Des collégiens ponots à la rencontre d'un ancien déporté

lun 02/05/2016 - 12:56 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:41

Ce vendredi 29 avril 2016, les élèves de 3ème du collège Lafayette et leurs professeurs ont reçu Joseph Nonnenmacher, aujourd'hui âgé de 92 ans, venu partager avec eux son expérience de la déportation.

Dire « non » au Reich hitlérien
Joseph Nonnenmacher est né en Alsace. Lors de l'invasion allemande en 1940, il s'enfuit avec sa famille en Limousin. En novembre 1943, il est arrêté par la Gestapo. Après plusieurs jours de prison, il est transféré au camp de transit de Compiègne. Là, il est convoqué par un SS qui, lui rappelant ses origines alsaciennes, l'enjoint d'accepter la nationalité allemande puisque l'Alsace est alors annexée au « grand Reich ». Joseph Nonnenmacher, refusant le déshonneur, affirme qu'il est Français et qu'il le restera. Cela lui vaudra 18 mois d'enfer dans les camps de Buchenwald et Dora.

----La cérémonie départementale du 71ème anniversaire de la victoire du 8 mai 1945 aura lieu ce dimanche 8 mai 2016, à 11h15, place de l'Hôtel de Ville au Puy-en-Velay.-----La mort opère son premier tri
Devant les élèves de 3ème, le témoignage de l'ancien déporté devient poignant : les wagons bondés dans lesquels la mort opère déjà son premier tri, l'arrivée au camp de Buchenwald sous l'inscription qui est elle-même une promesse de châtiment « Jedem das Seine » (« À chacun son dû »), les amoncellements de cadavres nus auxquels on finit par ne plus prêter attention, la faim, la soif, le travail, les appels interminables…

Exécutions sommaires
Le désormais matricule 38.730 est envoyé en 1945 dans le camp de Dora où il travaille dans les usines souterraines chargées de construire les V1, bombes volantes destinées à détruire les villes anglaises. Puis à l'approche des Alliés, il connaît les marches de la mort et leur cortège d'horreurs, d'exécutions sommaires...

Aucun regret
Les élèves ponots ont ainsi eu le privilège de rencontrer un témoin ayant su, à un moment donné de son existence, dire « non » à la barbarie, au péril de sa vie. A la question posée par un élève : « Et s'il fallait, dans le même contexte, à nouveau refuser de devenir Allemand, sachant ce qu'il vous est arrivé par la suite ? », Joseph Nommemacher répond sans ciller : « Je le referais sans hésiter ».

Le reportage bientôt sur TF1
Une équipe de TF1 était présente lors de ce témoignage ce vendredi au Puy. Cette belle leçon d'histoire, de civisme et d'humanité fera ainsi l'objet d'un reportage au journal télévisé de 13 heures de la Une, lors de l'une de ses éditions du mercredi 4, jeudi 5 ou vendredi 6 mai prochains.

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