Au-delà du constat d'une fréquentation en recul, leurs réponses mettent en évidence des attentes à satisfaire. C’est à ces questions qu’ont tenté de répondre des étudiants en Bac+3 du CFA Espace Réussite de Brives-Charensac, dans le cadre d’un module d’étude de marché supervisé par Stéphanie Anthouard, enseignante en communication et marketing.
Menée en mars et avril 2026, l’enquête a recueilli 842 réponses, sur le terrain et en ligne. Une démarche qui s’inscrit dans la continuité du Livre blanc des commerçants, artisans et de la CCI, présenté aux candidats aux municipales. « On s’est dit pourquoi pas aller plus loin », explique Hacène Djerdi, président de l’Office de commerce et de l’artisanat du Puy-en-Velay.
Près de 70 % des consommateurs ne viennent plus en centre-ville
Premier enseignement : sur les 842 personnes interrogées, 567 répondants, soit plus de 67 %, déclarent ne plus venir ou venir rarement dans le centre-ville. Parmi eux, 60 % ont plus de 50 ans et 89 % utilisent la voiture. Leurs habitudes de consommation se sont déplacées vers d’autres lieux : 94 % fréquentent les zones commerciales, 75 % achètent en ligne et 62 % se rendent sur les marchés.
« Ce qu’ils vont chercher dans une zone commerciale, c’est la simplicité », analyse Stéphanie Anthouard. Une simplicité qui fait défaut au centre-ville, notamment en matière de stationnement. Cité par 70 % des répondants, il constitue le principal frein, devant les prix jugés trop élevés (plus de 50 %), puis l'inadéquation de l'offre commerciale, les difficultés d'accès et de circulation.
« Le stationnement revient tout le temps, c’est un sujet à travailler », souligne Hacène Djerdi, évoquant le stress lié à l'anticipation, au paiement et à la recherche d'une place. Le prix est également une question d'image : 55 % perçoivent l'offre du centre-ville comme trop chère. « Ils ont cette image qu'on vend des produits de qualité », observe-t-il. Au-delà du prix, c'est donc le rapport entre l'effort fourni et la valeur perçue qui serait en jeu.
Lors de la présentation de l'enquête aux commerçants
Photo par HU
Des consommateurs prêts à revenir
Pour autant, le lien avec le cœur de ville ponot ne semble pas être définitivement rompu pour beaucoup. L'enquête montre que 72 % des répondants déclarent qu'ils reviendraient deux à trois fois si des mesures étaient prises. 40 % pourraient même revenir une fois par semaine.
Les attentes sont claires : du stationnement gratuit, des parkings plus simples et mieux indiqués, mais aussi davantage de commerces utiles.
Parmi les pistes avancées figurent l'expérimentation d'une heure de stationnement offerte ou encore une meilleure signalétique. Hacène Djerdi déplore également le manque d'une enseigne « locomotive » en centre-ville, qui permettrait d'asseoir une dynamique.
« On nous avait promis un mandat pour le commerce »
Parmi les autres leviers évoqués : fiabiliser les horaires, notamment entre 12h et 14h, identifier les commerces manquants, favoriser les occupations temporaires des cellules vacantes et construire une véritable identité commune autour d'une marque de centre-ville et d'un agenda partagé.
Dans cette optique, la création de l'association Le Puy Avenir Commerçants & Artisans doit permettre d'avancer. « On veut se professionnaliser, mettre une stratégie en place et que les élus aient un interlocuteur unique », indique Hacène Djerdi.
La présentation des résultats de l'enquête a donné lieu à des échanges constructifs entre les commerçants présents et des élus de la Ville. En introduction, Hacène Djerdi avait lancé : « On nous avait promis un mandat pour le commerce, on le veut. »
Des commerçants et des élus y ont assisté
Photo par HU