Le mois de juin 2026 a été le mois de juin le plus chaud jamais enregistré en France. Et la Haute-Loire n'a pas été épargnée. Les températures ont plusieurs fois flirté avec les 40 °C dans le Brivadois et les Gorges de l'Allier, avec des nuits parfois plus chaudes qu'à l'accoutumée. Des conditions qui mettent les animaux d'élevage à rude épreuve.
Les pratiques évoluent avec le climat
Sur son exploitation, à Blanzac, Anthony Fayolle élève près de 200 bovins destinés à la production de viande. Également secrétaire général de la Chambre d'agriculture de Haute-Loire, il observe une évolution des pratiques devenue indispensable pour garantir le confort et la santé des animaux.
Contrairement aux idées reçues, les animaux d'élevage, comme les bovins, souffrent eux aussi de la chaleur.
« Jusqu'à 20-25 degrés, ça va. Au-delà, ils sont comme nous, un peu en mode dégradé. Moins d'activité, moins d'appétit et forcément, derrière, moins de production », Anthony Fayolle.
Pour les élevages laitiers, les effets sont particulièrement visibles. « Quand la température augmente, les bêtes mangent moins et la production de lait diminue un peu. » En élevage allaitant, destiné à la viande, les conséquences sont plus discrètes, mais bien réelles. « On ne regarde pas le poids des animaux tous les jours, mais on le voit par rapport à la consommation et à l'activité. »
« Ce qui est le plus dur, ce sont les périodes où les températures ne baissent pas la nuit. »
L'éleveur souligne l'importance du rafraîchissement nocturne : « Quand il fait chaud l'après-midi, mais que les températures redescendent la nuit, ça reste plus supportable. Ce qui est le plus dur, ce sont les périodes où les températures ne baissent pas la nuit. »
L'ombre et l'eau, priorités absolues
En cette saison, les bovins passent la majeure partie de leur temps au pâturage. Pour limiter le stress thermique, chaque détail compte. « On essaye de privilégier des pâtures avec un peu d'ombre et d'air pour qu'ils gagnent en confort », explique Anthony Fayolle.
L'accès à l'eau constitue une priorité absolue. « Forcément, la consommation d'eau augmente. » Pour éviter de devoir transporter de l'eau quotidiennement, l'exploitation s'est progressivement adaptée. « Ça fait plusieurs années qu'on travaille à avoir de l'eau sur les parcelles. On récupère l'eau par forage, par des ruisseaux ou via les réseaux d'eau, on raccorde les parcelles aux conduites publiques. Ça évite de traîner de l'eau toute l'année, surtout sur des périodes comme ça. »
Les fortes chaleurs imposent également une vigilance accrue. Les jeunes veaux font notamment l'objet d'une attention particulière. « Ça demande de la surveillance, notamment sur les veaux les plus jeunes, pour éviter les coups de chaud », souligne l'éleveur.
« On est prêts »
Face à la répétition des épisodes de chaleur, Anthony Fayolle a une réponse simple : « On est prêts »
La Chambre d'agriculture de Haute-Loire accompagne cette évolution. « On a des techniciens et des conseillers qui accompagnent les agriculteurs toute l'année. Il y a des conseils d'urgence, mais aussi une réflexion de long terme sur le pâturage ou l'accès à l'eau. »
Le secrétaire général de la Chambre d'agriculture tient à relativiser. « On reste dans des zones de moyenne montagne. C'est un tout autre niveau de contrainte chez les éleveurs de plaine, dans le Nord ou le centre de la France. Dès qu'on monte au-dessus de 600 ou 700 mètres d'altitude, ça fait vite la différence », conclut-il.