Entre 2 et 6 ans requis par le procureur

lun 09/03/2020 - 20:15 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:03

Les trois prévenus présents durant l’audience sont passés les uns après les autres pour expliquer leur vie et les faits marquants de leur existence. Cette procédure avait pour objectif de découvrir la personnalité de chacun. Pour le détenu absent, le président Samlal Nizar a lu les rapports en sa possession le concernant. Les mentions de cocaïne, de pluri-stupéfiants et d’alcool s’enchaînent à la barre de la bouche des prévenus. « J’ai perdu mon père quand j’avais 6 ans et ma mère quand j’avais 2 ans », explique l’un deux. « Vous avez de la rage en vous alors ? demande le président, Vous en voulez à qui ? ». Le prévenu répond : « A personne car cette personne est morte ».

----Peines requises par le procureur
Le procureur Nicolas Rigot-Muller a requis quatre peines différentes en fonction du passé de chacun et de la gravité des faits : 2 ans de prison avec un an de sursis, 3 ans avec 18 mois de sursis, 3 ans d’emprisonnement avec un an de sursis. Pour la peine la plus lourde destinée à la personne détenue, il a été requis 6 ans d’emprisonnement avec un maintien en détention.-----Instabilité, chaos et stupéfiant
Si les âges (de 21 à 37 ans) et les profils diffèrent, les témoignages se ressemblent notamment pour trois d’entre eux. « Vous avez 12 mentions à votre casier judiciaire, souligne le président à l’un des prévenus. Violence avec usage d’une arme, outrage, amende, port d’une arme blanche... Comment expliquez-vous votre casier judiciaire ? » Une question à laquelle le prévenu répondra : « Avant j’étais un vrai bagarreur. Maintenant je me suis assagi. Et je ne consomme plus de drogue. »
Le détenu absent a été représenté par sa curatrice qui a pu décrire quelqu’un d’instable. « Il a fait plusieurs passages à l’hôpital Sainte-Marie et il peut avoir de gros accès de violence. Il a vraiment besoin de soins car il est atteint d’importants troubles du comportement. » D’après les éclaircissements de Samlal Nizar, le détenu a été orphelin de père à l’âge de 5 ans et abandonné par sa mère ensuite. Il a été pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance et a passé sa jeunesse de famille d’accueil en famille d’accueil.

Prouver l’absence de discernement
Concernant le détenu absent, Maître Soulier a demandé une contre expertise afin de démontrer que son client était atteint d’un trouble ayant non pas altéré son discernement le jour de l’incendie, comme l’avait analysé une première expertise, mais une abolition totale de discernement. « L’expert psychiatre a fait un diagnostique d’une pathologie qui se rapproche de la schizophrénie, relate Maitre Soulier. Je rappelle que le jour des faits, il s’est absenté de la préfecture. Il est allé acheter deux bouteilles de whisky et 12 bières qu’il a bues en une heure avec des amis. J’ai sollicité une nouvelle expertise pour démontrer qu’il y a abolition du discernement. Il n'était clairement pas dans son état normal ».

Nicolas Defay

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