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Vorey

On peut rire jusqu’à la dernière minute

sam 26/05/2018 - 14:34 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:52

Ce samedi 26 mai 2018, au foyer rural à Yssingeaux, la compagnie de Théâtre Nosferatu, en résidence à Brives Charensac, a présenté une pièce engagée, mise en scène à partir des écrits de la résistante altiligérienne Germaine Tillon.

Le spectacle sera également présenté dans deux autres villes partenaires : à l’Embarcadère de Vorey ce samedi 2 juin à 20h30 et à la Maison pour Tous de Brives Charensac le 29 septembre, toujours à 20h30.

Une vingtaine de comédiens, professionnels et amateurs sont accompagnés de pas moins de trois écoles de musique locales : l’atelier des arts du Puy-en-Velay, l’école de musique de Vorey-sur-Arzon et celle de la communauté de communes du Pays des Sucs.

« Ce spectacle est la synthèse des deux dernières années de travail »
« Nous avons deux thématiques sur lesquelles nous avons travaillé : les combattantes et les coeurs-parlés-chantés », explique Claudine Van Beneden, comédienne et metteur en scène. Et d’ajouter : « Ce spectacle est la synthèse des deux dernières années de travail. C’est aussi une ligne artistique ».
La présence très majoritaire des femmes dans ce projet a également et logiquement influencé le choix des textes : «  C’est une continuité. Comme il n’y a (presque) que des femmes, on travaille souvent sur des paroles de femmes ».

Nosferatu en résidence : « une grande mixité sociale… et de parcours... »
« Dans le cadre d’une convention avec le Département et en partenariat avec l’espace femme du CIDFF (Centre d'information sur les droits des femmes et des familles de la Haute-Loire), on développe des actions avec le public ! », détaille Claudine Van Beneden.

S’il est vrai que seules des femmes se sont inscrites aux ateliers-théâtre proposés à Brives par la compagnie, elles viennent de milieux sociaux très différents. « Leur parcours personnel l’est aussi, ce qui donne des échanges riches, poursuite l'artiste, cet atelier mensuel permet d’avoir une activité d’expression artistique et de mélanger des personnes très différentes ».
Et ces différences, qui sont autant de façons d’interpréter et d’exprimer les émotions, Germaine Tillon les a sûrement expérimentées avec ses compagnes, enfermées dans ce camp de Ravensbrück de 1943 à 1945.

Rire dans un camp de concentration
Après Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillon est la deuxième femme à devenir Grand-croix de la Légion d’Honneur. Celle qui est née à Allègre, le 30 mai 1907 a été arrêtée pour ses actes de résistance. Elle sera emmenée en octobre 1943 au camps de Ravensbrück, au Nord de Berlin, où elle sera placée dans la catégorie des « Verfügbar », prisonniers non affectés à un kommando de travail mais utilisés pour les pires corvées (sa mère, résistante elle aussi, sera gazée dans ce même camp en 1945).

C’est là qu’elle crée ce manuscrit-témoignage, nouvel acte de résistance de sa part. Dans ce livre, elle parle avec humour des femmes qui l’entourent et de leur vie dans le camp. Ce livre, ainsi que diverses activités créatives mises en place en cachette avec ses camarades, sera un moyen pour toutes de préserver une part d’humanité là où on la leur interdisait : « J’ai écrit une opérette, une chose comique, parce que je pense que le rire, même dans les situations les plus tragiques, est un élément revivifiant. On peut rire jusqu’à la dernière minute. C’est le propre de l’Homme, disent les naturalistes. »

Dans cette œuvre très originale, éditée pour la première fois en 2002, elle imagine un conférencier naturaliste qui prend la forme d’un insecte inconnu et qui observe ces femmes, comme si c’était une « espèce ». « C’est comme si on avait mis l’espèce dans un bocal et qu’on les regardait vivre, explique Claudine Van Beneden, mais le groupe de femmes se rebelle contre le conférencier ».

La Compagnie Nosferatu a adapté son spectacle en version « plus légère » dans le but de le faire tourner en représentation tout public ou scolaire à la demande.

S.L.

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