Enfants juifs déportés : "ils avaient notre âge"

Par Opaline Martraix lun 31/05/2021 - 12:00 , Mise à jour le 31/05/2021 à 12:00

Dans une vidéo poignante, les CM2 de l'école Michelet du Puy font un parallèle entre les réfugiés d'aujourd'hui et les déportés de la Seconde Guerre mondiale, notamment les enfants de la rafle de la Maison d'Izieu. C'est ce lieu de mémoire qui leur a décerné la 1ère marche du podium pour leur travail.

Ce jeudi 27 mai, les élèves de CM2 de l'école Michelet du Puy ont été récompensés pour leur première place au Prix de la Maison d'Izieu. Un concours particulier qui met en lien Histoire et actualité.

Pour leur première participation au Prix de la Maison d’Izieu, les élèves de la classe de CM2 de l’école publique Michelet du Puy-en-Velay sont nommés premiers du concours dans la catégorie primaire. La remise des prix s’est effectuée en visioconférence ce jeudi 27 mai et gratifie ainsi le travail des élèves accompli depuis septembre dernier. Des diplômes individuels et collectifs, des lots et un chèque de 400€ récompensent l’ensemble des enfants de la classe et leur maîtresse, Yamina Bouton.

Une remise des prix à distance cette année. Photo par Opaline Martraix

Enseignante de la classe lauréate et directrice de l’école Michelet, Yamina Bouton met en avant l’importance de faire travailler les enfants sur ce type de projet, pour appliquer les enseignements scolaires et ainsi mieux les maîtriser.

« Nous avons voulu les faire participer à ce Prix de la Maison d’Izieu pour approfondir l’étude de la Seconde Guerre mondiale, qui est au programme en Histoire-Géographie et en Enseignement Moral et Civique (EMC). Cela reste un sujet pas toujours facile d’accès. », Yamina Bouton, enseignante et directrice à l’école Michelet du Puy.

Dédiée aux enfants juifs déportés, la Maison d’Izieu (dans l'Ain), organisatrice de ce concours, est un acteur direct dans la conservation de la mémoire du conflit de 39-45 et des crimes liés à la Shoah. Ce concours, qui célèbre sa deuxième édition cette année, a pour but de mettre en avant le lien historique connectant le passé au présent.

Il s’agit d’un mémorial des enfants juifs déportés et exterminés pendant la Seconde Guerre mondiale. Rendant hommage aux enfants victimes de la rafle d’Izieu d’avril 1944, ce mémorial retrace l’histoire de ce lieu accueillant des enfants juifs réfugiés venus de divers pays du monde entre 1943 et 1944. Ces enfants y trouvaient ainsi refuge, avant que Klaus Barbie, en charge des actions de la Gestapo depuis la ville de Lyon, n’ordonne leur déportation vers les camps. Toutes les informations sont à retrouver sur leur site.

Cette relation entre Histoire et actualité est au cœur de toutes les thématiques du Prix de la Maison d’Izieu et vise cette année à étudier « les enfants réfugiés de guerre d’hier et maintenant ». La multitude des disciplines sollicitées par les thèmes du concours permettent de mobiliser différentes compétences chez les élèves.

« C’est dur de travailler sur les enfants déportés », Antoine, 10 ans.

Pour participer à ce concours national, les élèves de Yamina Bouton ont conçu une capsule vidéo sur le thème imposé par la Maison d’Izieu et traité les sujets du déracinement social et de l’exil. La vidéo lauréate des élèves de l’école Michelet a été produite avec l’aide de parents d’élèves, notamment pour la mise en scène et le montage.

« Ça fait bizarre de travailler sur ces enfants juifs déportés car on se dit que nous aussi on aurait pu y passer mais qu’on a eu la chance de ne pas vivre ça », Célestine, 10 ans, élève de CM2

S’appuyant sur l’histoire de la rafle des enfants de la Maison d’Izieu, les élèves devaient mettre en avant le lien entre ces enfants juifs réfugiés et les enfants réfugiés de guerre actuels, fuyant les conflits dans leur pays. Pour Antoine, élève de la classe de CM2, c’est essentiel de conserver la mémoire de ces enfants de la Maison d’Izieu.

« C’est important de se rappeler d’eux car ils avaient notre âge et ça permet d’éviter de revivre ça », livre Antoine. 

La question des enfants réfugiés de guerre, encore d’actualité pour de nombreux pays du monde, touche directement l’école publique Michelet qui accueille elle aussi des enfants ayant quitter leur pays en guerre pour venir en France. « C’est essentiel d’aider les enfants réfugiés qui viennent en France car certains ne parlent pas Français, il faut les aider à s’intégrer », selon Antoine. Ce lien entre le conflit historique mondial et la situation internationale actuelle est le fil rouge des travaux des CM2 de l’école du Puy et favorise, pour Yamina Bouton, la formation des esprits des futurs citoyens.

 

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