«Pour que vivent nos langues»

sam 10/10/2020 - 16:36 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:08

Ce samedi 10 octobre était la date nationale choisie par le collectif de toutes les langues régionales (Occitan, Breton, Corse Alsacien, Flamand, Basque) pour alerter sur la disparition des postes d’enseignement des langues régionales.
La mise en danger de ces langues n’est pas nouvelle mais elle est encore accentuée par la réforme du bac 2019 et le plan langues.Le préfet de Haute-Loire n’aura pas reçu les membres du collectifLa manifestation locale qui avait demandé une audience au nouveau préfet ainsi qu'à l’inspectrice d’académie a réuni acades personnes déterminées dans la défense de ces langues.
Le collectif explique oeuvrer pour la sauvegarde des langues régionales qu'ils revendiquent être un élément du patrimoine protégé par la constitution française et l'enseignement garanti par la loi.
Les membres du collectif n’ont pas été reçus par le préfet, ni par son secrétaire (incompatibilité d’agenda). Par contre un rendez-vous a été fixé par l’inspectrice d’académie début Novembre.
Cet engagement avait été repris par le président de la République lui-même.
« Nous allons pérenniser leur enseignement » avançait le président Macron en 2018Le collectif souhaite donc par cette manifestation nationale rappeler cet engagement du président de la République qui déclarait en 2018 : « les langues régionales jouent leur rôle dans l’enracinement qui fait la force des régions. Nous allons pérenniser leur enseignement ».
Signe de reconnaissance, Signe de résistancePour concrétiser cette demande commune à toutes les langues régionales, les participants à la mainfestation ont posé en arborant un signe commun, le crochétement inversé des doigts, symbolisant à la fois une solidarité indefectible et la fierté à revendiquer la cause de ses membres.« Sens Racinas, Pas de Flore ! »
C’est par ces mots tracés sur une feuille de papier que s’ouvre le site internet de la calendreta du Puy. Il n’est pas difficile pour un ponot ou pour un habitant de la zone occitane de comprendre le texte. La langue est comme inscrite dans le patrimoine génétique des habitants de la région.
C’est un raccourci du tract national et de la lettre écrite au président par le collectif "Nos langues régionales sont en train de disparaitre et pourtant notre constitution les définit comme patrimoine de la France et la loi précise que leur enseignement est favorisé".
Gaël, qui participe à la manifestation locale explique pourquoi son fils est scolarisé à la calendreta du Puy. « Je suis breton mais mon fils, lui, est né sur ce territoire où nous vivons depuis plusieurs années maintenant. Pour moi il est essentiel qu’il comprenne ce territoire, qu’il en saisisse les racines. Le patois en fait totalement partie ».
« On peut prendre l’exemple de la toponymie. Le patois est présent dans de nombreux noms de villages, sur les plaques de rues ou dans beaucoup d'autres lieux et noms de famille» renchérit Victor Miramand, administrateur de l’association Escola Calendreta Velava. On pense à Aiguilhe, Paulhac, Paulhaguet, Chilhac ou Taulhac.Un amendement pour un meilleur statut des langues régionales
----Jean Roux,
Une thèse en patois pour NoëlNimois d’origine, Jean Roux a posé ses valises dans le petit village de Chanove sur la commune de St Privat d’Allier. Il va soutenir une thèse en occitan début Décembre à la faculté de Montpellier.
« Enfant, je passais mes vacances ici, à St Privat où tout le monde parlait patois. C’est comme ça que le l’ai appris moi-même. Maintenant que j’ai du temps, j’ai passé un master 2 et maintenant je vais soutenir ma thèse en Occitan sur deux auteurs en patois Benezet Vidal des Combrailles et Henri Gilbert, né à Chilhac.
Audition publique.
-----« Devant la faiblesse du coefficient nouvellement affecté à l’option occitan et la difficulté de trouver un enseignement dans son lycée, il faut que le candidat au bac soit rudement motivé pour s’engager dans ce parcours. Rien n’est fait pour l’y encourager, bien au contraire» poursuit Victor Miramand.
Demande aussi de postes pour la Haute-LoireCela impacte directement la Haute-Loire qui aspire à la création de deux postes titulaires. Il faut pouvoir mettre en face des enseignants titulaires, or la baisse du nombre de postes ouverts au concours met en péril cette possibilité.
« On demande deux postes » précise encore Victor Miramand « un troisième poste pour l’école du Puy dont les effectifs croissent d’année en année et la transformation du poste de Vals le Chastel en un poste titulaire ».Une revendication ancienne portée par les intellectuels locaux mais pas par les politiquesLa question des régionalismes et surtout de leur langue a été mise sous l’étouffoir depuis au moins la 3ème république. « C’est Jules ferry qui en rendant l’instruction publique obligatoire a rendu aussi le français obligatoire. Tout le monde a connaissance des brimades qui ont été faites aux enfants qui parlaient patois. Au point que ce sont les familles elles-mêmes qui ont interdit à leurs enfants de parler patois » raconte Jean Roux « Il était aussi ministre des colonies dans lesquelles l'instituteur a obligé, de la même façon que chez nous, les enfants à abandonner leur langue propre pour adopter le français"
« La réforme administrative de 1970 qui a créé des régions sans tenir compte de la géographie ancienne et en particulier l’Auvergne administrative n’avait pas d’autre but. Et ne parlons pas de cette nouvelle région AuRA qui est un non-sens culturel » complète  Hervé Quesnel, auteur d’un dictionnaire du parler Vellave et rédacteur d’un dictionnaire du patois du Velay.T.C.

À découvrir

Contenus sponsorisés

Vos commentaires

Se connecter ou s'inscrire pour poster un commentaire