Une carte scolaire "sans aucune fermeture de postes" en Haute-Loire

jeu 16/04/2020 - 13:32 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:04

"La rentrée scolaire 2020 dans les écoles de Haute-Loire démontre que l’école rurale est bien au centre des priorités réaffirmées du ministre de l’éducation nationale", souligne Marie-Hélène Aubry, inspectrice d'académie.
La carte scolaire pour la rentrée 2020 a été validée mercredi soir en préfecture malgré douze votes contre, neuf votes pour et deux abstentions.

"Une priorité à l'école rurale" contestée puisque malgré les annonces ministérielles, deux écoles du département perdent des postes
"Cette forte priorité, associée à celle qui a largement été donnée au premier degré depuis la rentrée 2017, permet à l’académie de Clermont-Ferrand d’obtenir 43 postes supplémentaires pour le premier degré à la rentrée 2020", ajoute-t-elle, "cette dotation exceptionnelle, dans un contexte de baisse démographique sensible, est la preuve de l’attachement que le ministre de l’éducation nationale porte à l’école rurale".
Une priorité donnée à l'école rurale selon les annonces du Ministre Jean-Michel Blanquer qui a promis de ne pas fermer de classe en milieu rural en mars dernier (pour les communes de moins de 5 000 habitants). Pourtant, à Montusclat, il y a bien un demi poste qui ferme à la rentrée prochaine et il ne restera donc qu'une classe unique pour les dix élèves de l'école (cette perte est compensée à l'échelle départementale par la création d'un demi poste à Dunières). Idem à Sembadel, où cette fois c'est un demi poste provisoire qui n'a pas été reconduit, alors que le RPI (regroupement pédagogique intercommunal) avec Félines recense 42 élèves.

Des effectifs contestés
La Haute-Loire, appelée au départ à consentir une restitution de six postes au titre de la solidarité académique, bénéficie d’une annulation de cette demande et "conservera donc l’intégralité de ses postes de professeurs des écoles, malgré une baisse continue des effectifs depuis plusieurs années", insiste l'inspectrice d'académie : 15 114 élèves à la rentrée 2014, 14 123 à la rentrée 2018, 13 808 à la rentrée 2019 et une perte de 150 attendus à la rentrée 2020.
 "L'administration se base sur les chiffres du mois de novembre", relate Pauline Rousset, co-secrétaire du syndicat SNUIPP -FSU 43, majoritaire à l'échelle nationale mais minoritaire en Haute-Loire, "mais ils sont obsolètes et en plus les deux ans ne sont pas comptés". Deux "oublis" qui permettraient d'obtenir des dotations supplémentaires. Selon FO, ce sont environ 300 élèves qui manquent à l'appel.

----Un taux d'encadrement en progression ?
C'est ce qu'affirme l'Inspectrice d'Académie, puisqu'il "passe de 6,12 à 6,19 professeurs pour cent élèves". Mais les syndicats relèvent qu'ils n'ont pas de moyen de le vérifier et que cette donnée prend en compte des postes qui ne se présentent pas devant les élèves : conseillers pédagogiques, Canopé, CNED, etc.-----Pas d'ouverture à Saint-Vincent, Bas-en-Basset, Javaugues, Beauzac, la Chapelle d'Aurec, Espaly, le Val-Vert et Beaulieu
Restent également des demandes d'ouverture de classes non satisfaites : à Saint-Vincent notamment, où l'on compte 3,5 classes pour 81 élèves, alors que le seuil pour une ouverture est justement à 81 élèves. "Il y a six enfants de deux ans qui ne sont pas comptés et on compte sur une carte scolaire d'ajustement en juin ou en septembre", ajoute Pauline Rousset.
Les syndicats espéraient également une ouverture à Bas-en-Basset, où il ne manque que trois élèves dans les effectifs prévus pour ouvrir une nouvelle classe. "Sans cette ouverture, on aura une classe de CP à 28", déplore la co-secrétaire du syndicat SNUIPP -FSU 43. Des demandes d'ouvertures qui n'ont pas été satisfaites non plus à Javaugues, Beauzac, la Chapelle d'Aurec, Espaly, le Val-Vert et Beaulieu.

Dernier point de tension : les remplaçants, "dont on va avoir particulièrement besoin au déconfinement"
Selon Pauline Rousset, l'inspectrice d'académie avait promis qu'elle améliorerait la situation mais aucun poste de remplaçant n'est prévu dans la carte scolaire. "Il faut savoir qu'en moyenne, on a chaque année un professeurs ur cinq qui n'est pas remplacé", renchérit-elle, et pour, les RASED (réseau d'aide spécialisée aux élèves en difficulté), "la situation est très incomplète, alors qu'on va en avoir particulièrement besoin après le déconfinement".

Maxime Pitavy

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