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Après que les enseignants aient partagé, mercredi 4 février, leur indignation sous les fenêtres de l'Inspection Académique, c'est au tour des brancardiers de l’hôpital public du Puy d'invectiver leur direction, ce jeudi 5 février. Les raisons de la colère ? Une masse d'effectifs insuffisante pour absorber l'augmentation de l'activité hospitalière.
Ce jeudi 5 février, l'équipe des brancardiers du Centre Hospitalier Emile-Roux (CHER) s'est déclarée en grève. Une action qui se perd dans les mémoires tant ces rouages indispensables restent discrets, sans faire de vagues. "Ils font partis des invisibles de l'hôpital", partage Amandine Rabeyrin, secrétaire départementale Santé Action Sociale CGT 43.
Elle ajoute en ce sens : "Quand on pense à l'hôpital, on pense naturellement aux soignants. Et pourtant, sans les brancardiers, la grosse machine hospitalière serait bien grippée. Sans eux, ce sont tous les services qui seraient impactés. Ils sont essentiels et incontournables".
Avant de déplorer alors : "Malgré tout, ils subissent des journées de travail insoutenables, avec des salaires indignes".
"Ça ne peut pas fonctionner ainsi"
D'après le syndicat majoritaire, l'activité de l'hôpital Emile-Roux augmente tous les ans d'environ 5%. De nouveaux scanners et IRM, une coronarographie tout neuve et, récemment, un flambant PET Scan (Détection des lésions tumorales, inflammatoires ou infectieuses sur l'ensemble de l'organisme) équipent le centre de soins, produisant ce surcroît d'activité. Un bilan, en soit, réjouissant.
Oui, mais..."À quoi ça sert d'avoir de tels outils s'il n'y a pas l'équipe pour les piloter ?, demande Amandine Rabeyrin. L'activité, certes, augmente, mais avec le même nombre de bras. Ça ne peut pas fonctionner ainsi".
L'hôpital Emile-Roux compte 22 brancardiers. Pour le syndicat, il faudrait, au moins, deux équivalents temps plein en plus pour compenser leur surcroît d'activité.
100% de grévistes
Toujours selon les révélations de la syndicaliste, les brancardiers sont confrontés à un écueil qui prend de l'ampleur, à savoir la baisse de la programmation des transports en interne. "D'autre part, ils ont souvent appelé pour assurer des tâches annexes, en sus de leurs missions".
Rajoutés à ça des salaires qui peinent à s'aligner sur le SMIC, il n'est pas étonnant d'assister à un taux de gréviste de 100% en ce jeudi 5 février.
"Les brancardiers sont rangés dans la catégorie C de la fonction publique hospitalière, précise Amandine Rabeyrin. Certains sont payés en dessous du revenu minimal obligatoire. Pour compenser cet écart, ils perçoivent des primes. Mais ces primes là restent des primes et ne comptent donc pas, par exemple, pour le calcul de leur retraite".
La situation budgétaire de l'hôpital en mauvaise santé ?
Les revendications ne sont pas des surprises. Ils souhaitent avant tout des créations de postes et le remplacement systématique de l'absentéisme, une meilleure programmation des transports et une amélioration en interne pour fluidifier la prise en charge des patients.
Mardi 3 février, la CGT et représentants du personnel ont rencontré la direction pour présenter les demandes des brancardiers. "Ils nous ont dit que la situation budgétaire de l'hôpital ne permettait pas de satisfaire les revendications exposées", s'indigne Amandine Rabeyrin".
Payer une société privée pour remplacer des grévistes
La militante a souligné aussi une attitude "déplorable" de la direction envers le mouvement de grève. "Nous dénonçons des pratiques qui s'apparentent à une atteinte au droit de grève puisque, en plus des assignations, une partie des grévistes a été remplacée par quatre ASH et un aide-soignant, ainsi que le recours à une société privée de transport !"
Elle termine alors par ces mots acérés : "C'est un scandale et cela risque de mettre en difficulté les services concernés !"
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