"Sur le Tour de France, il faut toujours être sur le qui-vive au niveau sécurité"

lun 25/07/2016 - 13:42 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:42

Le Tour de France, le Grand Prix de Formule 1 de Montréal, les Jeux Olympiques... Le Ponot, Patrick Sireyjol est devenu incontournable pour la couverture médiatique des événements sportifs d'envergure. Depuis plus de 10 ans, il enfourche sa moto pour suivre les compétitions. Ce lundi 25 juillet, il revient sur ce Tour de France 2016.
Une concentration permanente
"Il faut toujours être sur le qui-vive au niveau sécurité, on est responsable en cas de problème !" Le danger est partout, les spectateurs et téléspectateurs ont encore pu le constater lors de la 12e étape Montpellier - Mont-Ventoux où une moto a été bloquée par le nombre important de supporters sur le bord de la route. L'incident a fait chuter un groupe de cyclistes dont le leader, Chris Froome (SKY) qui a dû courir pour ne pas trop perdre de temps. "J'étais 50 mètres devant, je n'ai pas vu. Mais la course a été raccourcie de six kilomètres donc le public est redescendu. Ça faisait du monde", se souvient le motard.
À ses débuts, Patrick Sireyjol a connu une chute lui aussi. "C'était à mon premier Paris-Roubaix en 2005", indique-t-il. Heureusement, l'accident n'a pas été violent. Et paradoxalement, c'est la course que le Ponot préfère couvrir parmi toutes les autres compétitions. "C'est un tout. Les mecs se tapent 250 kilomètres dans la journée sur les pavés et souvent dans la boue ! "
De 200 000 à 300 000 euros de matériel
Les conditions sont plus favorables sur le Tour, ce qui n'en fait pas une course plus facile, surtout pour les motards. "Les gens qui prennent des photos ne nous voient pas arriver, il y a aussi les chiens en laisse, les poussettes qui dépassent, les roues de vélo...", énumère-t-il. Pour ces professionnels, il faut avoir les yeux partout. "Sur le Tour, quand on prend la voiture entre l'arrivée et l'hôtel, c'est souvent qu'on fait une sieste." La concentration est extrême alors que les motards transportent entre 200 000 et 300 000 euros de matériel pour la retransmission en direct.
Le Ponot a commencé à couvrir des événements en 2004. C'est lors de ses participations au Paris-Dakar qu'il a rencontré le service de presse où il a proposé ses services. A force de patience, il a fini par être appelé pour le marathon de Paris, puis le Tour du Portugal, le Dauphiné Libéré... "Au début, j'étais une moto son ou suiveuse, je devais faire mes preuves." Avec un commentateur ou un invité, Patrick Sireyjol était surtout cantonné aux fins de course. "Des fois, on ne voyait rien du tout. Les motos des télévisions sont prioritaires." Il a réussi à gravir les échelons. Désormais, les images tournées depuis sa moto pour le Tour de France sont retransmises dans 190 pays dont la France.
Les enfants du pays
Cette année, le motard a d'autant plus apprécié la compétition avec le parcours du Brivadois Romain Bardet (AG2R La Mondiale), deuxième de la grande boucle. "Depuis deux ou trois ans, j'avais essayé de discuter avec lui dans le peloton, mais ce n'est pas évident. On a vraiment fait connaissance au Tour d'Oman. (...) Hier encore, on a pu discuter pendant l'étape", raconte le motard.

Une fois le Tour terminé, le Ponot part vers d'autres compétitions. Cette année, Patrick Sireyjol ne couvre pas les Jeux Olympiques de Rio comme il avait pu le faire en Chine en 2008. "Je pars pour le Tour du Portugal ce soir."

Emma Jouve

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