Dernière ligne droite avant l’application des 80km/h

mer 27/06/2018 - 18:35 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:53

Nous -- les personnes nées avant les années 1990 -- en aurons des choses à raconter à nos enfants et à nos petits-enfants. Nous avons connu les bars et les restaurants enfumés, les cassettes audio, les VHS et les magnétoscopes, nous avons découvert les premiers téléphones portables et l’arrivée d’un phénomène, Internet et le passage à l’euro. On aura tous chanté « Et un et deux et trois, zéro », certains se coiffaient au Pento. Nous leur raconterons aussi, comment ce dimanche 1er juillet 2018, nous avons dû réduire à 80km/h, non sans contestations préalables pour certains ; notre vitesse sur les routes nationales et départementales bidirectionnelles (à double sens) sans séparateur central (terre-plein, muret, glissière).
Une mesure difficile à expliquer
Objectif de la manœuvre : agir sur l’accidentalité sur les routes et réduire le nombre de morts chaque année, « 300 à 400 », espère Emmanuel Barbe. Face à son auditoire réuni à la préfecture de la Haute-Loire, ce mercredi 27 juin 2018, dans le cadre d’un comité interministériel, le délégué général à la sécurité routière s’est montré très pédagogue, explicitant son propos de multiples chiffres et statistiques. Un rien pompeux, mais il s'en explique : « C’est une mesure qui est difficile à expliquer parce qu’il faut un peu de temps, ce n’est pas du tout intuitif de comprendre pourquoi à 80km/h ça fera baisser le nombre de morts. Ce sont des effets statistiques qui ont été démontrés dans 500 endroits du monde occidental. A chaque fois qu’on réussit à faire baisser les vitesses moyennes sur un réseau, on fait baisser le nombre de morts et il n’y a pas d’exception. »


Une mesure pro ruralité ?
Certains, à l’instar du sénateur Laurent Duplomb (LR), pointaient du doigt cette nouvelle mesure dénonçant « une double peine pour la Haute-Loire ». Sans détour, Emmanuel Barbe, a mis fin au débat dans lequel on accuse l’État de vouloir créer une mesure anti ruralité. « Elle est pro ruralité parce que c’est dans la ruralité qu’on meurt le plus. Il ne faut pas oublier que si vous vivez dans une agglomération de plus de 100 000 habitants, votre risque de mourir sur les routes est un peu moins de trois fois inférieur à celui de l’habitant de la ruralité. C’est logique puisqu'à la campagne vous devez utiliser beaucoup plus votre véhicule, vous roulez sur des routes plus dangereuses et plus vite. Dans votre département, c’est pratiquement le double de morts par million d’habitants. »
Le temps et de l’argent
L’argument d’une augmentation du temps passé sur la route due à cette nouvelle règle se laisse entendre. Le délégué général n’en juge pas sa légitimité, mais passe très vite à la vitesse supérieure pour y répondre et le balayer : « Si on perdait beaucoup de temps, ce serait complètement justifié. Le fait est qu’on perd entre une et deux minutes. Excusez-moi, mais dans une journée, on perd constamment ce genre de temps sauf que ça ne produit pas de la sécurité. Quelqu’un qui roule 100 000 kilomètres par an va être un peu plus pénalisé par la mesure, mais l’immense majorité qui utilise ce réseau fait entre 30 et 40 kilomètres par jour, des sondages le démontrent, donc pour ceux-là la perte sera faible. »

Quant à la hausse du nombre de PV qui va très certainement découler de ce changement de limitation de vitesse maximale, Emmanuel Barbe ne peut la nier, mais là encore, il a réponse à tout : « S’il y a des amendes en plus, elles iront à un fond dédié à l’amélioration des hôpitaux qui soignent les accidentés de la route. »
Les avantages de rouler à 80km/h

Le Département aurait préféré se charger du dossier
Jean-Pierre Marcon, président du Conseil départemental de la Haute-Loire, a fait entendre son opinion sur la question des 80km/h. Il n’était pas opposé aux objectifs poursuivis par le gouvernement qui visent à réduire le nombre d’accidents sur les routes et par le fait des blessés et des décès mais...

Stéphanie Marin

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