Deux tracteurs de Haute-Loire dans la manif' d'agriculteurs à Paris

jeu 03/09/2015 - 14:48 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:36

Trois milliards d'eurs sur trois ans (voir ci-dessous*). C'est la somme débloquée, ce jeudi 3 septembre 2015, par le gouvernement pour les agriculteurs après la grande manifestation parisienne. Une centaine d'exploitants de Haute-Loire y ont participé. Si la FNSEA, principal syndicat agricole, est satisfait, les militants, eux, sont déçus. Ils réclament de vrais prix rémunérateurs pour leurs productions. Ce lundi 7 septembre, une nouvelle manifestation est prévue à Bruxelles à l'occasion d'un conseil des ministres de l'Union européenne.

Une journée de jeudi mouvementée
Plus de 100km de bouchons autour de Paris, le périphérique partiellement bloqué... La démonstration de force des agriculteurs, ce jeudi matin, a moins gêné la circulation que prévu. Ce midi, le ministre de l'agriculture, Stéphane Le Foll, se prépare à recevoir les représentants syndicaux.

Les Altiligériens présents
Désormais, les quelque 1 700 tracteurs venus de toute la France arrivent place de la Nation pour une rendez-vous fixé à 13 heures. Parmi eux, 30 tracteurs et 15 bus d'Auvergne dont une centaine d'adhérents de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs de Haute-Loire, avec quatre tracteurs de Brioude et de Saugues (voir photos ci-dessus prises par les agriculteurs et postées sur la page Facebook des JA 43).

Pour vivre de son travail
Après le plan d'urgence de 600 millions d'euros débloqués cet été, ils réclament des solutions pour obtenir des vrais prix rémunérateurs pour leurs produits.

A.W.

  • Les annonces du gouvernement *

A 14h30, le premier ministre Manuel Valls a fait une déclaration. Il a notamment annoncé le débloquage de trois milliards d'euros en trois ans pour investir dans l'agriculture. En voici le détail :

100 millions d'euros : c'est le montant des prises en charge des intérêts d’emprunt pour 2015.
C'est deux fois plus que ce qui avait été annoncé en juillet.

Dès cette année, la prise en charge des cotisations sociales sera triplée. Elle atteindra 50 millions d’euros grâce à un alignement de la cotisation minimum maladie sur le régime des indépendants. Cela se traduira par une baisse de près de 500 euros, dès cette année, pour les plus petites exploitations.
 
"Au-delà, un chantier sera ouvert pour que la fiscalité agricole prenne mieux en compte la volatilité des prix agricoles, et favorise l’installation des jeunes agriculteurs", a annoncé le Premier ministre.
 
Un report total des annuités de 2015 est proposé aux éleveurs grâce à un effort de l’État et des banques. Pour accompagner la restructuration de la dette des éleveurs, "une dotation supplémentaire viendra abonder le Fonds d’allègement des charges (FAC) en 2015 et 2016", a précisé le Premier ministre.

Le soutien à l’investissement sera porté à 350 millions d’euros par an, pendant trois ans, avec le concours de l’Union européenne et les régions. Au total, chaque année, un milliard d’euros va soutenir l’investissement dans les exploitations.
 
Un soutien qui va permettre de débloquer un milliard d'euros d'investissements chaque année dans les exploitations, soit trois milliards d’euros au total, pour améliorer leur performance, concilier performance économique et écologique notamment en misant sur les énergies renouvelables.
 
Parmi la modernisation des outils, le Premier ministre a mis en avant celle des outils d’abattage-découpe. Une filière pourvoyeuse de nombreux emplois. Les subventions sont augmentées en 2015 de 20 à 50 millions d’euros.
 
Des annonces supplémentaires seront faites, fin septembre, après la remise d’un rapport sur l’innovation en agriculture commandé par le Premier ministre.

Lors du prochain Conseil des ministres de l’Agriculture, le 7 septembre, Stéphane Le Foll plaidera avec détermination pour des mesures d’urgence et "à effets immédiats pour faire remonter les prix : relèvement du prix d’intervention du lait, action en faveur de l’exportation, assouplissement de l’embargo sanitaire russe", a expliqué Manuel Valls.
 
"Ne nous y trompons pas, la crise que nous vivons est européenne", a-t-il déclaré. Les négociations sur les accords de libre-échange doivent prendre en compte les intérêts agricoles de l’Europe, "promouvoir ses débouchés et éviter toute déstabilisation de ses marchés."

  • La réaction de Jean-Pierre Vigier

Député de la 2nde circonscription de Haute-Loire (apparenté Les républicains)

"Les dernières mesures annoncées par le Gouvernement afin de sauver notre agriculture, sont une fois de plus insuffisantes. Le taureau n’est pas pris par les cornes ! Et cela depuis le début ! Le Gouvernement adopte des mesures nécessaires mais il ne fait pas tout le nécessaire pour que nos exploitations agricoles retrouvent leur compétitivité. Que veut dire « maintenir la pression pour que les engagements de hausse de prix soient tenus » ? Les exemples de cet été nous montrent plutôt qu’il risque encore de s’agir d’un vœu pieux. Et la question décisive de la répartition des marges entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs, n’est toujours pas évoquée. Or nos agriculteurs doivent pouvoir vivre de leur travail. Enfin, la faible baisse des charges prévues par le Gouvernement ne redonnera qu’un peu d’air et non l’oxygène dont ont besoin nos agriculteurs."

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