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Histoires de coupe : Roland Vieira et le fantôme de Javier Saviola

ven 05/01/2018 - 17:53 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:50

La coupe de France de football a toujours une saveur particulière pour tous les amoureux du balloon rond. Elle est parfois le théâtre d'exploits inoubliables et elle permet surtout de confronter les clubs amateurs aux clubs professionnels. Tout footballeur en herbe rêve un jour d'avoir la chance de tutoyer les stars qu'il regarde à la télé.
Au Puy foot, les joueurs sont sont "seulement" en National 2 mais pour la plupart, ils ont flirté une grande partie de leur carrière avec le monde professionnel. Les hommes de Roland Vieira préparent leur 32ème de finale de coupe de France, qui se déroulera le samedi 6 janvier à Colomiers, pensionnaire de National 2 également.

La série se poursuit avec Roland Vieira, buteur face à Monaco
Après Loïc Dufau éliminé en demi-finale par l'OL de Gomis et Lloris, puis Jerry Vandam, le Chti qui a soulevé le trophée avec Lille, et l'épopée azuréenne de Jérémie Clément, c'est à Ouseman Diaby, buteur au Vélodrome avec Bourg-Péronnas que nous avons consacré un article. 
La série s'est poursuivi avec Benjamin Psaume, un joueur qui a connu le revers de la médaille : licencié du Toulouse Football club (TFC), pensionnaire de Ligue 1, il a été éliminé par La Duchère, club de CFA. Aujourd'hui, dernier volet de la série avec Roland Vieira, le coach ponot, buteur en 16èmes face à Monaco avec Libourne en 2005. 

"Il y avait un engouement différent avec ce visage qu'offre la coupe de France"
"Libourne, c'est une vraie terre de football et en recevant Monaco, on avait proposé une vraie fête du foot, avec plus de 8 000 spectateurs dans le stade", débute le coach ponot, "pour moi, ça reste de superbes souvenirs car en plus je découvrais un peu le monde amateur (ndlr : formé à l'Olympique Lyonnais, il a ensuite évolué à Angers, en Ligue 2, avant de rejoindre Libourne, en National). Il y avait un engouement différent avec ce visage qu'offre la coupe de France, lorsque l'on est du côté des petits et qu'on affronte des pros. C'est une situation plus confortable car dans l'autre sens, on a beaucoup plus à perdre qu'à gagner".
Il faut dire qu'il connait bien les deux versants - professionel et amateur - du monde du football et il termine cette année là deuxième meilleur buteur du championnat de National, derrière un certain... Steeve Savidan. "Mon objectif était de rapidement retrouver un club professionnel", témoigne-t-il, et c'est ce qu'il a fait dès la fin de saison en retrouvant la Ligue 2 avec Niort.

En face de l'amateur Libourne, presque que des internationaux
Au delà du match et du score (défaite 4-2 mais un but de Roland Vieira qui égalise à 1-1), il en garde un excellent souvenir. "Surtout avec du recul", précise-t-il, "il y avait Patrice Evra, Gaël Givet, Javier Saviola, Jaroslav Plasil, Flavio Roma... presque que des internationaux et c'était Didier Deschamps l'entraîneur donc c'est surtout maintenant qu'on se rend compte de la grande équipe qu'il y avait en face de nous".
L'année précédente, les Monégasques avaient disputé la finale de la Champions League. Ludovic Giuly, Fernando Morientes et Jérôme Rothen avaient quitté le rocher depuis mais ça restait une grosse cylindrée de l'hexagone.

Un joli but qui ramène les pingouins dans la partie
Vers l'heure de jeu, l'actuel coach ponot remet les pendules à l'heure et offre l'agalisation à Libourne-Saint-Seurin (1-1). Tromper la vigilance du portier international italien est déjà une chose, mais en plus, Roland Vieira s'offre le luxe de dribbler deux joueurs qu'il avait cotoyé en sélection de jeunes (Rodriguez et Givet), pour inscrire ce joli but qui ramène les pingouins dans la partie. "Je reçois le ballon dans la surface", accepte-t-il de nous raconter, "les défenseurs anticipent que je remise le ballon et du coup je n'ai plus qu'à faire un crochet intérieur pour m'ouvrir le chemin du but. Après il reste encore à tromper Flavio Roma et il avait fallu beaucoup de sang froid".
Malheureusement, en face, il y a un certain nombre de grands joueurs et parmi eux, le petit Javier Saviola a décidé de faire son meilleur match de la saison ce jour là. "Sur l'ensemble de son parcours à Monaco, il a été transparent et il claque un triplé sur ce match", s'étrangle le technicien vellave, "on voyait quand même que c'était un joueur de qualité et qu'il y avait un monde d'écart entre les deux équipes", ajoute-t-il, lucide. Score final : 2-4.

"J'aimerais vraiment pouvoir faire vivre au Puy une telle fête du football"
Ce qu'il retient le plus, finalement, c'est ce contexte festif et l'engouement du public : "j'ai pourtant débuté ma carrière en 8èmes de finale de coupe de France avec l'OL. Il y a plus de monde dans le stade mais on ne retrouve pas cette ambiance que j'ai pu connaître à Libourne avec plus de 8 000 personnes qui mettent une ambiance de folie dans un petit stade. J'aimerais vraiment pouvoir le revivre comme entraîneur et surtout le faire vivre au Puy".
De quoi fabriquer des souvenirs et marquer les esprits. "J'aimerais qu'on puisse parler de notre parcours une quinzaine d'années après". Il faudra déjà se qualifier samedi (une élimination à Colomiers ne marquerait pas les esprits, même si la meilleure performance du club est égalée) pour ensuite écrire une page de l'histoire du club. "Une page à partager", conclut-il.

Qu'est-ce qu'il faudra pour se qualifier à Colomiers ?
Qu'est ce que c'est l'esprit de la coupe ? Qu'est-ce qu'il faudra pour se qualifier à Colomiers ? On voit que beaucoup de joueurs du Puy foot ont flirté avec le monde professionnel. Qu'est-ce qui fait la différence à un moment ? Pour ces joueurs amateurs, la coupe de France, c'est aussi une revanche et l'occasion de se montrer ? 

Maxime Pitavy