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Un projet urbain qui divise et des mots qui crispent

Par nadia , Mise à jour le 28/04/2026 à 17:00

Présenté comme une opération majeure du mandat, le projet de réhabilitation du quartier Jean-Solvain a suscité de vifs échanges lors du conseil municipal du 23 avril. Entre ambitions urbaines et débat sur la mixité sociale, les positions restent tranchées.

Dès l’ouverture de séance, le ton est monté autour du devenir du quartier Jean-Solvain – République. Au cœur des discussions : un projet de renouvellement urbain attendu de longue date, mais aussi des divergences profondes sur sa vocation sociale. Entre volonté d’attractivité et accusations de gentrification, la délibération a rapidement pris une tournure politique.

Porté par la majorité, ce programme prévoit la reconversion des anciennes friches Opel, Toyota et Montchamp. À la clé : une cinquantaine de logements dits « de standing », mêlant accession à la propriété et résidence seniors, ainsi qu’un espace commercial encore à définir. Un espace vert et des stationnements viendront compléter l’ensemble. Le chantier, engagé depuis des acquisitions foncières en 2016, devrait démarrer en 2027 pour une livraison progressive à partir de 2029.

Un projet pensé pour « désenclaver » le quartier

Pour le maire Michel Chapuis, l’ambition est d’ouvrir et revaloriser ce secteur en le reconnectant au reste de la ville : « du pôle intermodal au centre-ville ». Le projet mise sur un cadre paysager, la mise en valeur du Dolaizon et la conservation partielle du patrimoine existant. Une seule friche sera ainsi préservée pour son intérêt architectural, tandis que l’autre sera démolie pour permettre la construction.

« C’est un quartier global, à l’image de ce qui a été fait au quartier du Pensio, qui comprend l’avenue de la République, mais ça va jusqu’à la rue Jean-Solvain, tout le long du Dolaizon. », Michel Chapuis

Un seul opérateur s’est positionné sur ce dossier : le promoteur ligérien Neoprom, associé à une agence d’urbanisme stéphanoise. L’opération, annoncée comme s’étalant sur plus de dix ans, est présentée comme structurante pour l’attractivité du centre-ville.

La question sensible de la mixité sociale

« Qu’est-ce que la mixité sociale ? », (s')interroge le maire

Les échanges ont notamment porté sur la question de la mixité sociale. L’élue Naziha Bouachmir (Le Puy-en-Velay Populaire) a pointé « le manque de la mention de mixité sociale » et interrogé « la place faite aux personnes un peu plus modestes », évoquant un risque de « gentrification ». L’élue a également regretté l’absence de logements sociaux, dénonçant « de la spéculation immobilière » et des logements « non destinés à la location, seulement à la propriété ».

Malgré des éléments jugés positifs, comme « un espace vert ouvert » par l’élu Laurent Johanny (Le Puy en Commun) ou la résidence senior portée par l’OPAC, les oppositions ont estimé que « les données sur la mixité sociale ne sont pas suffisantes » et ont annoncé voter contre.

Des propos du maire qui attisent les tensions

En réponse aux critiques, Michel Chapuis a défendu un projet conforme aux obligations légales en matière de logement social, rappelant que la ville dépasse « largement » les seuils requis. Il assume également une ligne politique visant à diversifier l’offre immobilière et favoriser l’accession à la propriété.

« On ne va pas peupler la ville de cas sociaux en permanence. On fait suffisamment », a-t-il lancé, ajoutant que « la ville du Puy ne peut pas accueillir toute la misère du monde ».

Des propos vivement contestés dans les oppositions : « On se passerait de commentaires comme vous venez de le faire », a réagi Laurent Johanny, dénonçant « l’assimilation logement social = cas sociaux ». Même réaction du côté de Naziha Bouachmir. L’échange s’est conclu sur un constat de désaccord persistant, le maire balayant la controverse : « Ce sont des convictions personnelles […] ça ne sert à rien de discuter. »

Michel Chapuis a par ailleurs tenu à préciser sa pensée en rappelant qu’il n’y a pas que des gens en demande de logements sociaux, il y a aussi des gens qui ont besoin de résidence principale et qui veulent revenir dans le centre-ville du Puy. « On essaie de satisfaire tout le monde, y compris de permettre aux gens d’accéder à la propriété ou aux seniors de se rapprocher du centre-ville ».

Puis de conclure en élargissant aux communes voisines : « Les autres communes doivent prendre leur part ».

 

 

 

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