Quand un village se transforme en un phare de solidarité

Par Nicolas Defay lun 18/10/2021 - 06:30 , Mise à jour le 18/10/2021 à 06:30

Dimanche 17 octobre, le village de Rachassac à St-Germain a plus que triplé sa population le temps d’une matinée pour le petit Sacha. Ce garçon de 8 ans vit un quotidien constitué de crises d'épilepsie depuis sa naissance.

Contre la montagne de souffrances que traverse Sacha tous les jours depuis 8 ans, contre cette montagne que portent sur leurs épaules Louis et Amandine, ses parents plus forts que le roc, c’est une montagne de solidarité et de générosité qui s’est une fois encore dressée pour aider cette famille incroyable. Plus de 300 marcheurs au grand cœur ont répondu à l’appel de l’association Marchons pour Sacha ce dimanche 17 octobre. Que ce soit sur les parcours pédestres de 3 et 12 km ou sur celui de VTT affichant 15 bornes, toutes les générations, de la poussette aux cheveux blancs, ont serpenté à travers les chemins du village de 9 heures à midi. Pas de chronos, pas de podium. Mais une seule première place pour tous où se tient ce qui fait de l’Homme son humanité : le partage et la volonté quand l’un de nous a besoin d’aide.

Des petits pas pour l'Homme, des grands pas pour l'humanité. Photo par Nicolas Defay

« Il a déjà perdu des copains atteints de la même maladie que lui »

Louis Mallet est là, devant le stand pour les inscriptions. Avec émotion, il partage ce que vit son petit garçon depuis sa naissance le 20 avril 2013. « Mon enfant est victime d’épilepsie très sévère, confie-t-il la gorge nouée. Son combat, on le vit tous ensemble au quotidien. Aujourd’hui, il y a une grande mobilisation autour de sa maladie et de l’épilepsie en général. La France compte 700 000 épileptiques dont 150 000 qui sont pharmaco-résistants comme Sacha. » La voix au bord des larmes, il ajoute : « Sacha vit un combat rude et particulier. Il a déjà perdu des copains atteints de la même maladie que lui ».

Louis Mallet, le papa du petit Sacha. Photo par Nicolas Defay

« Ça nous met du baume au cœur de voir tant de personnes réunies aujourd’hui pour nous et notre petit. C’est un rayon de soleil et de gaîté. Et puis, ce genre d’opération nous rappelle que nous ne sommes pas si seuls que ça, que les gens sont là, avec nous, pour nous, pour notre Sacha que nous aimons plus que tout au monde ». Louis Mallet, papa de Sacha

« On aimerait tellement qu’une auxiliaire de santé puisse venir nous aider ! »

Sacha ne marche pas, ne parle pas, ne communique pas. « Sa maladie devient de plus en plus envahissante et prenante, livre son papa. Nous devons l’oxygéner très souvent après chacune de ses crises pour qu’il récupère. Il fait de la kinésithérapie. Il devrait faire de l’orthophonie, de la psychomotricité et plein d’autres choses encore mais c’est difficile de mettre ça en place. Cela lui demande beaucoup d’énergie qu’il a du mal à encaisser à ce rythme ».

Ses parents sont seuls à lui faire les soins. « Bien évidement, on aimerait tellement qu’une auxiliaire de santé puisse venir nous aider ! Mais les gens semblent avoir peur d’affronter cette maladie. Les professionnels ne sont pas vraiment informés et formés sur le sujet et ils se trouvent dépourvus face à notre petit Sacha ».

« Malgré les souffrances qu’ils endurent, ils restent très positifs et ouverts aux autres. Je me demande comment ils font pour rester aussi gentils avec qui que ce soit. C’est une leçon qu’ils donnent pour nous tous. Ce sont des gens admirables ». Céline, voisine de la famille de Sacha

Merci à...

Louis et Amandine Mallet ont tenu à remercier toutes celles et ceux qui ont marché pour Sacha, les bénévoles de Rachassac, la boucherie capitolienne du Meygal pour le don du jambon de la tombola, la boulangerie Dumas à Blavozy pour les pains cuits au four, la Pizza Malice et les Guidons d'Autrefois.

« Je ne peux qu’être admirative devant leur courage »

Parmi les participants à la marche solidaire, la voisine du petit garçon est venue avec ses enfants. « Je vois au quotidien tout ce que ses parents font pour lui, tout leur investissement, décrit Céline. Et je ne peux qu’être admirative devant leur courage. »

Elle souligne : « Ce sont des personnes qui gardent constamment le sourire et qui ont le cœur sur la main. Ils méritent que le plus grand nombre vienne les aider intensément. Nous sommes ici pour leur montrer qu’on est là, avec eux, pour eux et qu’on le sera tout le temps ! ».

Photo par Nicolas Defay

« Avec lui et ses parents, pour être ensemble dans son long combat »

Un peu plus loin, à côté des motos exposées par les Guidons d’Autrefois, Frédéric Malosse exprime son ressenti sur l’évènement. Il est le président de l’association du Village de Rachassac. « Tout le village est réuni pour Sacha !, dit-il enthousiaste. On vend aussi du pain, préparé dans le four communal et un camion de pizza est présent également. Avant, nous faisions ce genre d’opération pour le Téléthon. Depuis que Sacha et ses parents sont venus s’installer dans le village, nous avons décidé de faire cette journée chaque année pour eux. »

Il continue : « Tous les habitants sont mobilisés. Et il y a plein d’autres personnes issues d’autres secteurs voisins et du département. Nous sommes conscients que cette manifestation ne va pas changer grand-chose au quotidien du petit bonhomme. Mais on est tout de même là, avec lui et ses parents, pour être ensemble dans son long combat ».

L'association du village de Rachassac aux fourneaux. Photo par Nicolas Defay

« Notre asso tient coûte que coûte à soutenir ces causes-là ! C’est l’esprit des Foulées de Saint-Germain. Et il n’y a nul doute à affirmer que c’est l’esprit du plus grand nombre quant on voit cette fusion d’humanité ! » Christophe Deleau, président des Foulées de Saint-Germain

La solidarité se trouve aussi dans la pâte à pizza

Les trois pizzaiolos de Pizza Malice enchaînent les commandes qui ne cessent de noircir leur carnet. « D’habitude, nous ne travaillons jamais le dimanche, mentionne le chef. Mais comme c’était pour le petit Sacha, on n’a pas hésité. Le principe est que pour chaque pizza vendue, je reverse la somme de 2 euros à l’association Marchons pour Sacha. »

Entre deux sollicitations de clients, il ajoute : « Je suis très étonné qu’avec la température négative de ce matin, il y ait autant de monde ! Je trouve ça beau ! Cet élan de solidarité ! C’est fort et remarquable ! » Au terme de la matinée, il aura préparé 120 pizzas et reversé 240 euros.

Pizza Malice a préparé pas moins de 120 pizzas pour les marcheurs. Photo par Nicolas Defay

Les Foulées de St-Germain, solidaires sur tous les tableaux

Même quelques éléments des Foulées de Saint-Germain ont usé de leurs baskets sur le parcours du 12 kilomètres. « On a tenu à participer à la marche pour Sacha car c’est un petit garçon qu’on suit depuis des années, indique Christophe Deleau, président des Foulées. C’est une formidable preuve de solidarité qui a été faite aujourd’hui, tout comme à celle de la Color Run dédiée à Mayanne, cette petite fille qui lutte contre un cancer du sang. »

Il termine en ces mots : « Notre asso tient coûte que coûte à soutenir ces causes-là ! C’est l’esprit des Foulées de Saint-Germain. Et il n’y a nul doute à affirmer que c’est l’esprit du plus grand nombre quant on voit cette fusion d’humanité ! »
Christophe Deleau a remis ce dimanche 17 octobre un chèque de 1 300 euros aux parents de Mayanne qui habitent eux aussi dans le village de Rachassac. Cette somme est issue des inscriptions à la Color Run qui s’est déroulée le samedi 21 août au cœur du bourg saint-germinois.

Le chèque de 1 300 euros confié aux parents de Mayanne par les Foulées. Photo par Nicolas Defay

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