Trains : encore du retard sur la ponctualité et les indemnisations

mar 19/12/2017 - 12:29 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:50

L'étude de l'UFC Que Choisir porte sur le périmètre des anceinnes régions et si l'Auvergne s'en sort mieux (elle affiche un taux de retard de 6,6 % et un taux d'annulation de 1,6 %, Rhône-Alpes flirte avec le bonnet d'âne puisqu'elle est 17ème sur 18 avec un taux de retard de 11,1 % (et un taux de 2,5 % d'annulations).
La ligne ferroviaire qui relie Le Puy-en-Velay à Firminy a rouvert le dimanche 10 décembre 2017, après 8 mois de travaux. Fini les liaisons en bus, qui demandaient 1h20 à 2h40 pour faire Le Puy-Saint-Étienne. Un soulagement pour de nombreux usagers, pour qui cette attente s'ajoute à celle des travaux de 2014.
Si le trajet doit bénéficier d'un gain de temps (cinq minutes en moyenne et jusqu'à 12 minutes entre le Puy et Saint-Etienne), il peut être compensé par un retrad du TER...

----Un retard par semaine pour un usager quotidien
Il est important de prendre en compte la récurrence d’utilisation des trains régionaux, utilisés massivement sur les trajets domicile-travail. Ainsi, un taux de ponctualité de 89,5 % comme en 2014, qui pourrait sembler honorable, signifie pour un usager quotidien qu’il subira en moyenne un retard significatif ou une annulation de train chaque semaine.-----La France au 21ème rang européen pour la ponctualité de ses trains
Au cours de l’année écoulée, seuls 89,2 % des TER ont circulé à l’heure. La situation s’est donc dégradée depuis les dernières élections régionales, avec une ponctualité en baisse de 0,2 point. On ne s’étonnera dès lors pas que la France stagne au 21ème rang européen en termes de ponctualité des services ferroviaires régionaux et locaux.
En Auvergne par exemple, lors du pic du soir en semaine, ce sont 16 % des TER qui sont en retard. Au cours du premier semestre 2017, 59 % des retards étaient directement imputables à la SNCF, et non aux causes externes (24 %) ou aux infrastructures ferroviaires (17 %).

L'UFC demande un sursaut dans la qualité de service et une indemnisation en cas de retard
Alors que l’utilisation du train recule de 0,5 % par an depuis 2011, en contradiction avec les enjeux de la transition énergétique, l’UFC-Que Choisir appelle la SNCF à un sursaut dans la qualité de service, sans laquelle les consommateurs ne retrouveront pas le chemin des gares.
L’Association appelle les présidents de Régions à augmenter les pénalités infligées à la SNCF en cas de qualité dégradée, et surtout à généraliser sans tarder une indemnisation automatique des abonnés en cas de retards répétés. L’UFC-Que Choisir demande en outre au gouvernement d’accélérer les expérimentations d’ouverture à la concurrence des conventions TER.

Manipulation des chiffres
Comme le montre le bilan dressé par l’UFC-Que Choisir à partir de plusieurs données (SNCF et régions ; palmarès annuel des revues spécialisées La Vie du rail et Ville, rail et transports), ce taux n’intègre pas les trains « déprogrammés ». Entrent dans cette catégorie, ceux supprimés la veille de leur circulation avant 16?h (au plus tard). Habile, car le phénomène n’est pas marginal. Illustration avec la grève de juin?2014. La SNCF a annoncé que ce mois-là 93,1 % des TER prévus ont circulé. En considérant les trains déprogrammés faute de conducteurs, on descend à 68 %.

Toujours pas d'indemnisation en Auvergne Rhône-Alpes
A la différence des trains grandes lignes (TGV ou Intercités), la SNCF ne prévoit pas, pour les voyageurs des trains régionaux, une indemnisation en cas de retard. Toutefois, depuis 2014, cinq régions (Bourgogne, Centre-Val de Loire, Franche-Comté, Pays-de-la-Loire et Picardie) ont inclus dans leurs conventions avec la SNCF des mesures expérimentales de compensation financière des retards pour les abonnés TER.
La nouvelle convention signée entre la Région Auvergne Rhône-Alpes et la SNCF prévoit de réduire de 40 % les retards de train pour atteindre un taux de ponctualité de 90 %. L'UFC réclame "la mise en place sans délai d’une indemnisation automatique des abonnés en cas de retards récurrents, et une hausse des pénalités dues par la SNCF en cas de qualité dégradée".

Vos commentaires

Se connecter ou s'inscrire pour poster un commentaire