Loup : il ne sera pas abattu

mer 22/10/2014 - 00:08 , Mise à jour le 27/11/2020 à 05:53

Prévue depuis le milieu de la semaine dernière, la réunion a rassemblé les différents acteurs du département mais aussi deux spécialistes Loup de Rhône-Alpes autour de la table pour plus de deux heures de débat. 

" On va attendre la prochaine attaque "
Le but de cette réunion était de faire un retour sur les événements de la semaine dernière et présenter le dispositif prévu par la loi (mesure d'informations, de protection, de défense et éventuellement de prélévement). Le Président de la FDSEA, Yannick Fialip, a décidé de quitter la réunion prématurément en affirmant : " Nous ne participerons plus au débat ". Il s'est justifié : " Ce n'est pas de la responsabilité du préfet mais le plan Loup n'est pas du tout adapté. La procédure est très longue. On va mettre en place les mesures d'effarouchement mais pour nous, ce n'est pas suffisant. On demande à ce qu'on mette en place l'abattage immédiatement ", avant de conclure : " Ce qu'on va faire ? On verra après la prochaine attaque ". Il dit avoir même appris qu'une attaque, qui a eu lieu à proximité de Saugues sur des veaux en mai dernier, pourrait être l'oeuvre d'un loup, même si rien ne prouve qu'il s'agisse en effet du prédateur.

Cette réunion a été organisée en premier lieu pour informer comme l'a expliqué le préfet, Denis Labbé : 
{{audio1}}

" Je ne pourrais pas prendre un arrêté illégal "
La population de loup en France est estimée à 300 individus avec une croissance de 20% par an. Le loup n'est plus classé en tant qu'espèce en voie de disparition mais il n'en reste pas moins un animal protégé. La France, ainsi que d'autres pays européens, est tenue de le protéger par la Convention de Berne (qui vise à conserver la vie sauvage et le milieu naturel). Le préfet, Denis Labbé, a illustré : " Même si je voulais, je ne pourrais pas prendre un arrêté illégal. C'est comme si, en Haute-Loire sur le réseau routier national, je décidais de changer la limitation de vitesse de 90 à 120 ou 130 km/h. Je ne peux pas ". Malgré les incidents de la veille, il qualifie quand même cette réunion de constructive :
{{audio2}}

Du changement dans l'air ?
Suite au discours de Manuel Valls ce vendredi 17 octobre 2014, le préfet analyse : " Il y a une évolution dans la manière dont la présence du loup est appréciée. Avant, tout le monde s'émerveillait de le voir. Aujourd'hui, il est présent dans tout l'Est du pays. Si la population augmente, il est possible que la position du gouvernement et du législateur évolue ".

Apprendre à reconnaître la bête
Un réseau d'observateurs va être mis en place. Ce sont des agriculteurs, des chasseurs ou même des gardes forestiers qui vont être formés par l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCSF) pour reconnaître le loup ainsi que les traces qu'il peut laisser puisque, comme l'explique le préfet, " il est très rare d'en observer un. Certains disent l'avoir aperçu mais si je vois une silhouette dans le noir, je peux dire que c'est un loup alors qu'il s'agira en fait d'un chien ". Ceci s'accompagne de la création d'un Comité Départemental qui se réunira régulièrement.

Profiter de l'hiver pour préparer le printemps
Pour bénéficier de ces systèmes, les éleveurs doivent donc faire des demandes. La procédure est ensuite rapide. A savoir que dans d'autres départements concernés par ce type de mesures, relativement peu de demandes ont été faites. Le préfet conseille tout de même : " La question du loup va surtout se poser au printemps. Là, avec le temps, les bêtes vont être de moins en moins en extérieur, c'est peut-être l'occasion de faire les démarches pour être protégé au printemps ".

L'effarouchement oui, l'abattage non
Les victimes d'attaques bénéficient déjà d'indémnités comprisent entre 100 et 500 euros par bête en fonction de l'espèce, du sexe, de l'âge... Mais la mesure phare présentée ce jour, c'est l'effarouchement. Soit grâce à des systèmes électroniques fonctionnant comme des alarmes avec un détecteur de présence, soit à l'aide de tirs non létaux. Une fois l'arrêté en vigueur, les agriculteurs autorisés et détenteurs d'un permis de chasse pourront tirer sur le loup mais avec des plombs qui ne peuvent pas le tuer. Attention, les zones concernées par cette mesure restent encore à déterminer. Ce stade est une étape obligatoire avant de pouvoir autoriser les tirs de défense (en cas d'attaque) ou les tirs de prélévement (sous forme de battues).

E.J.

À découvrir

Contenus sponsorisés

Vos commentaires

Se connecter ou s'inscrire pour poster un commentaire