Loire Semène : abattre des arbres "pour accroître la biodiversité"

mer 19/05/2021 - 11:06 , Mise à jour le 21/05/2021 à 17:38

Une pétition rassemblant plus de 31 000 signatures dénonce le projet d’abattage de résineux le long de la RD23, entre Saint-Didier-en-Velay et Saint-Victor Malescours, afin d'améliorer l'axe routier. Le Département, lui, expose les bienfaits environnementaux de cet aménagement sur six hectares.

Le Collectif Action Climat Haute Loire pour la Terre (Cachalot) lance une pétition contre l’abattage d’arbres autour de la départementale N°23. Mise en ligne le 11 mai, elle s’adresse au Conseil départemental pour s’opposer au déboisement prévu lors de travaux de l’axe routier.

Ce projet local d’amélioration de la route compte aménager le carrefour de la Garne, très accidentogène, et pour cela abattre un certain nombre d’arbres. Située entre Saint-Didier-en-Velay et Saint-Victor Malescours, la zone visée s’étend sur 25 mètres de part et d’autre de la route départementale. La pétition dénonce "le désastre écologique d’un tel abattage, menaçant la faune et la flore locales, et le manque de légitimité de ce déboisement". Elle affirme qu'une vingtaine d’hectares d'arbres sont concernés, chiffre que réfute le Département tout en détaillant les bienfaits environnementaux des modifications prévues. 

La pétition réunit plus de 31 340 signatures ce mercredi 19 mai, soit huit jours après la mise en ligne.

> Voir la pétition sur le site MesOpinions.

Nous avons sollicité le Conseil départemental, qui répond ainsi :

"Le bois de Bramard est majoritairement destiné à l’exploitation forestière. Les plantations sont donc vouées à l’abattage dans les années à venir. Le Département a pris en considération ces contraintes d’effet de lisière dans les indemnités envisagées lors des acquisitions foncières. De plus, le Département va créer une lisière de feuillus afin de protéger les arbres de plantation et de créer une zone plus propice à la flore et la faune qu’une forêt de plantation.

Le projet prévoit l’abattage d’un peu plus de 6 Hectares et non de 15 Hectares. Les surfaces impactées sont des espaces de forêt plantées destinées à l’exploitation. Le diagnostic écologique réalisé montre que la biodiversité est faible dans ces boisements de résineux. Le Département a fait réaliser une expertise afin d’identifier les enjeux environnementaux pour pouvoir les préserver.

La même procédure avait déjà été engagée pour réhabiliter une zone humide détruite et remblayée au fil des années lors des travaux de réaménagement du carrefour dit "La Garne" en collaboration avec la commune de Saint-Victor Malescours, le CPIE (Centre Permanent d'Initiatives pour l'Environnement, Ndlr), la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux, Ndlr), la DDT (Direction départementale des territoires, Ndlr), l'OFB (Office française de la biodiversité, Ndlr) et les associations environnementales locales.

De plus le projet n’est pas soumis à étude environnementale ni à la loi sur l’eau, ce qui démontre son impact raisonnable sur l’environnement. L’étude Crexeco montre que les différentes espèces qui ont été recensées ne sont pas présentes dans les zones impactées. En effet la densité des plantations est élevée, non diversifiée, donnant une luminosité faible peu propice à la diversité biologique.

Les amphibiens évoluent dans les zones humides. Les plantations de résineux ont gagné du terrain au détriment de ces zones humides, qui pourront être revitalisées après le déboisement envisagé. En effet, les résineux sont consommateurs d’eau et donc néfastes pour les zones humides. Un inventaire précis a donc été réalisé. Le projet en tient compte et prévoit de revitaliser les zones concernées en y apportant de la lumière et de la biodiversité pour laisser la nature reprendre le dessus, avec des landes et des petits fourrés arbustifs. Ces emprises ne seront pas fauchées volontairement pour laisser place aux richesses de la biodiversité.

La largeur de la chaussée restera identique. Seul des accotements de 1,5m seront créés de part et d’autre de la RD. De plus, les zones déboisées ne seront pas contraignantes en termes d’entretien et pourront aussi laisser place à une agriculture raisonnée après remise en pâture. Cette route départementale n’est actuellement pas adaptée à la pratique du vélo sur des bandes cyclables compte-tenu du trafic élevé. Les zones déboisées seraient donc idéales pour aménager à terme une voie verte ou un aménagement similaire en lien avec la communauté de communes.

Le coût de la viabilité hivernale sera réduit : moins d’intervention d’engins de déneigement, moins de salage, grâce à l’apport supplémentaire d’ensoleillement généré par l’abattage des arbres. Les aménagements réalisés vont donc améliorer la sécurité routière du tracé dépourvu actuellement de zones de récupération pour les usagers et bordé de fossés parfois profonds qualifiés d’obstacle pour les usagers. L’amélioration et la sécurisation du réseau routier est une priorité du Département."

 

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1 commentaire

je

mer 19/05/2021 - 18:07

L’argumentaire du Département est tout à fait fondé. Les plantations denses de résineux sont très néfastes pour l’environnement et ne favorisent pas la biodiversité. Il faut parfois mieux choisir ses combats.