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Par Annabel Walker mer 13/07/2022 - 17:00 , Mise à jour le 13/07/2022 à 17:00

C’est le nom du spectacle donné par près de 190 danseuses et danseurs de l’association Centre Danse pour célébrer l’eau. Son clapotis, sa rage, sa renaissance, mais aussi son absence en période de sécheresse. Un thème ô combien actuel.
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Centre Danse est une association loi 1901 à but non lucratif gérée par une équipe de bénévoles. Les cours sont assurés par Elsa Beraguas, titulaire d’un Diplôme d’État de professeur de danse, à l'exception des cours de Street Dance, assurés par Mathilde Allemand. 

Cela faisait deux ans que les danseuses et danseurs de l’association Centre Danse préparaient ce gala. En 2019, elles et ils ont été stoppés net par la crise sanitaire. Autant dire que leur professeure de danse a eu le temps de peaufiner ses chorégraphies, de repenser certaines musiques, de changer certains costumes… D’autant que pour Elsa Beraguas il s’agissait du 10e gala qu’elle mettait en scène avec Centre danse, un anniversaire symbolique qui faisait suite au 40e anniversaire de la création même de Centre Danse. Un événement passé totalement inaperçu puisqu’il avait lieu en 2020, en pleine crise Covid.

Les 24 et 25 juin derniers au Palais des spectacles de Vals près Le Puy, une élégante dame en imperméable rouge, talons hauts et parapluie a guidé le public tout au long du cycle de l’eau. L’eau, source de toute vie, de la colère des éléments au calme de la mer. 
Tout commence avant la tempête avec une danse des druides. Les nuages arrivent, portés par de petites danseuses et danseurs hauts comme trois pommes. Mais bientôt l’orage éclate. « Maman j’ai peur », entend-on alors que des enfants, tout de blanc vêtus, se blottissent contre leurs véritables mères respectives, elles-aussi danseuses au sein de l’association. Moment d’émotion dans la salle alors que le public reconnaît telle ou telle mère avec sa fille ou son fils : « Mais c’est Anaïs et Maé là-bas ! Et regarde, y a Camille avec sa petite ! » Même la professeure Elsa Beraguas dansait avec sa propre fille Elise. 

C'est la même eau qui circule sur Terre depuis plus de trois milliards d'année, sans cesse renouvelée

S’ensuit alors un déluge de chorégraphies consacrées à la pluie sur des bandes sons mythiques : « Singing in the rain » de Gene Kelly, « Toute la pluie » de Sacha Distel, « It’s raining men » des Weather girls. Après l’accalmie, les tout-petits reviennent pour jouer dans « La Gadoue » au son « so British » de Jane Birkin. D’autres petits danseurs espiègles bondissent sur la scène tels des grenouilles en joie. Un groupe de pré-ado s’installe pour un pique-nique au bord de l’eau… et s’en va en laissant lâchement ses déchets. De bons samaritains viennent alors avec leur poubelle jaune ramasser les cannettes et autres bouteilles d’eau. Ils assurent « Le SAV » que cherche toujours la chanteuse Suzane, attendue au festival des Nuits de Saint-Jacques ce jeudi 14 juillet. Le message de préservation des ressources planétaires se poursuit avec les danseuses d’afro jazz, balayées par le vent aride d’une sécheresse impitoyable.

Près de 190 élèves de Centre Danse ont célébré l'eau.
Près de 190 élèves de Centre Danse ont célébré l'eau. Photo par Clin d'oeil ponot Christophe Rablat

Pour clore ce spectacle poétique de 23 tableaux et 37 chorégraphies, l’ensemble des 190 élèves forment des vagues pour entonner « La Mer qu’on voit danser » de Charles Trenet. Un moment de communion renouvelé à chaque fin d’année.

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L'an prochain, le gala devra se dérouler au théâtre du Puy-en-Velay en raison des travaux au Palais des spectacles de Vals. Comme il ne peut accueillir que 450 spectateurs (contre 800 à Vals), trois spectacles seront donnés au lieu de deux en divisant les groupes.

 

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