Cani-culture (Episode 1) : « Au dessus de 42°C, une poule meurt »

Par Macéo Cartal mar 02/08/2022 - 06:00 , Mise à jour le 02/08/2022 à 06:00

Dans cette série Cani-culture, nous allons à la rencontre des agriculteurs qui subissent de plein fouet la canicule et la sécheresse. Les fortes températures qui durent depuis plusieurs jours voire plusieurs semaines mettent notamment à mal la volaille, qui résiste mal à la chaleur. Jean-Pierre Suc, éleveur de poules à Beauzac, ne se veut pas rassurant.

Durant le mois de juillet, le mercure est monté haut, très haut en Haute-Loire. Il n’a pas été rare de voir dépasser les 40°C à certains endroits. Si pour la plupart des gens, cette chaleur est majoritairement de l’inconfort, elle peut être une question de vie ou de mort pour certains, et notamment les poules 

Un cercle vicieux

Voici 15 ans que Jean-Pierre Suc élève des poules pondeuses en Bio, et il est très inquiet. En effet, au-delà de 42°C, une poule meurt car elle n’a pas de glandes surrénales pour transpirer. Notre éleveur  se souvient d’un confrère en Lot-et-Garonne, qui a perdu 5 000 poules en 2008 alors que la température excédait les 43°C. « Le pire  c’est la persistance de la chaleur. On a déjà eu de fortes chaleurs, mais elles s’étalaient sur à peine deux semaines fin août. Si tout le mois d’août est encore plus chaud que juillet, je ne sais vraiment pas comment ça va faire », confie l’agriculteur. Et cette persistance a un réel impact sur la ponte des poules.

« Le pire  c’est la persistance de la chaleur », Jean-Pierre Suc, éleveur de poules pondeuses

En effet, plus une poule a chaud, moins elle mange, et donc, moins elle pond. Les œufs produits sont également plus petits. « Personnellement, j’ai une contrainte supplémentaire puisque je fais des gros œufs, et là j’en ai de moins en moins », ajoute Jean-Pierre Suc, qui subit inévitablement des pertes. Ce dernier enregistre des pertes allant de 5 à 10 %, uniquement dues à la chaleur, évidemment sans compter l’inflation et la hausse des prix (carburants, matières premières etc.).

Trop peu de solutions 

Malheureusement pour notre éleveur, les solutions ne tombent pas par dizaines. « Il n’y a pas grand-chose à faire si ce n’est bien ventiler et vaporiser la bouche pour qu’elles mangent plus », explique-t-il. De plus, le label Bio interdit de donner à manger aux poules la nuit, qui serait plus propice à l’appétit avec la fraîcheur.

« On ne sait pas ce que ça va faire, c’est la cata », Jean-Pierre Suc

Certaines infrastructures existent mais elles ont un coût. « Dans le sud, ils commencent à avoir des brumisateurs, explique Jean-Pierre Suc, moi je m’étais renseigné, j’avais tout calé, mais j’ai appris que l’aide de 40 % liée au au bien-être animal (NDLR : un brumisateur coûte environ 15 000 €) était suspendue jusqu’au mois de décembre ». Donc pour l’instant, notre éleveur utilise d’autres système comme un tuyau sur le toit de son exploitation qui verse de l’eau au compte-goutte, ou alors donner du bicarbonate de soude aux poules pour améliorer l’hydratation. Pour les perspectives, Jean-Pierre Suc conclut « On ne sait pas ce que ça va faire, c’est la cata ».

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