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Chômage technique à Michelin Blavozy

jeu 03/10/2019 - 18:19 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:59

"On avait ressenti la baisse de la production, mais pas à ce point". C'est le premier constat d'Hervé Bancel de la CGT Michelin Blavozy au sortir du CSE (comité social et économique) qui s'est tenu ce jeudi matin.
Il faut dire qu'avec une chute de 54 % sur les trois derniers mois, le moral est en berne. "C'est énorme, on n'a jamais connu ça", ajoute-t-il.

>> Lire aussi : la réaction de la direction

Du chantage à l'emploi pour accepter des accords de compétitivité
Comme le groupe Michelin travaille énormément à l'exportation, les raisons de cette chute d'activité sont plutôt d'ordre macroéconomiques, entre Brexit, dumping social et Trumpisme. "Pour nous, avoir des salaires du Bangladesh, c'est hors de question", tempête Hervé Bancel, "on aurait dû anticiper cette compétitivité en baissant nos prix de pneus plutôt que les augmenter sans cesse", propose le cégétiste, alors que l'entreprise Michelin, rappelons-le, fait 1,7 milliards d'euros de bénéfices.
"L'entreprise n'est pas sur la sellette d'un point de vue financier mais aujourd'hui elle perd des marchés parce que le premium est cher", ajoute-t-il, lui qui dénonce également un chantage à l'emploi, avec les nombreuses fermetures d'usine, que ce soit en Allemagne (891 emplois) ou celles qui sont menacées comme à La Roche-sur-Yon par exemple. "On se sert de ce chantage à l'emploi pour leur imposer d'accepter des accords de compétitivité, et les salariés font des sacrifices mais à terme, leur site fermera quand même si la direction l'a décidé", juge-t-il.
----Une activité partielle, c'est 70 % du salaire de référence brut (hors prime, etc.).
-----"Les salariés vont encore être les grands perdants de ces choix purement financiers"
C'est ce qui ressort d'un courrier adressé aux personnalités politiques de la région. Selon le syndicat, la direction compte bien utiliser à son avantage la loi Travail pour aller encore plus loin, qui "par l'inversion de la hiérarchie des normes, va mettre en place des accords inférieurs au Code du travail". 
Outre l'arrêt d'une cinquantaine de contrats temporaires et des 600 salariés qui vont se retrouver en activité partielle dès le 2 novembre, pour une trentaine de jours jusqu'à janvier, il faut aussi noter le détachement d'une vingtaine de salariés sur d'autres sites de production, à Cholet ou à Bourges par exemple. Des contrats de six mois minimum mais sur la base du volontariat. 
Des inquiétudes particulières pour le site de Blavozy ? De nouvelles machines en cours d'acquisition ?
Hervé Bancel, êtes-vous inquiets particulièrement pour l'avenir du site de Blavozy ? Ce site est pourtant rentable avec des machines qui sont aujourd'hui amorties ?

(Cliquer sur "Listen in browser" pour une écoute sur smartphone ou tablette)

"L'activité partielle est payée par nos cotisations, mais après on va nous dire qu'il y a trop de charges en France..."
"Le CICE, c'est 330 Millions d'euros d'aides publiques sans contrepartie pour Michelin au cours des cinq dernières années", dénonce le délégué syndical, "l'État devrait imposer à Michelin de maintenir ses activités puisqu'elles sont pérennes et puisqu'elles font tant de bénéfices". 
----"C'est cette politique de marges et de profits pour satisfaire les actionnaires qui aujourd'hui comme hier détruit nos emplois, nos sites et nos familles", peut-on lire dans le courrier de la CGT.-----Et le secrétaire départemental de la CGT43 Pierre Marsein de conclure : "l'activité partielle, elle est payée par nos cotisations, mais après on va nous dire qu'il y a trop de charges en France... en tout cas Michelin fait de gros bénéfices et aurait les moyens d'indemniser les salariés en activité partielle".
Une trentaine de jours de fermeture
Le chômage technique va débuter le 2 novembre et l'établissement sera fermé les semaines 43, 44, 45, 51 et 52, ainsi que les vendredis 22 et 29 novembre, et les 6 et 13 décembre. Le site de Blavozy sera également fermé les samedis 16, 23 et 30 novembre ainsi que les 7 et 14 décembre sur les équipes du matin. Pour l'instant, on manque de visibilité sur janvier mais les salariés ne sont guère optimistes quant à une reprise d'activité sur les même volumes que les années précédentes.
Maxime Pitavy

- Photo d'archives @ DR Maxime Pitavy Zoomdifi.fr -

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