Un exercice de tuerie de masse mobilise forces de l’ordre et secours

Par Nadia MEYER , Mise à jour le 03/06/2026 à 06:00

Temps de lecture : 4 minutes

Ce mardi 2 juin, un exercice grandeur nature simulant une tuerie de masse dans le cadre du dispositif NOVI s’est déroulé au Pacha Club, au Monteil. Forces de l’ordre, pompiers, SAMU et élèves infirmiers ont été mobilisés pour tester la coordination des secours et la neutralisation de l’assaillant. 

Le dispositif NOVI

Le dispositif NOVI (nombreuses victimes) est un cadre opérationnel activé lors d’événements impliquant un grand nombre de blessés. Il permet de coordonner l’action des secours (SAMU, pompiers) et des forces de l’ordre afin d’assurer la prise en charge rapide des victimes et la gestion de crise à grande échelle.

Organisé au sein du Pacha Club, l’exercice a mobilisé de nombreux acteurs de la sécurité civile et des forces de l’ordre. Les élèves de l’IFSI ont notamment joué le rôle des victimes afin de reproduire au plus près les conditions d’une intervention réelle face à une tuerie de masse.

Une dizaine d’exercices organisés chaque année

Selon Yvan Cordier, préfet de Haute-Loire, les tests s’axaient principalement autour de l’action des forces de police et de gendarmerie, ainsi que de la prise en charge des victimes par les pompiers et le SAMU. L’exercice visait également à tester la coordination de l’ensemble des moyens engagés.

Élèves infirmiers, gendarmes, SAMU, pompiers Photo par Nadia Meyer

Pour le préfet, « l’objectif de ces exercices, c’est de s’entraîner continuellement pour mieux protéger nos concitoyens ». Le représentant de l’État appuie sur la nécessité de multiplier et répéter régulièrement ces entraînements afin d’être prêts dans l’éventualité d’un événement réel. Ainsi, les différents acteurs apprennent à se connaître et à être beaucoup plus réactifs, selon lui. « Ça montre aussi à nos adversaires qu’il y a du répondant », ajoute-t-il.

Un appel à partir des toilettes

La COB (communauté de brigades) de Saint-Paulien était engagée dans une patrouille de prévention de proximité au moment des faits simulés et a été alertée par le centre d’opérations et de renseignement de la gendarmerie (CORG), lequel avait lui-même reçu un appel au 17. Cet appel provenait de la personne qui s’était retranchée (désignée comme le requérant) dans les toilettes de la boîte de nuit, dans le cadre du scénario.

Quelques minutes après l’arrivée de la brigade de Saint-Paulien, le Peloton de surveillance et d’intervention de la Gendarmerie (PSIG) est intervenu. Équipé de moyens plus importants, il avait pour mission de neutraliser l’assaillant.

Photo par Nadia Meyer

Selon le chef d’escadron Bal (gendarmerie), l’intervention rapide du PSIG s’expliquait par le fait que l’attaque était toujours en cours. Si la situation avait évolué vers un individu retranché après la fin des violences, un niveau d’intervention supérieur, comme le GIGN, aurait alors été sollicité.

Il insiste sur le fait que l’exercice correspond à ce qui aurait été fait en situation réelle. Le scénario a volontairement inclus des détonations dans la discothèque, élément qui devait déclencher l’engagement rapide du PSIG. L’objectif était de faire cesser rapidement la tuerie de masse : « La priorité est de stopper immédiatement la menace », souligne le chef d’escadron.

Il précise que si le PSIG était arrivé plus tard, les gendarmes de brigade auraient eux-mêmes dû intervenir malgré une formation moins spécifique à ce type de situation. Le chef d’escadron Bal estime que l’intervention conjointe gendarmerie-police a été fluide, coordonnée et conforme aux objectifs fixés.

Des événements rares mais possibles

« La meilleure façon de faire face à ce type d’événement est de se préparer, de s’organiser et de répéter », insiste Yvan Cordier. Les scénarios évoluent d’un exercice à l’autre afin de tester des situations variées et d’améliorer les procédures.

Point de fin de simulation par préfet, représentants des forces de l'ordre et de secours Photo par Nadia Meyer

« Il n’existe pas de risque zéro », rappelle le préfet. À titre d’exemple, le précédent exercice de grande ampleur mené à Espaly en 2024 se déroulait de nuit dans un gymnase et avait notamment permis de tester le dispositif FR-Alert, ensuite utilisé lors de la crue d’octobre 2024.

Le chef d’escadron Bal souligne désormais l’importance des retours d’expérience qui seront menés à chaud puis à froid. L’objectif sera d’identifier les points forts comme les éventuelles difficultés rencontrées par les premiers intervenants engagés sur le terrain.

Né à la suite d’une visite de sécurité au Pacha Club, l’exercice a nécessité plusieurs mois de préparation entre les différents services concernés. Mis à disposition pour l’occasion, l’établissement a accueilli l’ensemble du dispositif. Pour son propriétaire, Guillaume Plantin, il s’agissait avant tout d’un « geste citoyen ». Après cette préparation et la mobilisation de nombreux intervenants, il estime que ce type d’entraînement est indispensable. « C’est en forgeant qu’on devient forgeron », résume-t-il, assurant qu’il sera « toujours volontaire s’il y a besoin ».

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