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Intense et générale. Ce sont les deux qualificatifs pour caractériser la colère des syndicats de l'enseignement de Haute-Loire, tout comme celles des directions et des équipes scolaires. Les raisons de cette exaspération ? La masse sans précédent des suppressions de postes et fermetures de classes en Haute-Loire.
Êtes-vous fort en mathématiques ? Pour le savoir, voici une équation "hyper balèze". Si, à la rentrée 2025, il y a 407 élèves au lycée Jean Monnet au Puy, et qu'à la rentrée 2026, il est prévu 406 élèves, quelle est la perte subie par l'établissement scolaire ? Allez, on vous aide : 1
Parce que le lycée professionnel Jean Monnet va, peut-être, perdre un élève, le rectorat de la Haute-Loire lui ampute... 13 heures d'enseignement. "Nous ne comprenons vraiment pas les raisons de cette baisse de dotation horaire", s'indigne en ce sens, Stéphane Tiberghien, professeur d'histoire-géographie à Jean Monnet.
Il ajoute sur le même ton : "Ces 13 heures vont avoir des conséquences sur le nombre de matières. Il y aura moins d'heure dédoublées en groupes à effectifs réduits et plus d'heures en classe entière, par exemple. Cela signifie des conditions d'études dégradées pour nos élèves et des enseignants moins disponibles pour accompagner les plus en difficulté d'entre eux".
Les prévisions de la carte scolaire indiquent la suppression de 4 000 postes d'enseignants en France. Dans l'Académie de Clermont-Ferrand, 110 postes devraient disparaître. La Haute-Loire perdrait 12 classes de maternelle/primaires. Pour le second degré, cinq classes sont très fortement menacées, certaines dans les collèges et lycées du Puy.
"C'est complètement incohérent !"
Stéphane Tiberghien, qui se fait le porte-parole du personnel d'enseignement et d'éducation du lycée professionnel, pointe également l'incohérence de la chose. "La Région a injecté des milliers d'euros pour que notre établissement soit moderne et ultra équipé. L'internat, le self, le gymnase et son mur d'escalade totalement neuf, la rénovation complète des cuisines pour les classes d'hôtellerie-restauration..."
Avant de déplorer : "Et à côté de ça, nous allons perdre des heures d'enseignement ! C'est complètement incohérent !"
"Pourquoi rénover un lycée, y injecter des millions d'euros, pour ensuite lui fermer des classes". Louise Pommeret
Cette incohérence des suppressions de postes tout en rénovant les écoles à grands coups de millions d'euros est aussi soulignée par Louise Pommeret, enseignante au Lycée Roche Arnaud et secrétaire générale de la FSU. "Nous allons perdre 76 heures de dotation horaire ! C'est la plus grosse saignée du département. Elle entérine la fermeture de notre 5ème classe de seconde et la probable suppression de trois postes d'enseignants".
Louise Pommeret s'étonne, alors, amèrement : "Notre lycée a été récemment rénové par la Région AuRa, y compris l'internat flambant neuf ! Pourtant, nous allons être amputés d'une classe, des classes qui affichent actuellement des effectifs de 35 élèves chacune ! Où est la logique !"
Des milliards pour la guerre
Même ambiance du côté du syndicat Force Ouvrière Enseignement. Laurent Berne, secrétaire général FO et professeur des écoles, se dresse contre le détournement d'argent qui est fait par le gouvernement au profit de la guerre plutôt qu'à l’Éducation nationale. "Quand on est capable de mettre des milliards et des milliards dans la guerre, pourquoi ne peut-on pas en mettre quelques-uns dans les écoles !"
Il poursuit, en précisant des chiffres qui donnent le tournis : "Le budget militaire est passé de 30 milliards à plus de 65 milliards durant le mandat de Macron. À présent, il veut la construction d'un nouveau porte-avions qui coûterait 30 milliards d'euros. Cette somme est la moitié du budget alloué à l’Éducation nationale !"
"Armer intellectuellement les élèves"
D'après les syndicats, une très forte mobilisation est en préparation après les vacances scolaires de février. FO Enseignement invite les personnes à se réunir dans les écoles, les collèges, les lycées et les services. Louise Pommeret invite, quant à elle, le gouvernement à, plutôt qu'armer des porte-avions, "à armer intellectuellement les élèves".
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