Une (très) grande preuve de solidarité pour Mayanne

Par Nicolas Defay lun 23/08/2021 - 16:30 , Mise à jour le 23/08/2021 à 16:30

Samedi 21 août, le bourg de St-Germain-Laprade s’est paré d’incroyables teintes lors de sa Color Run. Pour Mayanne, 340 coureurs sont venus soutenir cette petite princesse de 3 ans et demi en lutte contre un cancer du sang.

Du rouge, du bleu, du jaune et bien d’autres. Si la fraternité devait être définie par une couleur particulière, elle revêtirait toutes celles de l’arc-en-ciel. Dans la cité saint-germinoise, ce sont exactement 340 coureurs au grand cœur qui ont répondu présent à la Color Run organisée par l’association des Foulées de Saint-Germain. Cette course, plus solidaire que sportive, était destinée à aider les parents de Mayanne, petit bout de choux affrontant depuis maintenant 4 mois une leucémie lymphoblastique.

Mayanne, courageuse après une ponction lombaire. Photo par Rebecca Moussy

« C'était plein de chaque côté de la rue et sur le départ »

« Toutes les places ont été prises d’assaut, partage Rebecca Moussy, marraine de Mayanne et coach pour l’échauffement avant la course. Il y avait plein d'autres personnes venues s’inscrire mais la jauge était déjà saturée. Je n’ai aucune idée du nombre précis, c'était plein de chaque côté de la rue et sur le départ ».

Des poussettes et des cheveux blancs, des coureurs et des marcheurs, des sportifs aguerris et des sportifs d’un jour...une mixité de génération s’est déversée comme un remède au spleen dans les artères de la ville. « Il y avait même des associations venues en nombre comme celle de Baptiste Massin avec l’Urban Trail ou le groupe de Saugues en soutien aux jumelles Lou et Elena », assure Rebecca Moussy.

Pendant l'échauffement avant le lancement de la course. Photo par Rebecca Moussy

« Tout ce qui se passe depuis ce 14 avril est devenu un marathon mental pour nous tous »

Mathieu et Béatrice Vidal, papa et maman de Mayanne, étaient là. À la fois stupéfiés par cet élan de compassion et meurtris que ce soit pour eux, pour leur trésor, pour ce combat aussi intime que médiatisé. « Je ne sais pas quoi dire devant ces mobilisations, avait confié Mathieu Vidal précédemment. Ça me touche énormément et je suis blessé en même temps. Car c’est mon enfant qui apparaît dans les médias. Le visage de mon enfant sur les affiches. C’est dur d’être de ce côté-là. Personne n’est préparé à ça. Tout ce qui se passe depuis ce 14 avril est devenu un marathon mental pour nous tous, épuisant, éprouvant, et d’une profonde injustice. Malgré tout, nous faisons en sorte de rester le plus positif possible pour Mayanne mais aussi pour Nathéo et Lubin, ses deux grands frères ». Du haut de leur 10 et 7 ans, les grands de la famille se sont également joints à ce cortège plus vivant que jamais.

Au centre, Béatrice et Mathieu Vidal avec leurs enfants Nathéo et Lubin. Photo par Rebecca Moussy

Mayanne : "Un jour, on fera une course tous ensemble »

« Le lendemain de la course, j'ai vu Mayanne, confie Rebecca Moussy. Je lui ai montrée les photos et expliquée que tous ces gens ont couru pour elle. Elle m’a dit alors : « Beurk ! Ils sont tous sales et on les reconnaît pas avec toutes ces couleurs!"
On a fini la journée en courant dans l'herbe car elle aussi voulait faire la course malgré ses petites jambes fatiguées. Elle est incroyable ! « Un jour, on fera une course pleine de couleurs, m'a t-elle dit. Un jour, on fera une course tous ensemble »
.

« On a tout de suite compris les valeurs que souhaitaient partager les personnes présentes »

« L'ambiance était pleine d'émotions, décrit Rebecca Moussi. Christophe Deleau (coprésident des Foulées de Saint-Germain, Ndlr) a animé des gens visiblement au taquet, volontaires, généreux dans leur intention et leur action. Même l'échauffement zumba s’est révélé unique ! En trois chansons, on a tout de suite compris les valeurs que souhaitaient partager les personnes présentes. »

Elle ajoute : « Les parents ont fait un court discours très émouvant pour expliquer la maladie de Mayanne et dire comment elle était forte et qu’elle avait bien la ferme intention de ne pas aller au ciel avec sa mamie Anne ».

Rebecca Moussy et Mathieu Vidal, le papa de Mayanne. Photo par Rebecca Moussy

« Mémorable et magique ! »

Et puis la course est lancée. Une boucle de 900 mètres à faire une fois ou plusieurs selon ses envies. Sur le parcours, les Foulées ont disposé cinq arches, tenues par des bénévoles armés jusqu’aux dents. À chaque passage d’un participant sous l’une d’entre elles, ce sont alors des salves de poudres qui teintent visages et vêtements. Les rires fusent dans les airs en même temps que le bitume se pare de couleur, les regards se croisent en même temps que le cafard des jours se couvre de joie un instant.

« À la fin, nous nous sommes tous regroupés autour du podium, livre Rebecca Moussy. Et au terme d’un décompte, ce fut une bataille générale à grand coup de poudres colorées ! Un truc de fou ! Ça ne dure pas longtemps mais les pigments volent et se déposent sur tous les participants. On nous asperge même avec des extincteurs pleins de couleurs ! C’est une explosion de cris de joie, de bravo, de sauts et d'applaudissements. Mémorable et magique ! »

Photo par Christophe Deleau

Vos commentaires

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1 commentaire

li

lun 23/08/2021 - 19:27

Cette réussite est en partie le résultat de votre article qui était bouleversant. Touchant. Et très lu, monsieur Defay.