Le Puy : la vitrine du barbier, brisée lors des manifestations, sera bien remboursée

mer 20/03/2019 - 17:46 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:56

Après avoir compris les préoccupations des Gilets jaunes, ce sont celles des commerçants et des artisans que Laurent Wauquiez, le président de la Région AURA, partage. Il a annoncé début janvier, lors de la cérémonie des voeux du Puy-en-Velay, qu’il allait débloquer un fonds régional de soutien aux commerçants afin d'éviter qu’ils "ne finissent pas au tapis", en référence aux deux derniers mois de l’année 2018 qui ont été particulièrement compliqués compte tenu du climat social.

Le plan de soutien, de 8 M€, est divisé en deux volets
* Le premier (2 M€) porte sur une aide directe pour le financement des travaux pour les locaux vandalisés. Ce volet d’accompagnement prévoit une aide d’un montant de 50% des travaux, plafonnés à 10 K€, pour les commerçants ayant subi une dégradation matérielle survenue un jour de manifestation. 
* Le deuxième (6M€) concerne un prêt à taux zéro pour les besoins de trésorerie et la caution de la Région. Ce volet d’accompagnement propose aux commerçants et TPE artisanales ayant subi une baisse du chiffre d’affaires (c'est le cas de plusieurs commerces du Puy) d’au moins 20% entre le 01 novembre 2018 et le 31 janvier 2019 par rapport à l’année précédente sur la même période, un prêt à taux zéro, plafonné à 10 K€, pour lequel la Région se portera caution. 

----Une baisse du CA inférieure à 20 % car "on a ouvert plus que d'habitude pour essayer de compenser"
Quant au deuxième volet du plan de soutien de la Région, il ne pourra pas en bénéficier car son activité a baissé, mais pas de de 20 %, par rapport à l'an dernier sur la même période. Pourquoi ? "On a ouvert plus que d'habitude", répond Fouad Sbaï, "et aussi entre midi et 14h et même jusqu'à 20h le soir pour compenser cette baisse de chiffre d'affaires, qu'on ressent bien le samedi mais qu'on a essayé d'amortir sur l'ensemble de la période".-----En Haute-Loire, loin du plafond, on risque de passer sous le plancher
Voilà pour l'annonce. Sauf que dans le détail, le premier volet du plan de soutien pouvait s'avérer moins efficace que de prime abord. Si le plafond est fixé à 10 000 € (correspondant à un maximum de 50 000 € de dépenses HT), il ne devrait pas concerner beaucoup de vitrines de Haute-Loire mais plus s'adresser à de grandes boutiques des grandes agglomérations de la région.
Pire, qui dit plafond dit plancher. Et l'aide régionale ne peut bénéficier au commerçant sinistré que si le montant des travaux restant à la charge de l'entreprise, après l'intervention des assurances, dépasse les 2 000 €. C'est l'info que lui avait donnée sa chambre consulaire dans un premier temps.

Peut-on facilement dépasser les 2 000 € pour une vitrine ?
On peut d'ailleurs s'interroger sur ce montant plancher car selon des professionnels du secteur que nous avons contacté, mais qui préfèrent rester anonyme, "il est dommage d'avoir un plancher à 2 000 € seulement. Pour atteindre une telle somme, il faut une très grande vitrine". Ce n'est pas le cas du commerçant ponot mais il a une particularité dans son sinistre car il faut changer tout le châssis.
Bien sûr, il est hasardeux de donner une fourchette tant les prix vont varier en fonction de l'épaisseur, de la superficie et de la qualité du verre. "Pour un verre feuilleté par exemple, ça peut très vite chiffrer", nous glisse-t-on.

Après déduction de l'assurance, il lui restait 1 400 € à débourser de sa poche
Concrètement, au Puy, en 18 actes, seulement deux commerces (et une banque, le CIC, mais qui ne rentre pas dans le dispositif régional) ont subi des dégradations : le Sofia Barber et L'Essentiel Boutique, rue Saint-Pierre. Le second n'a pas souhaité faire de demande auprès de la Région, les dégradations n'étant visiblement pas vraiment liées aux manifestations. Quant au premier, nous l'avions déjà rencontré début février et la facture qu'il présente s'élève à 2 300 €.
Il pensait donc bénéficier du dispositif de soutien mais son assurance le couvre à hauteur de 1 200 € (il a 300 € de franchise). Le reste à charge est donc de 1 400 €, qu'il pensait devoir débourser de sa poche s'il souhaite faire réparer sa vitrine.

Un préjudice évident pour son activité
"Je ne peux pas avancer l'argent", souffle Fouad Sbaï, gérant, "on est ouvert que depuis un an et j'ai d'abord les salaires (ndlr : deux employés) à assurer". 
Il ne sait pas encore quand il pourra entreprendre ces travaux mais en attendant, force est de constater que ça représente un certain préjudice pour son activité : "des clients peuvent croire que c'est fermé, c'est pas très accueillant et même à l'intérieur, on a beaucoup moins de lumière".

Happy end
Finalement, après de nombreux coups de fil auprès des services de la Région, Zoomdici a pu obtenir la confirmation que le barbier ponot sera bien remboursé. "La formulation n'était peut être pas bien claire" (le détail ici), reconnaît-on à la Région, "mais les chambres consulaires d'Auvergne Rhône-Alpes vont être contactées pour une mise au clair". Car pour bénéficier de la subvention, il faut justifier de dépenses dépassant les 2 000 €. Ce qui intervient après la déduction des assurances, c'est l'attribution de la subvention.
Concrètement, pour le commerçant vellave, le Conseil Régional va lui attribuer une subvention de 1150 € (50 % des 2 300 € de la facture), ce qui laissera, après le passage de l'assurance, "seulement" 250 € à compléter de sa poche (ainsi que les 300 € de franchise). "On intervient en complémentarité du privé", nous indiquent les services de la Région, "pour certains commerçants, on devrait arriver à une opération blanche".


Maxime Pitavy

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