Le lycée Jean Monnet s’engage à former de jeunes ambassadeurs européens

ven 25/01/2019 - 19:49 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:55

C’est l’occasion de créer un pont entre la Haute-Loire et le Parlement européen : le lycée professionnel Jean Monnet du Puy-en-Velay est désormais désigné « lycée ambassadeur » du Parlement. Il est le deuxième établissement à représenter l’Académie de Clermont-Ferrand auprès de cette institution. Ce jeudi 24 janvier 2019, le proviseur Constantin Kontaxakis a reçu, au restaurant d’application de l’établissement, deux déléguées ainsi que deux enseignants référents rattachés au Parlement européen pour faire un point sur les différents projets pédagogiques prévus à cet effet.
« Amener les élèves à réfléchir un peu différemment, sortir un peu du milieu ponot et s’imaginer se projeter ailleurs… »
Mais quel est donc le but de ce partenariat ? A première vue, et si on s’en tient à l’un des projets montés dans le hall d’accueil de ce lycée professionnel, il s’agit de donner aux élèves une ouverture sur l’Europe et surtout une meilleure connaissance de ce qui pourrait être, a posteriori, un espace de possibilités professionnelles. Connaître mieux le fonctionnement de l’Union européenne mais aussi les différentes langues et habitudes de vie des pays membres est un des objectifs de ce programme.
Une ouverture intellectuelle et culturelle…
C’est à travers la réalisation d’affiches de présentation des pays de l’Union, d’un mur d’expression ou de panneaux sur les grandes étapes de la construction européenne et le fonctionnement des instances, que les élèves seront amenés à « réfléchir » et « à comprendre mieux les choses », selon les mots du proviseur. Au total, dix projets sont en cours de réalisation avec tout d’abord la création d’un carnet sur la figure de Jean Monnet, personnage très peu connu des élèves et pourtant majeur en ce qui concerne la création de l’Europe.
… Mais aussi matérielle et professionnelle
Au regard des périodes de stage que doivent suivre les élèves, obligatoirement composées de 18 ou de 22 semaines selon les formations, le lycée Jean Monnet souhaite également donner la possibilité à ces premiers de partir à l’étranger. Constatant que « les élèves sont capables de faire un choix de formation parce qu’il est de proximité » et qu’ils n’ont parfois que très peu d’occasions de pratiquer sur le terrain les langues qu’ils apprennent au sein de l’établissement, le proviseur souhaite offrir la possibilité à ses apprentis d’effectuer les PFMP (Période de Formation en Milieu Professionnel) dans des pays de l’Union. La distance et les moyens ne doivent plus être un frein aux futurs commerciaux, restaurateurs et administrateurs altiligériens qui désirent s’ouvrir au continent.

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L’ignorance de la question européenne
Mais derrière la nécessité de respecter ce cahier des charges, comprenant la mise en place d’animations en rapport avec l’Europe, se trouve aussi la volonté d’offrir une véritable compréhension de cette institution majeure. Car Constantin Kontaxakis constate avec regret : « il y a ces élections qui arrivent et nos élèves ne savent rien, rien ». Le programme est donc destiné à créer du lien entre les jeunes citoyens altiligériens et le Parlement européen.
Initier les élèves à leur rôle de citoyen européen
Permettre à ces lycéens « de comprendre enfin pourquoi ils sont citoyens européens et en quoi ils peuvent aussi intervenir dans les élections » est, selon les dires d’une des déléguées, l’enjeu principal de cette démarche. Cette dernière encourage les primo-votants à s’approprier l’Europe en faisant de réels choix de vie à travers les représentants que les élèves majeurs iront élire le 26 mai prochain. Cet encouragement se traduit notamment par la possibilité, pour quelques centaines de lycéens des 28 pays membres, de participer au programme « Euroscola ». Celui-ci a pour objectif de mettre les élèves dans la peau d’un eurodéputé le temps d’une journée afin de participer à une simulation des travaux effectués au sein du Parlement européen et de mieux saisir son fonctionnement.
----Le 26 mai 2019, élections européennes
- Le France forme, cette année, une circonscription unique
- Le délai d'inscription aux listes électorales est allongé
- La démarche peut aussi se faire en ligne-----« Cette fois, je vote »
Les déléguées du Parlement, dont la campagne s’intitule « Cette fois, je vote », nous rappellent également que les décisions de cette institution agissent au quotidien sur les pays membres. Ainsi, « entre 50 et 80% des lois sont d’origine européenne ». De quoi encourager les Altiligériens à aller voter en mai prochain. Car même si la France peut ajuster, grâce à des structures nationales, certaines directives, la plupart d’entre elles sont directement transposées.
« L’Europe fait partie de notre quotidien »
Les acteurs de la rencontre qui s’est tenue ce jeudi tiennent à la prise de conscience des citoyens altiligériens. Le proviseur ne regrette pas seulement l’ignorance de ses élèves mais aussi celle de toute une collectivité. Faut-il rappeler, par exemple, que si les citoyens profitent d’appels téléphoniques à moindre coût, c’est grâce à l’Europe ? Ou que si certaines infrastructures voient le jour, c’est grâce à des fonds européens ?
Tous impliqués
Voici un exemple parmi tant d’autres car l’effet qu’ont les politiques européennes sur le quotidien des citoyens s’exprime dans des domaines divers et variés. Pour autre exemple, la volonté de simplifier les charges administratives de la politique agricole commune (PAC) provient de l’Union européenne. Pour un département où l’agriculture et l’élevage sont des activités omniprésentes, il est donc important de comprendre que ce sont aussi les élections européennes qui peuvent dicter l’orientation à prendre. Et pour cela, les citoyens de la collectivité doivent se mobiliser d'après la direction de l'établissement. L’avenir professionnel des plus jeunes, l’accès aux mobilités mais aussi des domaines comme celui de l’économie circulaire sont, en grande partie, entre les mains de cette institution. C’est donc aux votants de décider. Puisque, comme l’exprime les déléguées du Parlement : « on a besoin de représentants qui nous représentent en tant que citoyens et qui font des choix pour nous, citoyens ». Et en ces temps de tensions sociales et de contestations, ces propos pourraient bien rappeler la part de responsabilité à tout un chacun.

N.N.

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