Haute-Loire : ne pas sous-estimer la délinquance scolaire

mer 05/02/2014 - 19:48 , Mise à jour le 26/11/2020 à 17:49

Cette convention de coopération définit le rôle que doivent avoir les enseignants confrontés à des violences ou des délits au sein de leurs établissements. Que ce soit pour des comportements à risques ou des délits majeurs, ils sont invités à faire un signalement auprès du Conseil général qui gère la protection de l'enfance, ou auprès du Parquet, dès lors que la justice est susceptible d'être saisie... 

Une rencontre a été organisée fin janvier au Tribunal du Puy dans le cadre de la convention relative à la prévention et à la lutte contre la délinquance qui a été signée le 12 juillet 2013 entre l'Inspection Académique et l'autorité judiciaire.
Angélique Depetris, substitut du Procureur de la République chargée des affaires des mineurs, revient sur les objectifs de cette journée de rencontre. Ecouter. {{audio3}}

"Une pré-alerte vaut mieux qu'une situation qu'on laisse traîner"
Les enseignants sont invités à signaler les faits dont ils sont témoins au sein de leurs établissements, auprès du service de la protection de l'enfance du Conseil général, ou auprès de la justice si le cas est nécessaire. L'un des principaux dysfonctionnement repose dans l'absence d'alerte "une pré-alerte vaut mieux qu'une situation qu'on laisse traîner", nous a t-on expliqué lors de cette rencontre organisée au tribunal du Puy avec les chefs d'établissements et les enseignants, à l'initiative du Procureur de la République et de l'Inspecteur d'Académie. La convention a pour but de favoriser les échanges, dans le cadre de la prévention et la lutte contre la délinquance. La loi de refondation de l'Ecole prévoit la dynamisation du dialogue et des collaborations entre tous les partenaires associés à la réussite éducative des enfants scolarisés.

"La délinquance en milieu scolaire est assez largement sous-estimée et banalisée"
En Haute-Loire également, il y a chaque année des comportements d'élèves qui méritent un signalement. L'an dernier par exemple, 116 élèves ont fait l'objet de situations préoccupantes, il y a eu quatre signalements effectués auprès du Procureur, et trois mineurs ont été incarcérés pour des faits délictuels.
La substitut du Procureur de la République chargée des affaires des mineurs considère que la délinquance en milieu scolaire est assez largement sous-estimée et assez largement banalisée. Pourtant, elle assure qu'il s'agit d'un sujet très sensible et égrene les différents types de faits recensés en milieu scolaire en Haute-Loire. Ecouter. {{audio1}}

Cyber-harcèlement : partout, en tout temps, et bien au-delà des murs de l'école
Si la toile, via les réseaux sociaux, permet aux nouvelles générations de davantage échanger, elle peut aussi être le théâtre de dérapages allant jusqu'au harcèlement. Et la Haute-Loire n'est pas épargnée : en 2011, un élève ponot du lycée Saint-Jacques-de-Compostelle avait été victime d'un acharnement assimilable à du harcèlement (lire). La technologie décuple la portée que peut avoir l'agresseur en lui permettant d'intimider partout, en tout temps, et bien au-delà des murs de l'école. Souvent, les agresseurs n'ont pas vraiment conscience qu'ils sont en train de commettre une infraction. Un autre phénomène lié aux réseaux sociaux est le happy slapping, qui consiste à filmer une agression (préméditée) pour la retransmettre ensuite sur le web. Angélique Depetris nous offre son regard sur ce phénomène, qui n'épargne pas la Haute-Loire. Ecouter. {{audio2}}

----En cas d'urgence, de maltraitance physique grave ou de suspicion d'abus sexuels, les signalements sont effectués directement pas fax au Procureur de la République, et pour certaine décisions, il peut saisir le juge des enfants. Les chefs d'établissements sont ensuite informés des suites données à une affaire en particulier.-----Quand doit-on avertir la Justice ?
A travers la convention signée entre la Justice et l'Education Nationale, on privilégie une étroite collaboration entre le milieu enseignant, les services de la protection de l'enfance et l'autorité judiciaire. Celà permet de mieux traiter la délinquance en milieu scolaire. Il existe aussi un référent pour chaque école ou établissement scolaire du second degré, c'est un fonctionnaire de police ou un militaire de la gendarmerie qui endosse ce rôle.

La principale difficulté réside finalement dans la graduation des faits pour les acteurs du monde éducatif. Ceux-ci doivent donc apprécier, au regard de la gravité des faits, l’opportunité d’en informer les autorités judiciaires. Ils sont censés le faire pour des faits de bizutage, des violences physiques ou morales graves, des atteintes sexuelles, des menaces graves mais aussi le vol, le port ou transport d'armes prohibées, ou encore l'infraction à la législation  sur les stupéfiants…

Maxime Pitavy

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