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Quand le sport devient moteur de vie

Par Fanny_Gimenez , Mise à jour le 25/03/2026 à 06:00

Vice-champion d’Europe et multiple champion de France en parabadminton, François Nalborczyk ne recule devant aucun défi. Mais derrière ses performances se cache un parcours marqué par un accident qui a bouleversé sa vie. Plutôt que de se laisser arrêter, il a choisi de se reconstruire, une raquette à la main, toujours prêt à relever de nouveaux défis et à inspirer.

Avec franchise et humour, François aborde des sujets très sérieux sans jamais perdre de son sourire. Il partage ses doutes, ses interrogations et son combat, mêlant souvenirs poignants et anecdotes cocasses.

Un instant qui change tout

François travaille à Thonon-les-Bains lorsqu'il est victime d’une chute dans une usine de blanchisserie.

Accroché au rail sous 40 degrés, il tombe de près de 6 mètres de hauteur quand l’échelle se dérobe. Son collègue a juste le temps de déposer des sacs de linge sale pour amortir sa chute. « Je tombe droit sur mes pieds comme un chat », explique François avant d’ajouter « mais je ne suis pas un chat. » Le diagnostic est sévère : la première lombaire a " explosé" et la moelle épinière est touchée, ainsi qu'une lésion médullaire au niveau de la troisième lombaire.

« Je suis un paraplégique incomplet », explique François. Les quadriceps fonctionnent mais en-dessous de la rotule la sensibilité diminue jusqu’à ne plus rien sentir. Il ne manque pas d’ajouter « Je peux me brûler, on peut me rouler dessus, je n’aurai jamais mal » avant d'ajouter avec légèreté «J'aurais pu devenir fakir. »

L'humour n'est pas le seul « superpouvoir » de François,  il est un exemple de détermination. Compétiteur et sportif,  le sport l'a aidé à affronter cette épreuve, pour aujourd'hui, parvenir à exceller en parabadminton.

En plein match
En plein match Photo par DR

La reconstruction par le sport

Avant son accident, François était un incorrigible sportif, il pratiquait la randonnée, le football, le handball, il s’est essayé à l’escrime ainsi qu'au badminton. Jamais rassasié et curieux, la passion du sport et le dépassement de soi le porte. Après trois semaines d’hospitalisation et une prothèse en titane à la place de la L1, il est temps de commencer la rééducation, il intègre alors un centre à Saint-Hilaire-du-Touvet, non loin de Grenoble.

Reconnaissant, encore aujourd’hui, du « travail fantastique » des soignants tant sur le côté physique que psychologique, il apprivoise ce nouveau corps, jusqu’au jour où sa kinésithérapeute, badiste de surcroît, lui propose de reprendre la raquette et le volant mais cette fois-ci en fauteuil.

« C'était une super porte pour renaître. » François

Pour François, l’engagement dans le sport, ce n'est pas une contrainte, cet esprit compétiteur va lui permettre d’avancer et de « renaître » comme il aime à le dire.

Trio de médailles à l'open de Pologne en 2023
Trio de médailles à l'open de Pologne en 2023 Photo par DR

Globetrotter en parabadminton

Confronté à un travail qui n'est pas adapté à sa condition, il a le sentiment qu’on lui « met des bâtons dans les roues », confie-t-il avec un sourire malin. Il démissionne alors pour « profiter un petit peu de mon temps libre », explique-t-il. Loin de vouloir se prélasser, il entame une nouvelle aventure qui va le mener au-delà des frontières du pays, il se consacre intensivement au badminton, en participant à de nombreux tournois à travers le monde.

Durant une année, il intègre l’équipe de France de parabadminton, ce qui lui permet de représenter la France dans plusieurs compétitions internationales, notamment en Allemagne, en Angleterre et à Pékin, en Chine. Après une saison, l’aventure avec la fédération française de badminton s’arrête, mais François n’en reste pas là et continue à participer aux tournois internationaux : Norvège, Ecosse, Pologne, ...

De ses voyages, il ramène avec lui des médailles, comme celle d’argent remportée au championnat d'Europe à Murcia (Espagne) en 2014, dans sa catégorie de handicap, mais aussi des souvenirs immuables.

« J'ai été 5 fois champion de France et une fois vice-champion d'Europe à Murcia, en Espagne. » François.

Le handicap à l’épreuve

« Dès que j'ai arrêté de bosser à la blanchisserie, j'ai pris ma voiture et puis je suis parti en Pologne » raconte-t-il, en évoquant ce besoin de partir et retrouver des amis restés sur place. Aujourd'hui, avec son camion aménagé, il est autonome et sillonne les routes. En septembre, il est parti seul au Portugal, il a contacté un club local « pour aller taper des volants », dit-il.

«  J'associe le plaisir du tourisme et du sport en même temps. »

Dans chacun de ces voyages, ce n'est pas seulement le sport qui le pousse à prendre la route, c'est la découverte et la curiosité. Même confronté à des situations inconfortables, cela ne l'arrête pas, «  J'associe le plaisir du tourisme et du sport en même temps » confie-t-il.

Il se souvient de son voyage à Bangkok  « c'est une horreur l'accessibilité dans ce pays » avoue-t-il avant de raconter « j'étais sur un trottoir en plein centre de Bangkok, un trottoir de 30 cm de haut. Je fais quelques hectomètres et puis d'un seul coup, un arbre au milieu du trottoir, j'étais obligé de revenir en arrière, de redescendre du trottoir et de prendre la route. » Situation cocasse, qui reste cependant un « bon souvenir malgré tout. »

Sport un jour, sport toujours

Le badminton tient toujours une place importante dans sa vie, il continue de s’entraîner au Badminton Club de l’Emblavez (BCE43) à Lavoûte-sur-Loire avec des "valides". Cependant le rythme est moins soutenu qu'auparavant, « j'avais des entraînements pratiquement tous les soirs » explique-t-il, l’effort répété a fini par peser sur ses épaules.

Depuis peu, il fait quelque infidélité au parabadminton où il remplace le volant par un ballon de basket. Le Puy, connu pour son équipe de handi-basket, l’a séduit et une fois par semaine, il participe aux entraînements « je n’ai marqué qu’un seul panier », confie-t-il en souriant. En fauteuil, l’exercice est exigeant, tout repose sur la force des bras, avec un panier tout aussi haut. Mais fidèle à son état d’esprit, François reste persévérant.

Aujourd'hui François continue d'explorer, de jouer et d'inspirer, prouvant que même les épreuves les plus difficiles peuvent mener aux plus belles victoires.

 

Se reconstruire grâce au sport
Se reconstruire grâce au sport Photo par DR

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