Stefany Emballages Services : on connaît les deux repreneurs, mais il faut patienter

ven 17/01/2020 - 17:46 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:01

Le tribunal de commerce a préféré se donner encore une quinzaine de jours avant de rendre son jugement, qui a été mis en délibéré au 29 janvier 2020.
Mais après deux passages devant la juridiction, un premier en septembre puis un second en décembre, la quarantaine de salariés commence à y voir plus clair quant aux identités des repeneurs. Il faut dire que le repreneur proposant la reprise de tous les emplois s'est positionné tardivement sur ce dossier.

Un repreneur de Côte d'Ivoire qui emploie environ 1 500 personnes
Le premier est Plastica, une société dont le siège est à Abidjan, en Côte d'Ivoire, et qui emploie environ 1 500 personnes. il s'agit d'un acteur important du secteur de l’industrie plasturgique en Côte d’Ivoire, qui opère dans le domaine de la production des films plastiques, des articles de ménage, des chaises et tables, des contenants plastiques, des sacs tissés réutilisables et bien d’autres produits. La marque fait partie des trois plus grosses entreprises de production de plastique en Côte d'Ivoire.
Pour cette entreprise africaine, qui n'est pour l'instant pas implantée en France, ce serait l'opportunité de peut-être ouvrir une porte sur de nouveaux marchés. L'offre de Plastica comprend la reprise de la totalité des emplois, elle a donc la faveur des syndicats. Mais le tribunal de commerce va profiter de la période du délibéré pour analyser les garanties financières de chacun des candidats.

Un repreneur local au chiffre d'affaires de 68M€
L'autre candidat est au contraire 100 % local : il s'agit de Leygatech, à Saint-Romain-Lachalm, en Haute-Loire. Cette PME indépendante, spécialisée dans la fabrication de gaines et films multi-couches par co-extrusion blown, compte 175 employés. Leygatech est une entreprise très importante dans le milieu de l’emballage avec un chiffre d’affaires de 68 millions d’euros en 2018. Son tonnage est de 27000 tonnes. Leygatech commercialise 36 % de ses produits à l’export dans 28 pays dans le monde, parmi lesquels figurent la Russie, l’Afrique du Sud, les États-Unis, le Canada, le Moyen-Orient, le Mexique et la plupart des pays européens. 
La société altiligérienne possède deux ateliers de production à Saint-Romain-Lachalm, mais aussi depuis 2018 un site à Yssingeaux, après avoir racheté le site d’Oxxa pour y installer son 3ème atelier de production. Si l'entreprise ne proposait "que" la reprise de 17 des 38 salariés en décembre dernier, elle a fait un effort supplémentaire et propose aujourd'hui de maintenir 21 salariés.

Comment SES s'est retrouvée dans une telle difficulté ?
C'est avant tout un problème de trésorerie et la conséquence d'avoir "mis tous ses oeufs dans le même panier" selon les syndicats. Un panier écolo : Jean-Philippe Grail, dirigeant des sociétés SES, a investi 7M€ en 2016 pour de nouvelles machines suite à la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte. Cette dernière a imposé l’interdiction des sacs plastiques à usage unique.
Dès le 1er janvier 2017, seuls les sacs biosourcés (avec une teneur minimale exigée en matière végétale qui augmente progressivement dans le temps) et compostables en compostage domestique peuvent être utilisés. L'opportunité était alléchante mais l'investissement n'a jamais été rentabilisé car ces marchés n'ont jamais vraiment été conquis : l'objectif était d'atteindre 50 % de l'activité d'ici 2019... mais ça n'a jamais décollé pour rester à 10 % de l'activité finalement. Peu, trop peu pour assurer la pérennité du site.

> Notre reportage en septembre 2017 :

"Stop au marché parallèle de sacs plastiques" from Zoomdici Haute-Loire on Vimeo. Vidéo : Carine Loubeau.

Le projet Plastica aurait la faveur du Ministère Public et des salariés
En s'appuyant sur trois critères (financier, social et la pérénnité du site), le Ministère Public pencherait plutôt en faveur de Plastica, selon Fabrice Souveton, de la CGT Textile Habillement Cuir Haute-Loire. La société ivoirienne répondrait à deux de ces critères, là où l'entreprise altligérienne ne répondrait qu'à un. En outre, les salariés auraient clairement affiché leur préférence, à l'instar des syndicats, pour le projet reprenant tous les emplois.
Il faudra maintenant attendre le jugement du tribunal de commerce, mis en délibéré au 29 janvier prochain, pour savoir laquelle des deux offres est retenue et combien d'emplois sont maintenus.

Maxime Pitavy

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