon le rectorat. Sensiblement le même chiffre qu'au plan national. Les syndicats, eux, annoncent plus de 50 % de grévistes.
On saura ce jeudi soir si le mouvement a pris de l'ampleur ou au contraire s'il s'est essoufflé après la deuxième journée de mobilisation. Au Puy-en-Velay, le rassemblement est prévu à 10h30 devant la préfecture.

Annabel Walker

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