Deux fois moins de clients chez les buralistes

lun 23/03/2020 - 12:46 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:04

Jeux, tabac, timbres… Le confinement ébranle les buralistes, engendrant des pertes considérables. "Nous pouvons nous estimer heureux car nous sommes ouverts", relativise Jérôme Raveyre, patron du bureau de tabac La Régence proche de la place Cadelade au Puy-en-Velay. "Les restaurants et tous les autres commerces où les regroupements sont interdits doivent vraiment s'inquiéter de la situation." Installée depuis le mois de juillet 2019, la Régence traverse cette tempête sans précédent en s'adaptant au flux amoindri des clients.

Chute des ventes d'environ 40%
D'habitude ouvert de 6 heures à 19h30, Jérôme Raveyre a sabré ses horaires pour coller au mieux aux nouvelles habitudes des gens et également pour se protéger lui-même. "J'enregistre environ deux fois moins de clients et accuse une baisse de 40% tous produits confondus, partage-t-il. Les jeux de tirage et de grattage sont en chute libre. Les achats d'impulsions, c'est-à-dire ceux que les gens n'avaient pas prévu en entrant dans le commerce, sont devenus inexistants. Pour le tabac, la baisse est moins importante mais tout de même bien présente. Juste avant l'annonce du confinement, les gens sont venus acheter en grande quantité pour anticiper les restrictions de déplacement." Pour résumer, Jérôme Raveyre indique de gros achats d'un coup mais beaucoup moins souvent.

La presse s'en sort
D'après les analyses de Jérôme Raveyre, les seuls produits qui s'en sortent sont les magazines et la presse quotidienne, affichant des résultants proches de la normale. Un constat partagé par un confrère d'un bureau de tabac à Brives-Charensac souhaitant rester anonyme : "Pour moi aussi, la presse fonctionne à peu près de la même façon qu'avant le confinement. Mais vu que nous sommes à présent ouverts seulement les matins, nous vendons beaucoup moins l'Eveil par rapport à La Tribune. Pour ce qui est des jeux, c'est 50% de moins qu'avant et 20% de moins pour le tabac".

Importante utilisation du Sans-contact
L'autre phénomène constaté par les deux professionnels sont les achats faits par le biais de la carte Sans-contact. "C'est environ 20% de plus, assure Jérôme Raveyre. Ceci afin de minimiser les échanges de monnaie. D'ailleurs, j'ai abaissé le plancher de paiement afin que les clients puissent acheter presque tout par ce mode de paiement." Une habitude qui n'est pas du goût du buraliste brivois. "Il faut savoir qu'à chaque achat avec le Sans-contact, nous payons une taxe qui varie entre 0.1 et 1 %. Je pense qu'il faut se protéger mais ne pas non plus aller jusqu'à la psychose profonde".

"Ils sont vraiment contents que je sois là, ouvert et disponible"
La moitié des clients viennent se fournir chez eux, équipés soit de masques, soit de gants, soit des deux. "Ma caisse me permet d'être à plus d'un mètre d'eux, précise Jérôme Raveyre. Je ne porte pas de masque ni de gants mais je me lave les mains très régulièrement avec de la solution hydroalcoolique. D'eux-mêmes, les clients attendent dehors lorsqu'une personne est à l'intérieur." Côté Brives-Charensac, le buraliste indique avoir tout vu. "Beaucoup entrent avec des masques faits maison, en tissu ou avec une matière indéfinie. Moi, je ne porte rien." Pour les deux patrons, les gens sont conscients de l'utilité de la mesure de confinement et apparaissent relativement sereins. "En tous cas, ce qui m'encourage tous les jours, c'est ce que me disent les clients, sourit Jérôme Raveyre. Ils sont vraiment contents que je sois là, ouvert et disponible. Et pour les personnes âgées qui n'ont pas d'imprimante, je leur photocopie des attestations de sortie. Environ une trentaine quotidiennement".

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